SAINT-MICHEL-DE-MONTORSIER

ITINERAIRE D’ACCES :

Au départ de LA GRAVE de PEYRELEAU prendre le chemin muletier qui longe la Jonte sur deux kilomêtres 1/2 environ , jusqu’au sentier qui s’élève en lacets vers les quilles dolomitiques de l’ermitage.

Au départ de SAINT-JEAN-DES-BALMES l’accès est également possible par les pistes forestières et les sentiers du plateau , il est toutefois conseillé de se munir d’une carte I. G.N au 25/000 eu égard aux cheminements nouvellement tracés notamment pour l’exploitation des bois , l’absence de signalisation et la confusion qui peut en résulter !

SAINT-MICHEL-DE -MONTORSIER fut à l’origine une seigneurie de MONTORSIER et dès l’époque médiévale une place forte dont l’importance stratégique justifiait l’emplacement sur un piton rocheux quasiment inaccessible de la vallée et qui assurait la protection des populations autrefois nombreuses sur le plateau

D’autre part les voies de communication suivaient alors la bordure du plateau ou couraient sur le plateau lui-même

Enfin les mouvements dans les vallées étaient beaucoup moins fréquents car il existait tout au plus des chemins muletiers tracés à même les versants , d’un accès aléatoire selon les saisons et le plus souvent d’une capacité insuffisante

Par ailleurs la vie économique était organisée différemment et l’essentiel des échanges se faisaient transversalement

Les Causses (ou plateaux) dont l’altitude moyenne est de 800 à 900 mètres présentent un dénivelé de 400 à 500 mètres par rapport aux vallées et la topologie jouait un rôle déterminant quant à la distribution des cheminements dans une région au relief très accidenté

Au cours des siècles , voire des millénaires et pour différentes raisons la population des plateaux va décroitre de façon très importante

Dès lors l’intérêt stratégique des nombreuses places fortes à la couronne des Causses va , diminuant , jusqu’à l’abandon pur et simple de forteresses inconfortables à la vie de tous les jours

Notons enfin qu’à différentes époques ces lieux vont être récupérés à des fins que le pouvoir royal ne pouvait tolérer , qui va en ordonner la destruction . Ainsi vont disparaître nombre de places fortes qui avaient résisté à l’usure du temps et des éléments .Nous devons à Jean ARNAL une remarquable étude sur le sujet , qui , à partir de documents d’archives , nous a livré un véritable travail d’Historien qui a entre autres mérites celui et non des moindres de dévoiler en la restituant la mémoire d’un temps révolu mais qui a marqué toute une époque de notre Histoire .

Cette seigneurie fut d’abord possédée par la famille de Montorsier qui apparait au cours du 12è siècle ; en 1152 Richard de Montorsier reprend en fief des Templiers divers domaines et biens situés sur le Causse . Bernard et Rigal de Montorsier vendent aux même Templiers des biens en1156 et 1173 . De 1169  à 1173 Hugues de Montorsier semble être le gendre d’un riche seigneur de Nant etcède des dîmes à l’abbaye de Sylvanès

Astorg de Montorsier , le dernier connu , engage ,  certains de ses biens aux chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem vers1193

La seigneurie et la forteresse de Montorsier vont ensuite passer aux mains d’une famille de la Roque originaire du château de la Roque -Sainte-Marguerite dès la seconde moitié du XIII° siècle

Le premier des nouveaux seigneurs de Montorsier est chevalier .Son fils reconnait, le 26 novembre 1316 , tenir en fief de Gaston  d’Armagnac , baron de Roquefeuil , le château de Montorsier et toutes ses dépendances situés dans la paroisse deSaint-Jean-des-Balmes

Lorsque la famille la Roque s’éteint à la fin du XIV° siècle , c’est noble Jean de Capluc d’une seigneurie avoisinante mais située en Gévaudan alors que nous sommes ici en Rouergue qui hérite des biens de feu Béranger de la Roque et reconnait tenir en fief de Bernard d’Armagnac , comte de Rodez et baron de Roquefeuil , la forteresse de Montosier et ses dépendances

Au cours du  XV° siècle  , les centres humains se déplacent sur le Causse Noir , Montorsier et Saint-Jean-des-Balmes perdent de leur importance au profit du Maynial et de Veyreau où un château existe toujours

Dès lors on peut penser que , les guerres anglaises terminées , Montorsier devenu inutile cesse d’être entretenu , tombe en ruines et est abandonné

Des testaments des XIV etXV° siècles nous apportent la preuve que l’ermitage Saint-Michel doit s’identifier avec la forteresse de Montorsier  dont les ruines auraient été ré-aménagées  et occupées par des moines-ermites qui durent desservir les lieux et leur chapelle dédiée à Saint-Michel comme ce fut le cas à Saint-Pons  qui sur le Causse Méjean est situé en lieu et place d’une autre forteresse tenue par les de Roquevaire même si aucun document médiéval ,  à notre connaissance , ne fait état de ces deux ermitages .

Les éléments bibliographiques qui ont permis cette reconstitution historique sont nombreux et variés  de  H.C  Dupont ,      E.A Martel à Georges Girard en passant par Louis Balsan , Albert Carriere , Frédéric Hermet , l’abbé Bousquet , la revue “lou causse Negre , Sauvegarde du Rouergue .

Ce blog étant avant tout à caractère privé même s’il me plait de faire partager ce que je découvre sur la région que ce soit à la Société d’études à Millau , à la Société des lettres à Rodez ou dans des fonds d’archives aussi riches que variés de Millau à Paris en passant par Rodez , Cahors , Montauban , Montpellier , Toulouse et bien d’autres… on ne m’en voudra pas , je pense ,  d’un manque d’exhaustivité en matière de sources bibliographiques que je tiens de toute manière à disposition de qui le souhaiterait

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