LA VIE DE MES ANCETRES DE 1400 à 1900

2 janvier 2008

C’est la découverte , il y a un demi-siecle , dans le grenier de la ferme familiale , de deux malles emplies de documents de toute sorte et de toute nature qui me permet de relater aujourd’hui non seulement la vie de mes aieux plusieurs siècles durant , mais également divers aspects de ce coin reculée du Rouergue ou je vécus durant toute mon enfance et ou je reviens 40 ans plus tard après un exil forcé , certes , mais qui eut entre autres avantages d’ouvrir mon esprit sur le monde , d’éguiser ma curiosité de sorte que lorsque je revins “au pays”mon désir de mieux le connaitre m’incita fortement à tenter d’en reconstituer l’ histoire et c’est ainsi que cette envie de savoir au départ assez diffuse devint une véritable passion et que dès lors je me mis à fréquenter assiduement archives , bibliothèques , sociétés “savantes” et à solliciter autour de moi , malheureusement un peu tard , toute personne suceptible de me renseigner sur un lointain passé . Par ailleurs mon gout inné pour l’Histoire m’amena très tot à m’interesser à des disciplines telles que l’archéologie , la spéléologie …ainsi qu’à la tradition orale qui , durant des siècles , fut le seul vecteur de la connaissance du passé . De ce dernier point j’avais eu l’occasion de prendre conscience lors de fréquents séjours pour des raisons professionnelles dans des pays et au contact de civilisations ou l’oralité tient encore une place importante dans la transmission du savoir , des coutumes ancestrales , de la vie sociale mais également de tous ces récits réels ou imaginaires , souvent à la limite du fantastique, mais qui dans tous les cas, participent de la vie avant la vie, permettant par la mème de remonter à de lointaines origines

J’ai par ailleurs été surpris de constater que de nombreux documents semblaient ètre de facture plutot administrative , eten les examinant de plus près , je constatais :

1- que de nombreux documents sont estampillés de la généralité de Montauban , ce dont je comprendrai plus tard le bien-fondé

2-qu’il y a de nombreux documents qui n’ont aucun rapport avec la famille , là encore, en les examinant de plus près , je constate, non sans surprise , qu’il sagit de documents officiels émanant de la commune et je ne comprends pas immédiatement le pourquoi de la présence de telles pièces en ces lieux privés

Ce n’est que quelques temps après que le lien de cause à effet m’effleure l’esprit , mais comme une possibilité éventuelle dont je n’ai alors pas le moindre début de preuve

Je savais que depuis plusieurs générations ma famille maternelle jouissait d’une certaine notoriété due vraisemblablement à l’importance des biens qu’ils possédaient et qui en faisait en quelque sorte des “notables ” locaux dont l’avis était souvent sinon pris en considération , du moins sollicité , le cas échéant lorsqu’il s’agissait de prendre des décisions importantes pour la communauté . D’autre part , comme dans les familles qui avaient les moyens d’en assurer la charge , les enfants qui montraient quelques dispositions pour les études étaient dirigés vers des institutions le plus souvent religieuses pour tenter de suivre une formation qui leur ouvrirait d’autres horizons . De toute façon il était hors de question qu’une progéniture importante puisse vivre sur les seuls revenus d’un domaine , aussi important fut-il…!

Je m’interrogeais alors sur les circonstances qui pouvaient ètre à l’origine de la présence de ces documents dans un lieu ou logiquement ils n’auraient pas du se trouver ; je voyais bien une explication plausible , mais encore fallait-il en administrer la preuve !

Mes grands-parents , arrière grands-parents et peut-ètre certains membres de générations antérieures semblaiet avoir jouer un role dans l’administration de la commune ; encore fallait-il s’en assurer ! je pris donc rendez-vous avec le premier magistrat et ensemble nous consultames les registres de la mairie et nous découvrimes en effet que certains de mes ancètres avaient à differentes époques contribuer à la gestion de la municipalité

Je tenais enfin l’explication à la présence de ces documents en un lieu inhabituel pour des pieces officielles :

A différentes époques et notamment au moment de la révolution ou de nombreuses archives furent disséminées , détruites, brulées ou simplement déplacées pour échapper au saccage , certains élus prirent la précaution de les mettre à l’abri et c’est ainsi que depuis plus de deux siècles une partie des archives de la commune avait échappé au désastre .

Il serait trop long de rendre compte ici de plusieurs centaines de délibérations , arrétés ….qui bien évidemment ont été, depuis lors, portés à la connaissance des autorités compétentes et pour certains réintégrés aux archives de la commune , ceci étant , nous avons là une mine de renseignements qui ne demandent qu’à restituer le passé ,mais qui représente un travail de longue haleine , la plupart des pièces étant rédigées en vieux français .

Par ailleurs , outre les lettres et autres documents se trouvaient dans ces malles un certain nombre de pièces précieuses et rares tel ce premier commentaire du code civil édité en1805 après qu’il eut été corrigé par BONAPARTE , CAMBACERES et LEBRUN

Je ne m’étendrai pas davantage pour l’instant sur ce dossier si ce n’est pour dire que l’ensemble de ces archives a échappé de peu à un bien funeste destin et que j’espère qu’après moi mes descendants s’y interesseront et auront à coeur de les réhabiliter .

Je voudrais toutefois remercier chaleureusement la Société d’ Etudes Millavoises ainsi que la Société des Lettres , Sciences et Arts de l’Aveyron qui m’ont admis parmi leurs membres actifs et sans les quelles je serai fort dépourvu pour réaliser ces recherches et tenter de les mener à bien .

J’ai pu également avoir accès à de nombreuses Bibliothèques ou sont conservés bien des fonds relatifs à differentes périodes de l’Histoire du Rouergue et du Gévaudan aux quels je consacre l’essentiel de mes recherches :

-Bibliothèque Nationale

-Bibliothèque Mazarine

-Bibliothèque de l’Arsenal

-Bibliothèque Sainte Geneviève

-Bibliothèque de la Sorbonne

pour ne citer que celles que j’ai fréquentées assiduement

Sans parler des Archives Départementales de Millau , Rodez , Mende , Montauban , Montpellier , Toulouse …….

Je voudrais à ce suget et à ce point de mon exposé dire que s’il est compréhensible , notamment pour des raisons de conservation , que ces fonds soient centralisés , il n’en demeure pas moins pour autant regrettable qu’ils soient d’un accès difficile pour les premiers interessés et que de très nombreux documents seraient valorisés par une meilleure connaissance et donc une plus grande proximité. Souhaitons que celles-ci soient rendues possible à l’heure de la numérisation et de la consultation à distance par internet .

Je ne cite donc pas mes sources au fur et à mesure de mon travail , mais il est clair que mis à part les documents personnels que j’ai eu , un jour , la chance de pouvoir rassembler , tout le reste de la documentation n’est que le résultat de mes recherches , et donc , de la compilation des travaux qui ont été très souvent traités par d’autres et aux quels je m’efforce d’apporter une touche personnelle chaque fois qu’il est possible ; mais que le lecteur éventuel ne s’y trompe pas: je ne revendique nullement la paternité de la totalité de ces travaux qui n’ont le mérite d’exister que parce que très souvent d’autres les ont écrits avat moi . Mon but n’est d’ailleurs pas de les publier , encore moins d’en tirer un profit mercantile quelconque , mais bien de rassembler des données sur notre passé commun afin de les porter à la connaissance du plus grand nombre de ceux que celà interesse .D’autre part il n’est pas inutile de préciser que toute cette documentation , en général très ancienne , d’une part appartient à notre patrimoine commun , et d’autre part est tombé depuis bien longtemps dans le domaine public . Il ne faut en conséquence n’y voir aucune atteinte à la propriété privée , mème si, ici ou là , certains peuvent ètre tentée de reconnaitre certains de leus écrits : une telle coincidence ne pourrait ètre que fortuite , indépendante de ma volonté et , dans tous les cas , totalement désinterressée .

Enfin et avant tout , c’est en pensant d’abord à mes enfants et à mes petits-enfants , en espérant qu’ils y trouveront quelque intérèt , que je réalise ce travail .

-L’AGRICULTURE :

La région est essentiellement agricole et par conséquent soumise au régime des biens immobiliers qui était pour la période considérée -XVe XVIIe siècles - le statut général de la TENURE ou PAGESIE

Si les hommes étaient libres ( ce qui n’était pas toujours le cas dans toutes les régions de France) tousles biens immobiliers étaient réputés relever du seigneur . Les exploitants les “tenaient” de celui-ci , à qui ils faisaient “reconnaissance” . Ils lui devaient un “cens” souvent symbolique et , en général , une part de récolte .

Dans le cours des temps , les seigneurs ont pu donner à bail l’ensemble des droits dont ils disposaient . Les paysans ont eu , alors , affaire avec des fermiers , souvent plus âpres au gain que les seigneurs , du fait de la précarité de leur situation et des charges auxquelles ils étaient assujettis

L’exploitant devait donner à l’ Eglise la onzième part de ses productions .

L’ELEVAGE :

C’était un élément essentiel pour la vie des exploitations quelle que soit leur importance . Le prix payé pour les peaux (par contrats conclus avec les mégissiers) s’appelait le CARNELAGE

Les autres produits issus de l’élevage étaient la viande pour les bêtes de boucherie , le lait , le fromage , la laine , le fumier

L’ARGENT , LE CREDIT :

La plupart des communautés étaient à peu près autosuffisantes , néammoins il leur fallait du numéraire qui était nécessaire , ne serait-ce que pour payer la TAILLE , cet impôt s’acquittant en espèces
Mais l’argent était rare . Nombreux étaient les emprunts
Le prêt à intérêt était officiellement interdit par l’Eglise , mais il existait de nombreux moyens de tourner cet interdit…Dans certains cas , le taux de l’intérêt était connu : au denier vingt : cequi faisait 5% , au denier seize , soit 6,25% , mais suivant l’urgence du besoin , les taux usuraires étaient pratiqués et acceptés
LA POPULATION , LES FAMILLES :
La population des diverses seigneuris nous est connue précisément grace aux convocations aux quelles procédaient les seigneurs auprès des chefs de famille pour recevoir leur reconnaissance
Certains actes familiaux , testaments entre autres , nous donnent la composition de ces foyers
Nous pouvons constater notamment , la présence très frèquente de quatre descendants parvenus à l’âge adulte , en moyenne , et très souvent de six de ces enfants .
Après la période noire : la Guerre de Cent ans , la région va se repeupler et il est fréquent alors de trouver des localités , au XVIIe siecle , regroupant plus de cinquante familles et trois cents habitants
L’HABITAT , LE MOBILIER , LE VETEMENT .
Les inventaires après décès , les contrats de mariage , etc , nous fournissent des informations très précises sur la vie et le quotidien des populations ; les biens et autres objets de la vie courante y sont décrits avec une précision étonnante quant à leurs caractéristiques diverses et variées .
LA RELIGION , L’ EGLISE
Les populations des plateaux sont souvent peu instruites et semblent avoir été très peu concernées par la prédication de la Réforme , pouvant aller jusqu’à la vérification de l’orthodoxie attestée par acte notarié
Le clergé catholique était nombreux ,bien que dans des situations très diverses . Sa formation était aussi fort inégale au moins jusqu’à la création des séminaires , à la fin du XVIIe siècle .
UNE RELATIVE PROSPERITE :
L’accroissement de la population et l’amélioration de l’habitat semble traduire une amélioration du niveau de vie durant cette période
Il est possible que l’isolement des campagnes hors des voies de communication les plus fréquentées ait protégé les populations rurales des grands fléaux qui ravageaient alors le pays , qu’il s’agisse des exactions perpétrés par les bandes de ROUTIERS , à la suite de la guerre de Cent ans , des combats issus des guerres de religion ou encore d’épidémies , telle la peste , qui sévissaient alors et pouvaient décimer des pans entiers de la population des lieux ou la concentration et la fréquentation de passage étaient des facteurs aggravants
J’ai néammoins retrouvé de nombreux testaments de personnes qui , se sentant atteinte du mal , étaient désireuses de dicter leurs dernières volontés , parfois même dans des situations qui pourraient paraître cocasses si elles n’avaient été dramatiques . De nombreux cas sont cités de personnes qui , se sachant touchées par le mal , faisaient appeler un notaire , le quel prenait bien soin de se tenir à distance suffisante pour ne pas risquer la contamination , par exemple sur la voie publique alors même que la personne atteinte était consignée chez elle , et de sa fenêtre , ou par tiers interposé , faisait connaître ses ultimes dispositions . Plusieurs documents attestent de la présence d’une bodomie sise au moulin de la Galinière au village de BOYNE
Mostuèjouls ou encore Liaucous semblent avoir été particulièrement frappés par le mal mais il est vraisemblable que toute la région ait été infestée à des degrés divers
Nous savons que l’une des épidémies de peste fut apporté par les armées du Duc de Joyeuse et que le mal se répandit rapidement d’une contrée à l’autre malgré les précautions prises pour éviter la propagation de l’épidémie
Nous savons par exemple qu’il était stictement interdit de franchir les limites séparant le Rouergue du Gévaudan , la limite étant la vallée de la Jonte qui sépare le Causse Noir du Causse Méjean . Un cordon sanitaire avait d’ailleurs été mis en place et nous savons également qu’un habitant du Causse Noir ayant tenté d’enfreindre l’interdiction le paya de sa vie
Les archives de l’époque montrent à quel point les dis positions prises étaint draconiennes . Ainsi il était interdit de franchir le pont qui enjambe la Jonte entre Le Rozier et Peyreleau et qui était d’ailleurs neutralisé par une barriere
Un document nous apprend qu’une habitante de Pailhas devant s’acquitter auprès du notaire dont l’étude se trouvait à Peyreleau d’une somme en numéraire se présenta du coté du Rozier devant la barrière qui séparait les deux localités et déposa son dû dans un récipient placé de l’autre coté et empli de vinaigre qui , on l’aura compris était censé désinfecter les pièces suceptibles d’ètre contaminés , et ce avant que le notaire n’en prenne possession .
Quant aux ROUTIERS, ils représentaient un véritable danger pour les populations notamment du Causse Noir ou ils se déplaçaient en bandes . Affamés , sans travail et par conséquent sans aucune ressource , ils n’hésitaient pas à se rendre dans les fermes , au mieux pour quémander quelque nourriture , mais il n’était pas rare que certains moins bien intentionnés n’hésitent pas sous la contrainte à s’en prendre aux biens et aux personnes Aussi les objets de quelque valeur et l’or en priorité étaient-ils soigneusement cachés . Une miche de pain était un moindre mal et nombreux étaient ceex qui s’en accomodaient . Toutefois il y avait parmi ces bandes de miséreux des individus aux moindres scrupules qui se livrèrent parfois à des exactions dont la seule motivation n’était pas la faim qui les tenaillait . Nous aurons l’occasion d’évoquer la fameuse bande des Brigands du Bourg qui se distinguèrent dans toute la région par leurs nombreux méfaits
De grandes compagnies , parfois appelées Ecorcheurs n’hésitaient pas à ruiner des campagnes , même après que le pouvoir royal dès 1430 ait tenté de rétablir l’ordre .
La GERRE DE CENT ANS avec les Anglais , s’éternisait ; même si les envahisseurs n’étaient plus dans nos régions , au grand soulagement des populations , il n’en restait pas moins pour autant de redoutables bandes de soldats pillards , essentiellement d’ailleurs des français qui n’avaient pas hésiter à se mettre aux ordres des envahisseurs et à combattre à leurs côtés , seul moyen de subsistance à leurs yeux , de sorte que lorsque les anglais quitterent le territoire , ily restait bien des bandes de soldats qui se transformèrent en pillards .Telle la bande de Rodrigue de Villandro qui , en Juin 1431 , écumait le Larzac , et à qui les villes qui redoutaient ses méfaits lui donnaient argent et vivres pour ne pas être inquiétées
Disons pour clore provisoirement ce chapitre des années sombres sur ces terres ingrates et difficiles , que les habitants ne connurent ,nous l’avons dit , une relative prospérité qu’au prix de leur acharnement au travail et de leur esprit d’économie .
LE POUVOIR ROYAL :
Par suite de la situation générale , la monnaie perdait chaque jour de sa valeur , c’était la faillite monétaire .
Le marc d’argent passit ainsi d’une valeur de 9 livres au début du siècle à 90 livres en 1422 , pour atteindre 216 livres en 1439
Les Etats provinciaux à qui le roi demandaient des subsides rechignaient à accorder de l’argent au pouvoir central , d’ou les soucis financiers croissants du souverain
On n’était guère mieux pourvu dans d’autres domaines :
La famine sévit en1432 . Ala même époque de nombreux pillages de troupeaux entrainent une forte augmentation du prix de la viande .
Ce n’est que les dernières conséquences de la guerre de cent ans se seront éloignées que le cheptel pourra ètre reconstitué
La peste va frapper les villes d’autant plus durement que la misère est générale et que les produits alimentaires sont trèe rares
Après 1437 et le traité d’Arras scellant la réconciliation entre le duc de Bourgogne , principal allié des Anglais , et le roi CharlesVII , la situation va quelque peu s’améliorer .Le roi , rentré à Paris en 1437 , aura le souci d’affermir son pouvoir
Dès cette année là il crée la Cour des Aides du Languedoc dont la compétence s’étendra également au Quercy et au Rouergue . En 1467 le roi Louis XI en fixera le siège à Montpellier . Plus tard sera créée la Cour des Aides de Montauban dont relèveront alors le Quercy et le Rouergue
En 1436 le roi tentera de revenir à une monnaie stable , mais l’icertitude des temps ajoutée à la pesanteur des habitudes fera que l ‘or gardera la préférence par rapport à l’argent dans l ‘ esptrit des gens qui ont du mal à se départir d’une certaine défiance
L’ordonnance d ‘Orkéans de 1439 instituera l’armée permanente et , par voie de conséquence, la créationn d’un nouvel impot la taille destiné à financer les armées
Mais il ne suffit pas de décider d’un nouvel impôt , encore faut-il pour qu’il fasse renter dans les caisses de l’état suffisamment d ‘ argent pour financer le projet qui lui a été assigné qu’il dispose d ‘une assiette correcte
Pour ce faire et par lettr du 4 janvier 1447 , le roi Charles VII va charger l’évêque de Carcassonne d’une mission délicate et de confiance :
Rescencer , voir et visiter tous les feux du PAYS DE ROUERGUE , s’informer du nombre des habitants ainsi que de s capacités contributives de chacun
La région était en effet jusqu’alors placéesous le régime de la taille réelle , c’est à dire perçue sur les biens alors que dans d’autres régions l’assiette était établie selon le régime de la taille personnelle c’est à dire levée sur les personnes
Charles VII se préoccupa , également , de remettre en vigueur les droits administratifs que les périodes de troubles et de guerres avaient désorganisé . A cet effet il députa des commissaires pour recevoir hommage et reconnaissance de la part des seigneurs de tout ce qu’ils détenaient du roi à fief franc , noble et honoré dans leur mandement
Dans le même temps le roi va s’éfforcer de restaurer son autorité vis à vis des seigneurs féodaux récalcitrants .
En 1444 il va entrer en lutte avec Jean IV , comte d ‘Armagnac , pour le déposséder des droits régaliens dont ce dernier continue à user , malgré la défense qui lui en a été faite . Charles d’Armagnac ,vicomte de Creyssels , se révoltera contre Louis XI , de même que son frère Jean V comte de Rodez . Charles s’emparera alors du château de Saint-Véran appartenant à Jean de Montcalm . Mais , en 1469 , il sera fait prisonnier et embastille
Au prix de bien des combats , de quelques exécutions capitales le roi pourra enfin , aux Etats Généraux de Tours , en 1484 , considérer que son autorité est restaurée , même si des véellités d’insoumission se feront encore jour
Rappelons enfin en quoi consistait la régale ; il s’agissaitd’un droit que s’attribuait le roi de prendre du TEMPOREL des évêchés pendant la vacance du siège et de procéder lui-même aux nominations , et ce aux bénéfices et cures qui en dépendaient . Les rois de France prétendaient disposer de ce droit depuie le règne de Philippe Auguste .
Le roi Charles VII se soucia , également , de limiter l’intervention de la papauté dans les nominations d’évêques et d’abbés en France . Dans ce but il institua , en 1438 , la pragmatique sanction de Bourges
Outre le droit que le souverain voulait avoir sur les nominations des évêques et des abbés , il instituait les annates qui désignait le versement effectué au Saint- Siège , par celui qui venait d’être pourvu d’un bénéfice ecclésiastique , d’une année de ce bénéfice
C ‘était s’immiscer dans la trésorerie de la papauté alors qu’elle venait déjà d’ètre limitée dans ses prérogatives .
Or, les besoins d’argent de la Curie romaine allaient croissants , d’ou une lutte por faire revenir le roi sur sa décision .
Finalement ce sera Louis XI qui , constatant que les nobles et les ecclésiastiques français avaient été confortés dans leurs bénéfices , alors même qu’ il tendait , au contraire , à réduire les prérogatives féodales , annulera cette pragmatique sanction .
Si , ainsi , le roi s’efforçait d’établir un pouvoir centreal fort et pourvu de finances saines , il faut dire que le calme ne régnait pas encore de façon définitive dans les campagnes. Celles-ci voyaient trop souvent de grandes compagnies les ruiner .
Après la guerre étangère , puis les pillards , les paysans eurent à souffrir des opérations engagées par le roi contre ses vassaux rebelles . Certains villages demandèrent , et obtinrent , l’autorisation de bâtir de nouvelles fortifications au XVesiècle pour assurer la protection des populations et des biens
On peut considérer que ce n’est qu’au milieu du XVe siècle que le calme revint de façon durable , et ce jusques aux guerres de religion .
Dès lors , on peut considérer que la population se remet à croitre vers 1450 , année ou elle atteint son plus bas niveau et que dès lors la prospérité ira, croissant
Cette reprise de l’activité , après la désertion de certains manses , due à la guerre , aus épidémies de peste , ne pouvait se faire que sur des bases nouvelles .
La réserve qui était la partie du domaine que le seigneur exploitait directement diminua , les redevances durent être modérées .
La taille :
Cet impôt constituait l’essentiel des ressouces du budget royal . A la mort de Louis XI , en 1483 , celui-ci était de
100.000 livres par le produit du domaine royal ,
655.000 livres par les aides et la gabelle ,
3.900.ooo livres par la taille,
Il était perçu , obligatoirement , en argent et non pas en nature comme le cens ou la dîme ,
Le paiement de l’impôt contrignait donc le villageois à effectuer quelques ventes pour se procure ce numéraire ou, s’il n’avait rien à vendre , à louer ses bras pour quelques journées afin de toucher un salaire .
Le Rouergue était compris dans la généralité de Guyenne , elle même composée de quatr provinces :
l’ Agenais - le Périgord - le Quercy - le Rouergue
En 1542 le siège de la Généralité était fixé à Agen ;il fut transféré à Montauban ou il se trouvait encore à la fin du XVIIe
Le Rouergue était divisé en trois “élections” :
-le Bas-Rouergue , autour de Villefranche
-le Comté de Rodez
-le Haut-Rouergue , autour de Millau
La sénéchaussée de Rouergue avait été fixé , en 1369 , par Charles V , à Villefranche qui était et qui resta la capitale judiciaire de la province
L élection était une circonscription administrative qui , entre autres fonctions , répartissait entre les paroisses le montant à percevoir pour le pouvoir central ,  mais les membres de cette  élection n’étaient pas des “  élus ” mais bien des fonctionnaires royaux qui avaient acheté leur charge et dont on pouvait à tout le moins douter de l’impartialité  qu’ils mettaient à accomplir une mision qu’ils avaient sollicitée
 
L’ IMPOT  PERCU AU PROFIT DU POUVOIR ROAL :
 
Il s’agissait essentiellement de la  TAILLE  destinée  à l’entretien de l’armée royale , et qui avait été créée en  1439 .
Elle était basée sur le “compoix” , registre cadastral qui permettait d’ établir pour chaque ” taillable” la part qui lui incombait du montant  dévolu à chaque paroisse
 
Mais , auparavant , la Généralité de Guyenne procédait à une répartition de l’impôt entre ses quatre provinces A l’origine les quatre parts étaient réparties équitablement , mais très vite des réclamations s’élevèrent et dès 1532 le ROUERGUE prétendit supporter une trop lourde part
Le 27 Novembre 1549 un syndic fut chargé e défendre ses intérêts face aux trois autres provinces de la Généralité . Des investigations furent alors menées dans chaque province , s’appuyant sur des témoignages de personnes autorisées telles que des marchands , des artisans  , des professionnels itinérants … 

VIE QUOTIDIENNE DES CAUSSENARDS XVe XVIIIe SIECLES

13 décembre 2007

“L’enquète sur les commodités du Rouergue en 1552 “par J. Bousquet et “le Journal des Voyages en Haute-Guienne” de J.F.Henry de Richeprey ainsi que les minutes de notaires et de nombreux documents d’archives tant familiaux que communaux , dont certains du XVIe siècle , m’ont permis tout au long de minutieuses et passionnantes recherches corroborées par les archives départementales et nationales de retrouver certains aspects de la vie autrefois que les us et coutumes des anciennes provinces du Rouergue et du Gévaudan

En Droit coutumier :ensemble de règles juridiques établies par l’usage , la traditon et aynt force de loi (l’ancienne France était divisée en ” pays coutumiers” , au Nord , et en “pays de droit écrit ou romain” , au Sud

Rédigées au XVe siecle , les anciennes coutumes édictées étaient à l’origine un ensemble de dispositions sociales

LE SYSTEME FEODAL : LES INSTITUTIONS ET LES REDEVANCES

-LA SEIGNEURIE : Conditions de la propriété : la tenure .

Le seigneur était considéré comme étant propriétaire de tout immeuble , bati ou non bati ,existant dans la limite de sa juridiction , Ceux qui habitaient ses immeubles ou qui cultivaient ses terres étaient ” tenancires perpétuels ” à la condition toutefois qu’ils s’acquittent des redevances fixées par les reconnaissanses attachées à chaque bien .Le tenancier pouvait louer , vendre , apporter en dot lesdits biens , y compris sans l’assentiment du seigneur propriétaire , mais à la condition toutefois de préciser expressement au nouveau “tenancier” les obligations qu’il aurait à respecter vis à vis du seigneur

Tel était le pricipe intangible de la “tenure” appelée également “pagésie”

REDEVANCES DUES AU SEIGNEUR :

-Le cens (ou censive) : cette redevance annuelle due par le tenancier pour les biens qu’il tenait directement du seigneur était la marque imprescriptible et insaisissable de la terre roturière

Elle consistait généralement en livraison de produits : grains , volailles ….des biens en tenure et , plus rarement en numéraires

Cette charge n’était généralement pas très lourde ; souvent mème symbolique : un quart de poulet par an ou deux truites d’un pan de long (la tète et la queue non comprise , était-il précisé )

Exceptionnellement , s’agissant de produits qui n’étaient pas cultivés ou récoltés localement , l’usage admettait que leur provenance soit extérieure aux terres exploitées au titre de la tenure , par exemple les épices .

-Les quatre cas : les preneurs ou tenanciers pouvaient dans certains cas ètre tenus à ce qu’il était convenu d’appeler ” les quatre cas ” et devaient alors payer double censive annuelle :

Ceci se produisait lors de circonstances suivantes :

-lors de la capture du seigneur par l’ennemi qui exigeait une rançon pour la remise en liberté ,

-lorsqu’il effectuait le voyage en TerreSainte

-lors de sa promotiion à la chevalerie

-lorsqu’il mariait l’une de ses filles

Mais si deux de ces cas se produisaient dans le cours d’une mème année , ce doublement de censive ne pouvait ètre exigé qu’une seule fois

Dans certaines seigneuries , aux quatre cas précédents pouvaient en ètre ajoutés deux autres :

-la convocation du seigneur à l’arrière-ban , pour le service du roi ,

-l’achat par le seigneur de terres pour un montant évalué à plus de trois cents livres

LE CHAMPART :

-Il s’agissait de la part de récolte prélevée par le seigneur sur certaines terres , généralement un cinquième ou QUINT , on parlait alors de terre quintive en vieux français

Parfois elle n’était que du sixième , mais elle pouvait atteindre du quart et représentait donc une charge très lourde , mais son application n’était ni constante , ni générale mais soumise au bon vouloir du seigneur qui , le cas échéant , pouvait la supprimer et la remplacer par une prestation fixe

Si , au cours des siècles , nombre d’archives ont été détruites , c’est souvent en mileu rural que l’on peut encore de nos jours des documents fort interessants et qui par ce qu’ils avaient été “mis à l’abri” ont échappé aux déprédations de toute sorte et ont pu ainsi parvenir jusqu’à nous

Le souvenir de vieilles malles abandonnées dans des greniers de la ferme familiale ou nous avions l’habitude de jouer , étant enfants , est toujours resté très présent à ma mémoire , et lorsque bien des années plus tard la curiosité m ‘incita à voir de plus près ce dont il s’agissait , je compris dans l’instant que les documents entassés là , sans ordre apparent et pour certains d’une grande vétusté étaient tout, sauf anodin

Je m’enquis alors auprés de mon oncle des raisons de la présence en ces lieux de toute cette “littérature” et je compris alors le funeste destin qui lui était réservé à plus ou moins brève échéance , ce qui m’apparut alors d’une coupable incongruité , venant de mon oncle que je vénérais et dont je savais qu’il était un esprit fin et averti

Il ne fit aucune difficulté pour me léguer à la fois les malles et leur contenu , étant vaguement entendu ,mais de manière très informelle , que je les rendrais à leur sommeil séculaire , après avoir consulté quelques documents

Il régnait , pour moi , autour de ces “vieilleries” un indéfinissable parfum de mystère que l’odeur de moisissure ne faisait qu’accentuer ; par ailleurs je compris que l’occasion ne se représenterait pas de “sauver ” des flammes ce qui m’apparaissait déjà ètre un fabuleux butin

C’est ainsi que je me trouvais en possession de plusieurs milliers de lettres , parchemins , livres de compte , livres officiels pour certains extrèmement rares tel cet exemplaire du Code civil imprimé en 1805 , après que le texte en eut été discuté en Conseil d’Etat par BONAPARTE , CAMBACERES et LEBRUN respectivement pemier , second et troisième consuls

Par ailleurs , les découpages administratifs ayant beaucoup varié au cours de l’Histoire de notre Pays , les documents ne sont pas tous conservés en un seul et mème lieu ; de plus à l’époque ou la centralisation était la règle , les Archives Nationales ainsi que de Grandes Bibliothèques sont riches en documentation sur notre Région ;enfin un certain nombre de chercheurs , notamment dans le domaine de l’archéologie et de la préhistoire , ont fait don de leurs collections à certains musées ou l’on ne peut d’ailleurs que regretter qu’elles ne soient pas traitées avec les égards dues à leur importance scientifique

Ceci pour dire que reconstituer l’histoire de notre Région n’est pas une mince affaire et peut malheureusement comporter bien des lacunes .

QUELLES SONT LES COMMUNAUTES ETUDIEES ?

Essentiellement les seigneuries de Peyrelade , Peyreleau , Caylus , Capluc , , toutes quatre présentant des caractéristiques communes avec des terres à la fois sur les Causses et dans les vallées

L ‘ AGRICULTURE :

La région est essentiellement agricole . Le statut général régissant les biens immobiliers étaient celui de la” tenure ” ou “pagésie “

Si les hommes étaient libres ( ce qui n’était pas toujours le cas) tous les biens étaient réputés relever du seigneur . Les exploitants les ” tenaient ” de celui-ci , à qui ils faisaient ” reconnaissance ” . Ils lui devaient un ” cens ” souvent symbolique et , en général , une part de récolte

Dans le cours des temps , les seigneurs donnaient à bail l’ ensemble des droits dont ils disposaient .Les paysans avaient alors souvent , affaire avec des fermiers plus apres au gain que les seigneurs .
L’exploitant devait donner à l’Eglise la onzième part de ses productions . Les contrats de cette espèce nous renseignent d’une façon précise sur la nature et l’importance de la récolte pour une année donnée .

L ‘ ELEVAGE :

C’était un élément essentiel pour la vie des exploitations et qui constituait une source de revenus indispensable à l’économie

L’importance du troupeau était l’un des éléments importants de la propriété et donnaient une certaine valeur aux terres dites incultes qui ne pouvaient ètre utilisées que comme parcours à moutons , sur les plateaux et sur de grandes étendues qui ne pouvaient ètre mises en valeur autrement ;l ‘absence de machinisme ne permettait pas de valoriser de grandes étendues par la culture qui était réservée à des dépressions naturelles appelées schots ou dolines qui ,seules, comportaient un minimum de terres arables

Le “carnelage” prix payé pour les peaux aux mégissiers permet de se faire une idée du cheptel . Les contrats conclus alors nous renseignent également sur le produit des bètes de boucherie ainsi que du fromage aujourd’hui connu sous l ‘ A.O.C ROQUEFORT bien qu’à l’origine il fut fabriqué , traité dans d’autres caves qui réunissaient des conditions de maturation sinon analogues du moins très proches . PLINE ne faisait-il pas en son temps l’éloge d’un fromage fameux et très apprécié bien qu’il ne porta pas cette mème appellation !?

A certaines périodes , ou la population avait été clairsemée par la guerre ou les épidémies , les seigneurs manquant de main d’oeuvre étaient obligés de renoncer à l’exploitation directe de leurs terres ; ils tentaient alors d’y intérésser les paysans en leur consentant des baux avantageux , souvent mème en “franchise” , c’est à dire sans redevances ; le but recherché étant de faire fructifier leur bien et de maintenir les terres en bon état de productivité et de les enrichir grace à la fumure des troupeaux qui constituait un excellent engrais naturel qui facilitait ensuite la mise en culture et donc la valorisation des sols

Droits de lods : Imposition exceptionnelle due au seigneur lorsque le bien “tenu” changeait de main , et ce quelle qu’en soit la raison :vente , décès , dot …le taux était de 8 à10 pour cent de la valeur du bien

Autres droits : Le seigneur percevait également :

- des redevances pour l’utilisation du moulin ou la population était tenue de faire moudre son grain , sous peine d’ètre soumise à une amende

- des redevances pour l’utilisation du four banal , seul autorisé , sauf pour des particuliers qui habitaient dans les “écarts” , auquel cas ils étaient à avoir leur propre four pour lequel ils payaient aussi une redevance

-des redevances pour avoir l’autorisation de couper du bois et de faire du charbon de bois

En outre le seigneur percevait :

-des droits de péage pour l’utilisation de certaines routes et ponts et antérieurement à la constructiion des ponts , des bacs qui permettaient de franchir les rivières à des endroits stratégiques . Ainsi nous savons par des actes conservés aux archives ou par exemple au Cartulaire d’Aniane que lors de la fondation du ROZIER qui s’appelait encore ENTRAYGUES en 1075 , ce sont les moines bénédictins qui étaient chargés du bon fonctionnement du BAC établi au lieu dit”La Barque” et qui permettait de faire la jonction entre la rive gauche et la rive droite du TARN sur le passage d’une très ancienne voie qui reliait le Causse Noir au Causse de Sauveterre et donc le Languedoc à l’Aubrac , régions entre lesquelles les échanges étaient très fréquents . Des traces datant de l’occupation romaine sont encore visibles , rive gauche dans le ravin de la “ROUVIERE” et rive droite à Combaurie , Liaucous et Mostuèjouls .

Or des textes nous indiquent que les d’Albignac alors seigneurs à Peyreleau estimant que les moines mettaient une certaine négligeance à s’acquitter de cette tache et s’octroyèrent une contre-partie , en l’occurence un domaine qui appartenait alors aux moines et sur lequel ils constuisirent le chateau de”TRIADOU”

-Les droits de leude faisaient également partie des prérogatives du seigneur qui percevait une “taxe”sur les marchandises vendues en foires et marchés . Or nous savons que PEYRELEAU a connu jusqu’à quatre foires dans l’année , et ce dès le Moyen-Age , donc , mème si nous n’en trouvons pas trace dans les documents que nous avons pu consulter , il est fort probable que les seigneurs à Peyreleau avaient là une source supplémentaire de revenus

De mème SIMON d’Albignac , tout seigneur qu’il était , savait manoeuvrer habilement , tant en affaires qu’en négociations . Les démèlés qui l’opposérent à d’autres seigneurs de la région qu’il s’agisse des .. de Capluc , de Mostuèjouls, de Granger de Montméjean dont les domaines étaient limitrophes , attestent de fréquentes querelles de voisinage et de non moins fréquents conflits d’intérèts

En pratique la perception de toutes les redevances était assurée par un” fermier” à qui le seigneur les arrentait pour des périodes variables de 2 à 7 ans

LES CORVEES :

C’était un suget de mécontentement pour tous les paysans qui étaient tenus de rendre certains services au seigneur sans pouvoir pour autant prétendre à rémunération ou contre-partie Il semble toutefois que les corvées aient pu ètre remplacées par une redevance lorsqu’elles ne consistaient pas en travaux dont la durée était variable en fonction des moyens que le paysan pouvait mettre à disposition : par exemple un attelage équivalait à deux journées de corvée …

LES OBLIGATIONS MILITAIRES :

Nous n’avons que peu d’indications sur la nature du service militaire au quel étaient astreints les paysans , mais il semble que leurs obligations étaient tès limitées et ne revétaient aucun caractère permanent . En effet , les paysans n’avaient aucune formation militaire et le maniement des armes ne pouvaient pour eux qu’ètre occasionnel . C’est donc sans doute sur réquisition pour des opérations ponctuelles qu’il pouvait éventuellement ètre fait appel à leur service .Toutefois si certaines actions se déroulaient en dehors du mandement ou de la juridiction elles s’apparentaientà du”service actif” pouvant entrainer le vassal hors de chez lui , il était alors convenu que ces opérations étaient faites aux frais du seigneur

L’éventualité du passage dans la région de bandes suceptibles de se livrer à des excactions ou à des pillages pouvait justifier une réquisition

Nous savons par contre que les postes de guet et portes d’entrées des fortifications qui protégeaient le chateau étaient gardées . Il s’agissait dans ce cas de chateaux dits “de villages” ou “stratégiques” C’était le cas du chateau dit “supérieur” de Peyreleau à ne pas confondre avec le “TRIADOU” actuel qui , lui, est plus récent . Le chateau supérieur de Peyreleau était construit “à cru” sur la butte qui supporte l’actuelle tour de l’horloge . Laquelle tour a été construite en 1670 sur l’emplacement du chateau féodal qui existait encore en 1427 .

Ainsi des titres antérieurs à cette date faisaient promettre “à tous les vassaux et sugets de venir faire guet et garde audit chateau toutes et quantes fois qu’il sera nécessaire et que de ce ils seront requis”

LES ETAPES :

Certaines communautés villageoises se plaignaient de l’obligation ou elles se trouvaient de fournir le vivre et le coucher aux troupes faisant etape chez elles , et en outre des inconvénients de tous ordres pouvant résulter du séjour de troupes mal encadrés et à la discpline souvent aléatoire .

L’EGLISE :

Le role spirituel de l’église à cette époque sera l’objet d’une étude spéciale mai s examinons pour l’heure l’aspect temporel des relations des communautés civiles et religieuses

-Le bénéfice :

A l’époque que nous étudions le titulaire du prieuré était désigné par l’abbé qui avait en charge la paroisse après accord du prieur de l’abbaye d’Aniane qui avait été pressnti par l’évèque de MENDE qui lui conférait l’institution canonique

Le prieur qui appartenait à l’abbaye d’ENTRAYGUES était distinct du prètre qui résidait à Entraygues , paroisse dont il assurait lui-mème le service . Ce prieur par sa désignation jouissait du “bénéfice” dont nous allons voir en quoi il consistait , mais signalons auparavant qu’après 1777 et le décret de l’évèque portant extinction de la conventualité du ROZIER , le prieuré tomba en commende sous l’autorité , pour un temps , du roi

LE ROZIER FONDE EN 1075 :

Phillipe 1er règne en Ile- de- France , depuis 1060 ; Guillaume , duc de Normandie vient de concquérir l’ Angleterre et de s’en proclamer roi (1066) ; le grand pape GrégoireVII , monté sue le trone pontifical en 1073 , s’apprète à réformer l’Eglise , en combattant la simonie ou trafic des dignités ecclésiastiques , non moins que le nicolaisme ou concubinage des prètres Aldebert 1er est toujours évèque de Mende : il va couronner sa carrière par une ultime fondation : celle du ROZIER qui va s’implanter au confluent du Tarn et de la Jonte , au lieu dit ENTRAYGUES “entre les eaux ” des deux rivières .

C’est ANIANE , qui , cette fois est choisie de préférence à Saint Chaffre et à Saint Victor :Aniane est une abbaye bénédictine du diocèse de Maguelone .

Mais pourquoi ce lieu plutot qu’un autre pour installer un monastère ?

Il ya , à mon avis , deux raisons à ce choix :

Entraygues est situé sur un lieu de passage des communications qui , à cette époque , se faisaient essentiellement dans l’axe Nord Sud ou à l’inverse Sud Nord comme nous l’avons indiqué précédemment . De plus la confluence de deux rivières , le Tarn et la Jonte , était en quelque sorte un lieue de passage obligé eu égard à l’élargissement de la vallée et donc à des pentes plus douces de part et d’autre

D’autre part Entraygues était situé très exactement à l’extrème pointe occidentale du Gévaudan sur lequel s’exerçait le pouvoir temporel des évèques de Mende qu’il convenait de protéger notamment vis à vis des influences seigneuriales très présentes sur ces territoires .

Maitrise et surveillance d’un lieu stratégique sont vraisemblablement parmi les éléments déterminants du choix de l’implantation d’une abbaye

Dans la donation préliminaire de 1060 comme dans l’acte définitif de 1075 , tous les seigneurs du voisinage firent assaut de générosité : mas , métairies , moulin , vignes , parts de dimes … furent apportés pour constituer le domaine à partir du quel , dès 1061 , un prieur et six moines allaient pouvoir commodémment batir un monastère , dans un champ concédé par les seigneurs d’Albignac et appellé ” CAMPUS ROSARIUM “

C’est là que les moines bénédictins dont la vie était régie par la règle de Saint Benoit selon la quelle chaque monastère devait subvenir par leurs seuls moyens à leur propre subsistance agrandirent leur domaine par l’achat , alentour , de divers droits sur “les hommes et les mas” , les jardins et les vignes , les champs “cultes ou incultes” qu’ils mirent en valeur

Ils achetèrent mème ou batirent plusieurs églises ainsi que , en 1158 et1160 , les décimes du hameau du LUC , aujourd’hui CAPLUC qui fut le premier lieu d’implantation de la communauté à l’origine du ROZIER

Nous avons les noms des six premiers moines qui s’installèrent au Rozier ou entre autres sources de revenus , ils cultivaient les roses , ce qui , on l’aura compris , donna son nom au village duRozier . Si tel ou tel venait d’Aniane , plusieurs étaient les fils ou les frères des nobles chevaliers donateurs des vallées du Tarn et de la Jonte qu’ils mirent en valeur tout en se lançant allègrement dans la grande aventure spirituelle . Le prieur du Rozier allait dès lors , assisté de ses moines , desservir les paroisses escarpés des Causses deCapluc à Saint Pierre d’Estripiés , Saint Rome de Dolan , Saint Jean des Balmes … , avec l’appui de tous ces gentishommes de l’endroit qui de Mostuèjouls , Liaucoux , Peyreleau… en terre aveyronnaise , avaient jurer de ne point les troubler dans leurs droits Ainsi , CAPLUC , a vu oeuvrer là-bas dans les vallées mais aussi sur les pentes abruptes , construteurs d’églises , défricheurs de landes incultes , édificateurs de laisses , exploitants de la moindre parcelle naturelle ou soutenue par des murs de pierres “los faissos”qui délimitaient les moindres lopins de terre

Rochers, rocher de Capluc, disait Alexis Solanet , ce poète en prose , “les temps et les hommes passent à vos pieds comme une onde fugitive . Vous ignorez sans doute cette fureur de changement qui les emporte ; vous dédaignez cette fureur de changement qui les emporte ;vous dédaignez et dans votre sérénité immuable vous condamnez … Peut ètre aussi vous pardonnez !”. Ils changent et passeront eux aussi , comme la terre , ces rochers aux mémoires silencieuses .Mais leur impatience de vivre est moins grande et le cours de leur destin moins rapide que le notre Le millénaire qui nous sépare des premiers moines batisseurs de ce monastère du Rozier , c’est beaucoup dans l’histoire de notre civilisation , mais si peu à l’échelle du temps

Plus d’un millénaire après et bien que leur oeuvre ait été continuée par les générations suivantes , quelle que soit l’époque exacte au cours de la quelle ont été réalisés ces travaux qui pourraient paraitre de nos jours dérisoires , on ne peut ètre que confondus d’incrédulité et d’admiration devant la foi qui devait animer ces hommes

Rigal , Radulphe , Ricard ,Raymond et Pierre indemnisaient les nombreux propriétaires au prorata de leurs parts

Il ne faut point s’étonner de voir ces gentilshommes céder ou vendre leurs droits , mème contre une mule , sur des églises qu’ils avaient construites eux ou leurs ancètres et souvent dotées , dont ils avaient gardé , en principe , le droit de désigner le desservant .

les Bénédictins d’Aniane avaient été précédé en ces lieux par des potiers gallo-romains qui avaient installé là des ateliers annexes à ceux de la Graufesenque (cf le site du Rozier http://www.le-rozier eu org ) pour plus de précisions

CAPLUC dérivée du latin Caput Lucis signifie Tète de lumiere car c’est le premier rocher éclairé par les rayons du soleil levant

Au Moyen-Age ce rocher supportait une forteresse qui dominait à la fois les Gorges du Tarn et de la Jonte

La première plate-forme qui était l’assise du chateau comporte encore les bases des murs d’enceinte ainsi que , creusée à mème le rocher , une citerne qui fut la réserve d’eau du chateau ; cette excavation qui pouvait contenir de 15 à20 métres cube d’eau était , ily a peu de temps encore, recouverte d’une voute romane . Des fouilles pratiquées au bas de la cavité révélèrent des vestiges datant de l’époque gallo-romaine Un lieu de culte paien y a également laissé des empreintes

Est également visible un abri sous roche aménagé et qui fut occupé par des prètres insermentés qui avaient trouvé là ainsi que dans de nombreuses autres cavités naturelles situés dans les falaises environnantes des lieux d’asile et de refuge

On peut voir également sur cette mème plate-forme l’ébauche de plusieurs sépultures creusées à mème le rocher et qui n’ont pas été terminées

Une excavation naturelle servait de poste de garde et d’alerte en cas d’attaque

On sait que cette forteresse fut l’objet de maintes attaques notamment de la part d’une coalition des d’Albignac et des Mostuèjouls , ces derniers prétendant avoir des droits sur Capluc ce qui s’averra exact , la branche de Liaucoux ayant la garde de la forteresse , deux mois durant chaque année .

Une chapelle romane de type bysantin , malheureusement dégradé , comportait des fresques qui n’ ont pas résisté aux outrages du temps , mais dont il demeurait encore quelques vestiges il y a un 1/2 siècle

La forteresse de Capluc occupait un lieu stratégique par rapport à la vallée mais également sur un lieu de passage obligé à la jonction des Causses Méjean et Noir

Capluc controlait notamment le passage du Causse Méjean au Causse Noir par la cote Saint Jean et le ravin de Malbouche

Mais revenons un instant au role de l’église pour étudier

LES REDEVANCES PAYEES AU “BENEFICIAIRE ” DE LA PAROISSE

Ils’agissait essentiellement , mais pas exclusivement , de la dime prélevée sur les récoltes de céréales ou de légumes secs ainsi que sur les produits de l’élevage

Le récoltant , propriétaire ou locataire , devait , avant de rentrer les gerbes , les présenter au “décimateur” qui retenait une gerbe sur onze , laissant les dix autres au récoltant . Il s’agissait là d’une imposition sugette à des controles afin que certaines gerbes plus grosses ne soient pas soustraites au prélèvement

Une fois cette imposition prélevée divers procédés etaient en usage pour la part qui revenait à l’abbaye -1 : l’abbaye pouvait enlever directement sa part qu’elle faisait alors battre à son compte avant de transporter les graines au marché , les vendre et en encaisser directement le produit -2 : l’abbaye pouvait confier à un fermier la charge de faire la “levée” , de battre le blé et d’en assurer la vente contre rétribution à ce dernier qui , en outre prenait à sa charge les frais de transport -3 : les frais de transport étaient à la charge de l’abbaye et dans ce cas il en était tenu compte lors de la transaction -4 : l’abbaye retenait un “fermier principal” qui s’engageait à régler par avance une somme d’argent dont le montant était convenu préalablement . Souvent arrétées pour plusieurs années ces dispositions impliquaient que soit apprécié le rendement moyen du territoire dimé . Puis ce fermier traitait avec un “sous-rentier”qui , pour une récolte seulement et au vu de la récolte”pendante” , s’engageait à remettre au premier une certaine quantité de grain que celui-ci devait faire enlever à ses frais ; la quantité qui donnait lieu à la transactionétait soit évaluée et exprimée en setiers ou bien , dans les années de mauvaise récolte en pourcentage de la récolte , en général le treizième

Selon ces dispositions et en supposant une récolte égale à………………………………………………………………………….143 gerbes le récoltant en conservait 10/11 soit…………………………………………………………………………………………………………..130 gerbes le sous-rentier avait pour sa part , et pour la levée et le battage…………………………………………………………………….2 gerbes quant au fermier principal , il se voyait remettre : 1/13 de la récolte , soit ………………………………………………….11 gerbes

et celui-ci versait à l’abbaye une somme d’argent amputée des frais qu’il avait engagés , pour le tansport , la vente ,et bien entendu son propre bénéfice

Aussi , l’intervention de deux intermédiaires n’était supportabble , pour l’abbaye , qu’en période de récoltes abondantes

Or les différences observées d’une année à l’autre pouvaientètre importantes compte tenu de facteurs imprévisibles tels que les variations climatiques , les troubles qui pouvaient survenir suite à l’instabilité politique , les guerres , les conflits ….

Il était donc très difficile pour ne pas dire impossible de faire des prévisions fiables à court et moyen terme , et de ce fait l’avenir était très incertain , la règle étant le plus souvent la vie au jour le jour avec tout ce que celà comporte de situations aléatoires et , par là , de précarité .

PREMICES OU NOVALES :

La mise en culture d’une terre gagnée sur une zone inculte valait au prieur un “don gratuit” accordé par le seigneur .

CARNENQ :

La dime du carnelage ou carnenq était également perçue par le prieur sur le produit de l’élevage -troupeaux ovins - mais aussi sur la volaille ou encore sur le produit des ruches . Sur ce dernier point nous savons par divers actes qu’ un rucher n’était jamais vendu , mais que , en cas de nécessités , l’entretien pouvait en ètre confié à un tiers moyennant un partage à l’amiable de la récolte de miel , de cire … la vente du rucher n’étant pas dans les usages , on peut lire qu’une telle transaction aurait eu des effets néfastes sur l’élevage . Nous entrons là, bien sur, dans le domaine des croyances qui régissaient certaines pratiques et coutumes , mais qui , dans le cas de l’abeille , lui conféraient un statut particulier attesté d’ailleurs par un autre rite en usage dans de nombreuses provinces et qui consistait , lors du décés du propriétaire , à garnir la ruche-mère d’un crèpe noir en signe de deuil

Bien d’autres rites étaient scrupuleusement respectés dans les temps anciens . Par exemple , le jour de la SAINT BENOIT considéré comme étant le protecteur des biens et produits de la terre , une coutume est rapportée sur les communes du Rozier et de La Parade qui consistait à préparer un repas de fète que partageait toute la famille après qu’une part en eut été réservée au bétail et qu’une autre soit offerte à la terre , dissimulée sous des pierres , dans les champs dont on voulait protéger les récoltes à venir . Bien d’autres croyances , aux quelles nous consacrerons un chapitre spécifique, étaient ancréés dans les esprits , survivances d’un lointain passé ou , diraient certains , le peuple était agreste et sans culture , et Dieu , un inconnu .

LES PERCEPTEURS DE CES REDEVANCES :

Ils n’appartenaient pas , contrairement à ce que l’on pourrait croire à une classe sociale distincte

Les fermiers des  dimes ou leurs sous-rentiers pouvaient exercer des professions très diverses et qui n’avaient parfois que peu ou pas de rapport avec la terre ; ainsi il n’est pas rare de trouver parmi eux : un boucher , un ferrailleur , un cordonnier … ou par exemple un praticien qui était en quelque sorte un conseiller juridique

En somme la priorité était d’avoir de l’argent à une époque ou il était rare et de s’en procurer toujours davantage ; les fermages de dimes  , et également de cens ou de taille , semblent avoir été essentiellement à l’origine de l’enrichissement de citoyens qui étaient certes des marchands au sens large , mais que nous qualifierions de nos jours  de gens excerçant une activité dans les affaires, au sens générique du terme .

Quelques années plus tard on verra meme que les “percepteurs de dimes ou de censives ” ne se limiteront pas de les prendre “à bail ” pour un temps donné et convenu par avance , mais parviendront à les racheter aux seigneurs auxquels elles étaient dues  .

Certains seigneurs faisant preuve de négligence dans la perception des droits qui leur étaient dus,  aussi les paysans vont se tourner vers des financiers désireux de faire fructifier leur argent .

LA VIE SUR LE CAUSSE IL Y A 8000 ANS

7 décembre 2007

La préhistoire récente des Causses est dominée par deux évènements majeurs :

D’ abord , au IXe millénaire , le climat change radicalement . Les températures s’élèvent , le réchauffement fait disparaitre les glaciers de l’Aubrac , les Causses se modifient , tant en ce qui concerne la flore que la faune . Certes , ce sont encore des espaces soumis à des conditions climatiques très rudes , et il est peu probable qu’une occupation permanente et sédentaire ait pu exister , à des altitudes moyennes avoisinant les 1000 mètres . Néammoins ces grands espaces vierges ne pouvaient laisser indifferentes les quelques tribus nomades qui étaient amenées à les parcourir . Car ces immenses étendues ,alors désertiques , étaient des lieux de passage obligé pour qui voulait établir des liens entre des contrées qui offraient des perspectives plus attrayantes . En effet , la région des Causses , établie sur les contreforts du Massif Central au Nord , et dominant le versant mediterranéen au Sud , constituait , en quelque sorte , un obstacle à franchir entre le Languedoc et l ‘Aubrac , entre le Sud et le Nord , non seulement de la Gaule , mais au delà , pour relier deux continents . Qui plus est , un obstacle incontournable , car limité de tous cotés par de profondes vallées qui étaient alors impraticables , les voies de communication actuelles n’existant évidemment pas , il était indispensabble de se jouer des reliefs et d’emprunter les cheminements les plus directs pour se rendre d’un point à un autre .

Ces plateaux ne furent donc durant des millénaires que des lieux de passage

Pourtant , au IVe millénaire , va débuter ce qu’il est convenu d’appeler ” la révolution néolithique “

De quoi s’agit-il ?

Les civilisations chasseresses jusque là florissantes s’étiolent et se désagrègent

L économie prédatrice à base de cueillette , de pèche , de chasse va désormais faire place à une économie productrice

L ‘ agriculteur et l ‘ éleveur sont nés qui vont en mème temps prendre possession de nouveaux espaces et du profit qu’ils peuvent en tirer .

Mais des défis vont se poser à eux , dès lors que ce nouveau mode de vie ne peut s’accomoder du nomadisme qui a prévalu jusque là , mais doit impliquer une sédentarisation dans un environnement somme toute hostile et sous un climat qui reste rude malgré le réchauffement relatif.

La question de l’habitat pose donc un premier problème dont la solution doit répondre à des impératifs à la fois sécuritaires et de protection alors mème que les abris naturels sont , sur les Causses , sinon inexistants du moins très rares.

Dans un premier temps les Caussenards vont installer leurs habitats à la couronne des causses et plus particulierement dans des grottes souvent aériennes au pied des falaises , de préférence sur l’adrèt (exposé sau soleil) et à proximité d’un point d’eau

Le deuxième défi que ces hommes vont avoir à relever est lié aux avancées technologiques .

N’oublions pas que nous sommes encore à l’àge de la pierre (mésolithique) le silex est avec le “baton à fouir” le seul support dont l’homme dispose alors . Certes , il a fait beaucoup de progrès dans l’art de la taille depuis le simple galet aménagé , notamment avec l’industrie microlithique qui voit la naissance des premieres armes et autrs objets de la vie quotidienne , il sait aussi tirer partie de l’os , mais tout celà parait bien dérisoire face aux nouveaux enjeux … et l’àge des métaux est encore loin

D’une façon générale les documents archéologiques appartenant à cette période sont rares , et les habitats découverts peu nombreux .

Toujours est-il que les premiers agriculteurs-éleveurs ne disposaient que de moyens très limités

Les habitats découverts en Aveyron et dont les établissements s’étalent chronologiquement sur toute la durée du Mésolithique sont pourtant riches d’enseignements .

Donc vers -8000 ans avant notre ère nous sommes encore en présence de groupes de chasseurs qui mettent à profit le réchauffement climatique pour investir les Causses qui , alors , très boisés deviennent leur territoire de chasse de prédilection de l’auroch et du cerf notamment

Ces premiers chasseurs utilisent l’arc et des flèches armées de petits silex taillés (industie microlithique) dont on retrouve des traces , par exemple aux Salzets , qui est le type mème d’une occupation humaine établie sur la couronne du Causse en contre-bas du plateau , à l’abri d’un surplomb rocheux de 12 mètres carrés environ , et qui tenait lieu d’habitat et de refuge pour la nuit ou en période de fortes intempéries qui rendaient impossible toute activité sur les plateaux

Les détritus trouvés sur place et sur une trentaine de centimètres d’épaisseur :os brisés , silex taillés ,déchets de cuisine , charbons de bois suggèrent fortement ce que pouvait ètre la vie de cette communauté

Les silex taillés , par exemple , étaient trop petits pour avoir été tenus en main . Leur taille maximum , 1,5cm , ne rendait leur utilisation possible qu’une fois emmanchés ; certaines formes géométriques correspondaient certainement à des pointes de flèches primitives alors que d’autres , triangulaires , servaient peut-ètre de barbelures à des harpons , dont l’invention remonte à la période précédente soit à la fin du Paléolithique Supérieur ; des formes en demi-lune , enfin , comptaient parmi les plus anciens prototypes de hameçons

Parmi les déchets de cuisine , se trouvaient des fragments de noisettes à demi calcinés  . C’est là un renseignement important  sur l’alimentation mais également pour reconstituer le couvert végétal de l’époque .

Enfin les foyers culinaires contenaient surtout des ossements d’animaux dont l’étude permet de mettre en évidence l’importance considérable du cerf ,du sanglier , de l’auroch , qui sont tous les trois des animaux de la forèt dense , ce qui confirme que les Causses étaient à cette époque là très boisés  , puisque habités par de grands herbivores

L’HOMME PREHISTORIQUE EN AVEYRON

7 décembre 2007

-300 000 : premiers indices de la présence de l’homme en Aveyron

-70 000    : premiers habitats permanents de l’homme de Néandertal

-21 000    : groupe de chasseurs au Roc Troué

-11 000     : chasseurs-pècheurs de type Cro-Magnon

-5000        : “révolution néolithique ”

-3000        : les “chasséens” se manifestent

-2500 : les Causses se couvrent de dolmens

Nous examinerons donc à la lumière des éléments à notre connaissance les differentes étapes de l’évolution de l’ homme dans notre région pour autant qu’il s’y soit manifesté et que nous connaissions les traces qu’il aurait pu , éventuellement , laissé de son passage ou de sa présence . Il est toutefois utile de signaler que bien des sites occupés par l’homme ont été fouillés au cours des siècles passées et que quantité de témoignages , soit ont été perdus , soit sont inexploitables parce que isolés de leur contexte et de leur environnement . Or, un document, quel qu’il soit , ne peut nous véritablement nous renseigner que s’il est retrouvé ” in situ “ dans son cadre, dans sa position d’origine et par rapport aux objets qui l’entourent . C’est la raison pour laquelle il sagit dans tous les cas d’une opération très délicate et qui demandent beaucoup de méthode et un réèl savoir-faire

LES GRANDES ETAPES DE LA PREHISTOIRE AVEYRONNAISE

7 décembre 2007

- 300 000 : premiers indices de la présence de l’homme en Aveyron

- 70 000 : premiers habitats permanents de l’Homme de Néandertal (Larzac)

- 21 000 : un groupe de chasseurs de bisons est installé sous l’abri du Roc Troué

- 11 000 : des chasseurs-pècheurs de type Cro-Magnon vivent à Reycabrot

-   7000 : des groupes de chasseurs sont installés dans l’abri des Salzets du ravin des Malènes

- 5000 : c’est la “révolution néolithique” : l’agriculture et l’élevage apparaissent ( blé , orge - porc , mouton )

- 3000 : l’agriculture et l’élevage s’intensifient ; la chasse et la pèche sont désormais des activités d’appoint

- 2500 : c’est l’époque des dolmens , la taille des silex se diversifie , les premiers éléments de parure apparaissent

LES CAUSSES MAJEURS

6 décembre 2007

Ils sont au nombre de quatre , dénommés ainsi  , pour les differencier des Causses dits  “MINEURS”sur les quels nous reviendrons  .

Les Causses  MAJEURS sont donc :

Le Causse de SAUVETERRE

Le Causse MEJEAN

Le Causse NOIR

Le Causse du LARZAC

LA ROCHE ET SES PRODUITS

6 décembre 2007

Le calcaire est le résultat de la transformation de détritus organiques  conditionnée par les caractéristiques physico-chimiques - pression et température - du milieu , lors  de la période de sédimentation

Sur , et , à l’intérieur  des Causses  co-existent deux types de calcaires  :

Un calcaire “classique” composé de carbonate de calcium

Un calcaire dolomitique qui comporte à la fois du carbonate de calcium et du carbonate de magnésium selon des proportions qui peuvent ètre variables en fonction de divers paramètres

Le calcaire a une propriété qui est celle d’ètre dissous par une eau chargé en gaz carbonique , ce qui est le cas de l’eau de pluie qui s’en impreignent en traversant les differentes couches de l’atmosphère . Toutefois  le calcaire présente une réaction differente à l’eau selon qu’il est plus ou moins chargé en magnésium . Pour cette raison  le calcaire dolomitique offre une meilleure résistance à l’eau

Ainsi les sites ruiniformes  tels que nous en connaissons beaucoup dans la région : Montpellier le Viex , Nimes leVieux , Roquesaltes , Le Rajol  … pour ne citer que les plus connus ou encore les falaises du Causse Méjean avec les Vases de Sèvres , de Chine , les  Arcs de Saint Pierre , et bien d’autres encore ,  constituent autant  d’exemples de calcaires dolomitiques à érosion différée

La désagrégation du calcaire donne divers types de produits et plusieurs types de sols :

Un substrat argilo-calcaire : sol de faible épaisseur , empierré ou seule croit une végétation steppique et qui constitue ce que l’on appelle “LE CAUSSE NU”

De l’argile de décalcification : qui constitue de bonnes terres agricoles  accumulées dans les “dolines” ou “sotchs”

Un sable dolomitique :issu du calcaire du mème nom , plus ou moins fin , plus ou moins riche en argile . Les sols dolomitiques sont légers , filtrants , peu utilsés en agriculture et plus généralement boisés de pins

C’est à partir du calcaire qu’autrefois l’homme fabriquait de la chaux en portant la pierre à haute température . Cette chaux mélangé à du sable du causse ou “grésou”constituait le mortier de base  pour la construction

Ce mème calcaire était utilisé pour la fabrication de la chaux dans des fours situés à proximité des mines de lignite qui servait de combustible

FORMATION DES CAUSSES

6 décembre 2007

-DURANT L’ ERE PRIMAIRE

Une immense chaine de montagnes se soulèvent barrant l’Europe d’Est en Ouest et formant pour la France en forme de V la Bretagne , le Massif Central , lesMaures , l’Estérel , les Ardennes et les Vosg

C ‘est le CONTINENT HERCYNIEN

Dès sa formation , le Massif Hercynien est soumis à une forte érosion due aux agents atmosphériques

-A LA FIN DE L’ERE PRIMAIRE

Le Massif Hercynien ne se présente plus que sous la forme d’un socle raboté , d’une pénéplaine : c’est la surface post-hercynienne , alors soumise à un climat tropical

-AU MOMENT OU S’ACHEVE CET APPLANISSEMENT

De très amples mouvements en déforment la surface , créant des dépressions qui peu à peu vont ètre envahis par la mer  qui va déposer dans ce que l’on appellera le  GOLFE DES CAUSSES , des sédiments sur de grandes épaisseur

-DURANT TOUTE L’ERE SECONDAIRE  170 M.A

Des calcaires et des marnes  vont se déposer au fond de cette mer intérieure

Cette sédimentation secondaire va assurer la conservation de la surface post-hercynienne , la “FOSSILISER ” sous un manteau protecteur et la préserver de toute érosion ultérieure

-A L’AUBE DE L’ERE TERTIAIRE

La mise en place de la chaine pyrénéenne va provoquer un mouvement de surrection du Golfe des Causses qui va avoir pour effet de rejetter la mer  au Sud , à l’Est et à l’Ouest

-AU COURS DE LA DEUXIEME MOITIE DE L’ERE TERTIAIRE

Les ALPES se mettent en place et les Causses s’affaissent

-A LA FIN DE L’ERE TERTIAIRE ET AU COURS DE L’ERE QUATERNAIRE

Les grandes vallées naissent

Le mot CAUSSE est dérivé de “CALX” qui signifie  CALCAIRE

Le calcaire est une roche sédimentaire d’origine marine qui s’est formée à l’ère secondaire lorsque la mer a envahi la région , à plusieurs reprises , par suite de l’affaissement du seuil de Rodez  d’une part et qui l’a mise en communication avec l’Océan  Boréal qui se situait à l’emplacement de l’Atlantique actuelle et du seuil du Languedoc, d’autre part, par le quel a pénétré la “THETIS” qui ,elle , se trouvait  à la place de laMéditerranée

Les Causses qui ne formainent alors qu’un seul et unique plateau calcaire sont donc la résultante des apports  de la mer qui par un phénomène de transgresion et de réressions successives a déposé des quantites considérables d’alluvions sur l’ancien socle hercynien

A l’ère secondaire , donc , il y a environ 200 M.A le Massif Central raboté par l’érosion et affecté par un affaissement est envahi par la mer  qui va déposer en couches superposées ou “strates” , des marnes (  mélange de craies et d’argiles imperméables  )  puis des calcaires  ( roches perméables  ayant pour origine des coquillages , des squelettes de poissons et de mollusques )  et des dolomies

-A L’ERE TERTIAIRE

Il y a environ 60 M.A les forces qui agissent sur l’écorce terrestre provoquent un formidable plissement qui fait surgir les Pyrénées , d’abord , et ensuite les Alpes

Par contre-coup le Massif Central va lui-aussi ètre affecté . Mais trop rigide et calé sur le socle hercynien très résistant , il ne va pas se plisser , mais néammoins il sera fortement ébranlé ; ses bordures Sud et Est se soulèvent et basculent alors que son Centre se lézarde et se fissure   Coincée  entre des terrains anciens  , plus résistants ,  la gigantesque carapace des CAUSSES  se brise et se disloque en blocs séparés par des lignes de fracture de la croute terrestre , ou ” FAILLES ” alors que les rivieres courent encore à la surface du plateau

L’érosion dégage maintenant le socle cristallin d’une grande partie de sa couverture sédimentaire secondaire

La végétation , qui , au début de l’ère tertiaire  est encore très variée ‘ peupliers , dattiers , vines , séquoias )  va se modifier sous l’effet d’un changement de climat très marqué et se rapprocher de celle que nous connaissons de nos jours sous nos latitudes

FORMATION DES CAUSSES

6 décembre 2007

Les Grands Causses forment la couverture sédimentaire méridionale du Massif Central conservée dans une dépression limitée par des fossés d’origine tectonique (déformation des terrains sous l’effet de forces internes et postérieures à leur mise en place :dislocation , plissement , effondrement ….) datant de la phase Hercynienne (orogénèse qui se déroula du Dévonien au Permien et qui créa plusieurs chaines de montagnes notamment le Massif Central ) A l’ouest , les Causses s’appuient sur le Massif cristallin du LEVEZOU et à l’est sur les Monts des CEVENNES . Au sud ils sont bordés par les bassins permiens (dernière période de l’ère primaire de - 295 à - 245 M.A) de Saint-Affrique et de Lodève

Durant la période du Secondaire ( mésozoique) jusqu’à la fin du Jurassique (200 à 140M.A) la mer recouvre la région .Cette mer chaude est peu profonde et calme , elle a connu des périodes lagunaires au Bathonien .Ses fonds ont reçu des quantités considérables de sédiments , qui , durcis ,sont devenus les roches calcaires et marneuses desCausses sur plus de 500 mètres d’épaisseur .

La rapidité de ces dépots et des conditions exceptionnelles de conservation ont permis à une partie de la faune et de la flore de se fossiliser ; c’est la raison pour laquelle on trouve de nos jours dans les marnes appelées aussi “terres noires” quantité de fossiles

Au Tertiaire le bassin desCausses subit un rajeunissement tectonique

Durant les phases de la poussée pyrénéo-alpine l’ensemble des Causses se soulève

Ces mouvements tectoniques placent les sédiments jurassiques dont sont constitués la plus grande partie des Causses à une altitude qui va permettre le développement des phénomènes karstiques (cf : chapitre karst)

L’érosion et l’action corrosive des eaux vont alors provoquer le creusement des gorges

Les Causses sans cesse affectés par le phénomène karstique se modifient sans cesse extérieurement mais aussi , et , surtout intérieurement .

La présence de nombreux avens , rivières souterraines , résurgences , exurgences avec formation de tuf , témoignent de l’action continue et corrosive des eaux karstiques

L’érosion peut ètre éoliene , fluviale , glaciaire .

LE KARTZ , LARGEMENT PRESENT SUR LE CAUSSE

5 décembre 2007

Le kartz se développe dans les Grandc Causses et dans les Avant-Causses , ce qui représente 50 /00 de leur superficie pour des formations qui datent de150 à200 millions d’années

Le Causse du Larzac est le plus étendu.

Les autres causses dits “MAJEURS” sont du Nord au Sud : Le Sauveterre , Le Méjean , Le Noir

Les principaux Avant-Causses son le Causse Rouge et le Causse de Saint-Affrique

Au niveau régional pris au sens large les territoires karstiques correspondent au plus important domaine en France

Encore convient-il d’y ajouter le Cause Méjean qui n’est pas pris en compte dans cette évaluation , l’unité géologique de l’ensemble du Massif constitué par ce milieu ne répondant pas aux critères administratifs retenus lors du remaniement des découpages régionaux

Ainsi le Causse Méjean ne fait pas partie au plan adminitratif de Midi- Pyrénées mais de Languedoc-Roussillon

LE KARST : Quest-ce que le kartz ? Imaginez un grand massif calcaire fracturé , fissuré , troué , dans lequel l’eau circule . Peu à peu , elle va user , ronger et dissoudre la roche . Il en résultera une érosion mécanique et chimique qui donnera naissance à un réseau complexe formé de cavités , de grottes , de rivières souterraines .

Vie intérieure du Causse , cette eau peut resurgir , selon la configuration souterraine , en quelques heures ou en plusieurs années , dans une vallée au niveau d’une source que l’on appelle RESURGENCE

L’origine du mot KARTZ provient d’une région yougoslave du nord-est de L’ ADRIATIQUE ( Slovénie ) connue pour l’importance et la diversité de ces formations calcaires .

Le kartz , c’est une structure dans laquelle on distingue trois grandes parties :

-UNE ZONE D’ALIMENTATION dont le périmètre est limité dans l’espace , érodée par l’eau , le vent en reliefs ruiniformes et champs de lapiaz

-UNE ZONE D’INFILTRATION des eaux dans la roche calcaire . Cest le passage des eaux de précipitation qui peut ètre rapide ou retardé , l’infiltration rapide s’effectuant au niveau des pertes , des avens et des dolines

-UNE ZONE DE KARTZ NOYE , ou l’on trouve à la fois les rivières souterraines mais aussi les grands réservoirs souterrains qui alimentent les rivières en leur permettant de garder une stabilité relative de débit lors de la période estivale ou les précipitations sont moins importantes à l’exception des orages dont la pénétration dans les sols est généralement moindre et plus brève

-ETIAGE ET CRUE :

Les résurgences karstiques ont une variabilité de débit extrèmement importante . En effet , en étiage , en général durant l’été , les débits sont bas , de l’ordre de quelques litres par seconde . Au contraire , en crue , en hiver ,  au printemps  et parfois à l’automne , les débits peuvent ètre considérables et se chiffrer en mètres cubes par seconde

Une source ou résurgence  peut ainsi passer très rapidement de son débit d’étiage d’une centaine de litres par seconde à son débit de crue de 24 mètres cubes par seconde , soit 240 fois son débit d’étiage

L’EAU PURE DES CAUSSES : l’eau des précipitations n’est que peu minéralisée lorsqu’elle atteint le sol après avoir traversé l’atmosphère . Ce n’est qu’au contact des formations géologiques secondaires , principalement calcaires qu’elle va acquérir les minéraux essentiels à la vie  (calcium et magnésium notamment)

Un relief ruiniforme est constitué de blocs rocheux sculptés par la dissolution , séparés par des couloirs qui forment parfois d’inextricables labyrinthes .

Un lapiaz est une surface calcaire creusée de cannelures ou de rigoles séparées par des lames tranchantes

Une doline est une dépression circulaire dont le font plat est occupééééée par de la  “terra  rossa ” ( argile )

Un lac éphémère est un lac qui se forme lors d’épisodes pluvieux importants  ( Lac des Rives )

Une perte est un puits absorbant ou l’eau peut s’engouffrer .

Un aven comporte généralement une seule salle souterraine souvent de grandes dimensions .

Une grotte est formée d’une succession de salles  sur plusieurs niveaux souterrains

Un abime est creusé par le flot d’une riviere souterraine et peut comporter des kilomètres de galeries