SAINT-JEAN-DES-BALMES
Cette ancienne église paroissiale isolée en plein Causse Noir , à la croisée de sentiers de pays , autrefois annexe du prieuré du Rozier est accessible par la route départementale n° 39 au départ de Peyreleau.
Nul ne restera insensible à son charme qui se cache , non sans une certaine coquetterie , dans la solitude d’un amphithéâtre parmi les pins et les buis où elle se dévoile soudain sur fonds de rochers dolomitiques habillés d’un humble manteau de pins et de buis , immuable verdure qui souligne d’un trait sévère l’austérité du site propice à la méditation.
On vient à Saint-Jean-des-Balmes d’abord pour la poésie des lieux qui ne consentent à changer de parure que pour ceindre l’écharpe de sa majesté Hiver lorsque Dame Nature, tel un Magicien des Couleurs , imprime sur un film en noir et blanc toute la magnificence d’un lointain passé toujours omniprésent.
PEUPLEMENT :
Sorte de camp retranché habité par les peuplades primitives de la plus haute antiquité comme en témoignent des fragments de poteries dites celtiques , puis après les Gaulois , les Romains ont laissé des tuiles à rebord et également des poteries sammiennes
De grandes urnes découvertes dans trois stations romaines des environs dénotent la présence de stations de résiniers qui consistaient à extraire par combustion la poix des résineux était utilisée à différents usages : éclairage , calfatage des bateaux dans les ports de Sête et de Narbonne , luminaires des églises et chapelles , médicaments , etc .
Les brulâdes sont nombreuses qui se repèrent encore de nos jours à de larges cercles de teinte noiratres et vierges de végétation , la terre brulée ayant été rendue infertile du fait de la chaleur dégagée par la combustion
Le principe consistait à superposer deux urnes de grandes dimensions , l’une étant enfouie dans le sol et recouverte d’une grille , l’autre lui était superposée et donc au dessus du niveau du sol . Pour avoir une idée du dispositif imaginez deux pots de fleurs par exemple , coniques , de un mètre de hauteur et de quatre- vingt centimètres de diamètre et posés l’un sur l’autre .Celui du haut était troué au sommet pour l’échappement des gaz de combustion afin d’éviter la détérioration de l’ensemble du dispositif . Dans l’urne du haut étaient rassemblées les ramures de résineux ( pins sylvestres ) L’étanchéité du dispositif était assurée par un joint d’argile entre les deux urnes afin d’éviter les déperditions de chaleur . une brulâde était alors organisée autour du dispositif jusqu’à ce que la résine contenue dans les ramures fonde sous l’effet de la chaleur et s’écoule dans l’urne du bas à travers la grille qui faisait office de filtre des déchets de combustion
Carrefour de voies anciennes :
C’est à Saint-Jean-des-Balmesque se croisaient le chemin de Meyrueis à Millau et le chemin de l’Auvergne et le Causse de Sévérac auxCévennes par Mostuéjouls et PEYRELEAU
Le premier de ses chemins longe le bord septentrional du Causse noir, le sesond de l’Auvergne aux Pays transcévennols franchissait le Tarn à la barque du Rozier et la Jonte au pont de “CALLUC” 80muletsuniquement affectés au transport des marchandises étaient stationnés à Peyreleau
L’influence et les aides accordées par les seigneurs locaux ainsi que les fonds royaux permettaient d’entretenir ces voies de communication “les habitants de ces contrées au sol fort ingrat vivaient essentiellement de commerce ( procès-verbaux de l’Assemblée de Haute Guyenne 1780/1782 )
Ces chemins étaient empruntés par les dominateurs du Causse Noir : les ROUTIERS 1376/1379 , les protestants 1568 et plus tard les troupes du Duc de Rohan
Une autre invasion plus redoutable encore parce que permanente était celle des vagabonds et des mendiants dans ces déserts du Causse Noir où les habitants des fermes et maisons isolées vivaient dans la crainte de cette misère et nourrissaient ceux qui se présentaient souvent durant toute une journée avant de les congédier non sans leur avoir donner au préalable un gros morceau de pain
Il n’était pas rare alors que les femmes seules soient victimes de larçins
Dès lors dit notre historien A . MONTEIL dans sa “description de l’Aveyron ,” on ne doit pas être surpris que la main de la charité s’ouvre aussi facilement dans ce Pays”
UN ERMITAGE PRECEDA L’EGLISE
des vestiges situés a proximité et notamment un escalier taillé dans la roche ainsi que des ruines semblent corroborer cette hypothèse
LEGENDE RELATIVE A LA CONSTRUCTION DE L’EGLISE :
“les habitants des Balmes voulaient construire une église qui s’écroula par deux fois aussitôt construite , les bâtisseurs firent appel à un charroi et décidèrent dere-construire une troisième fois sur le lieu même où les boeufs s’arrêteraient . ce qui fut fait et lors du creusement des fondations on découvrit à l’endroit précis la sépulture du Saint ; dès lors tout s’expliqua et l’édifice reconstruit une troisième fois défie encore les siècles”
LES BALMES :
Mais d’où vient le nom des BALMES ?
-de Baoumes qui se trouvent à proximité ?
- d’un mas appelé “les Balmes”
Probablement des deux ! L’occitan BAUMA-BALMA signifie grotte , abri sous roche