Archive pour janvier 2008

LES D’ALBIGNAC ET LE TRIADOU A PEYRELEAU

Lundi 14 janvier 2008

Avant d’acheter la terre de Peyreleau , entre 1669 et 1699 , les barons d’Albignac s’intitulaient aussi marquis du Triadou et vicomtes de Castelnau .

Marquis du Triadou , car lorsque Pierre d’Albignac , II e du nom , quitta le château de Mostuéjouls pour aller s’installer à Peyreleau , les titres de la seigneurie appartenaient à la famille de Sévérac et de ce fait Pierre d’Albignac ne pouvait s’en prévaloir

Il habita d’abord une maison du village identifiée par les armoiries des d’Albignac gravées sur l’un des murs , à la fois à l’intérieur et à l’extérieur , à la difference près que le blason qui apparait à l’extérieur n’est pas le même que celui qui est visible de l’intérieur . Ceci s’explique très vraisemblablement par le jeu des alliances qui se sont nouées au cours des siècles entre les différentes branches .

Pierre d’Albignac était un jeune homme violent et audacieux qui ne connaissait d’autres droits que celui de la force , et qu’une vieille tradition représente comme livré à tous les débordements de la vie féodale

Aussi n’hésita-t’il pas à s’emparer hardiment , pour y construire les fondements de sa nouvelle demeure , d’un terrain appartenant aux moines du Rozier , moines bénédictins de l’abbaye d’Aniane du diocèse de Maguelone dans l’ Hérault , et qui avaient établi un prieuré à Entraygues ( Le Rozier) à la demande de l’évèque de Mende en Gévaudan : Aldebert Ier . Le prétexte invoqué fut que les moines mettaient quelque négligeance à s’acquitter de la tâche qui leur incombait , à savoir le bon fonctionnement du bac qui permettait de franchir la rivière du Tarn , qu’il était lui-même obligé d’y suppléer et qu’en conséquence il lui fallait une contre-partie . Par cette spoliation , Pierre d’ Albignac se rendait mettre d’un domaine sur lequel il allait construire , en 1470 , l’aile gauche du château , sassurant du même coup d’un titre que nul ne songerait à lui contester : Seigneur du Triadou

L’appellation vient du fait que ses sugets possédant , qui , quelques chèvres , qui , quelques moutons faisaient appel à un berger commun pour conduire les bêtes à la pâture commune elle-aussi , et qu’au retour il s’agissait du lieu ou étaient “triés” les animaux pour ètre rendus à leurs propriétaires respectifs

LA VIE DE MES ANCETRES DE 1400 à 1900

Mercredi 2 janvier 2008

C’est la découverte , il y a un demi-siecle , dans le grenier de la ferme familiale , de deux malles emplies de documents de toute sorte et de toute nature qui me permet de relater aujourd’hui non seulement la vie de mes aieux plusieurs siècles durant , mais également divers aspects de ce coin reculée du Rouergue ou je vécus durant toute mon enfance et ou je reviens 40 ans plus tard après un exil forcé , certes , mais qui eut entre autres avantages d’ouvrir mon esprit sur le monde , d’éguiser ma curiosité de sorte que lorsque je revins “au pays”mon désir de mieux le connaitre m’incita fortement à tenter d’en reconstituer l’ histoire et c’est ainsi que cette envie de savoir au départ assez diffuse devint une véritable passion et que dès lors je me mis à fréquenter assiduement archives , bibliothèques , sociétés “savantes” et à solliciter autour de moi , malheureusement un peu tard , toute personne suceptible de me renseigner sur un lointain passé . Par ailleurs mon gout inné pour l’Histoire m’amena très tot à m’interesser à des disciplines telles que l’archéologie , la spéléologie …ainsi qu’à la tradition orale qui , durant des siècles , fut le seul vecteur de la connaissance du passé . De ce dernier point j’avais eu l’occasion de prendre conscience lors de fréquents séjours pour des raisons professionnelles dans des pays et au contact de civilisations ou l’oralité tient encore une place importante dans la transmission du savoir , des coutumes ancestrales , de la vie sociale mais également de tous ces récits réels ou imaginaires , souvent à la limite du fantastique, mais qui dans tous les cas, participent de la vie avant la vie, permettant par la mème de remonter à de lointaines origines

J’ai par ailleurs été surpris de constater que de nombreux documents semblaient ètre de facture plutot administrative , eten les examinant de plus près , je constatais :

1- que de nombreux documents sont estampillés de la généralité de Montauban , ce dont je comprendrai plus tard le bien-fondé

2-qu’il y a de nombreux documents qui n’ont aucun rapport avec la famille , là encore, en les examinant de plus près , je constate, non sans surprise , qu’il sagit de documents officiels émanant de la commune et je ne comprends pas immédiatement le pourquoi de la présence de telles pièces en ces lieux privés

Ce n’est que quelques temps après que le lien de cause à effet m’effleure l’esprit , mais comme une possibilité éventuelle dont je n’ai alors pas le moindre début de preuve

Je savais que depuis plusieurs générations ma famille maternelle jouissait d’une certaine notoriété due vraisemblablement à l’importance des biens qu’ils possédaient et qui en faisait en quelque sorte des “notables ” locaux dont l’avis était souvent sinon pris en considération , du moins sollicité , le cas échéant lorsqu’il s’agissait de prendre des décisions importantes pour la communauté . D’autre part , comme dans les familles qui avaient les moyens d’en assurer la charge , les enfants qui montraient quelques dispositions pour les études étaient dirigés vers des institutions le plus souvent religieuses pour tenter de suivre une formation qui leur ouvrirait d’autres horizons . De toute façon il était hors de question qu’une progéniture importante puisse vivre sur les seuls revenus d’un domaine , aussi important fut-il…!

Je m’interrogeais alors sur les circonstances qui pouvaient ètre à l’origine de la présence de ces documents dans un lieu ou logiquement ils n’auraient pas du se trouver ; je voyais bien une explication plausible , mais encore fallait-il en administrer la preuve !

Mes grands-parents , arrière grands-parents et peut-ètre certains membres de générations antérieures semblaiet avoir jouer un role dans l’administration de la commune ; encore fallait-il s’en assurer ! je pris donc rendez-vous avec le premier magistrat et ensemble nous consultames les registres de la mairie et nous découvrimes en effet que certains de mes ancètres avaient à differentes époques contribuer à la gestion de la municipalité

Je tenais enfin l’explication à la présence de ces documents en un lieu inhabituel pour des pieces officielles :

A différentes époques et notamment au moment de la révolution ou de nombreuses archives furent disséminées , détruites, brulées ou simplement déplacées pour échapper au saccage , certains élus prirent la précaution de les mettre à l’abri et c’est ainsi que depuis plus de deux siècles une partie des archives de la commune avait échappé au désastre .

Il serait trop long de rendre compte ici de plusieurs centaines de délibérations , arrétés ….qui bien évidemment ont été, depuis lors, portés à la connaissance des autorités compétentes et pour certains réintégrés aux archives de la commune , ceci étant , nous avons là une mine de renseignements qui ne demandent qu’à restituer le passé ,mais qui représente un travail de longue haleine , la plupart des pièces étant rédigées en vieux français .

Par ailleurs , outre les lettres et autres documents se trouvaient dans ces malles un certain nombre de pièces précieuses et rares tel ce premier commentaire du code civil édité en1805 après qu’il eut été corrigé par BONAPARTE , CAMBACERES et LEBRUN

Je ne m’étendrai pas davantage pour l’instant sur ce dossier si ce n’est pour dire que l’ensemble de ces archives a échappé de peu à un bien funeste destin et que j’espère qu’après moi mes descendants s’y interesseront et auront à coeur de les réhabiliter .

Je voudrais toutefois remercier chaleureusement la Société d’ Etudes Millavoises ainsi que la Société des Lettres , Sciences et Arts de l’Aveyron qui m’ont admis parmi leurs membres actifs et sans les quelles je serai fort dépourvu pour réaliser ces recherches et tenter de les mener à bien .

J’ai pu également avoir accès à de nombreuses Bibliothèques ou sont conservés bien des fonds relatifs à differentes périodes de l’Histoire du Rouergue et du Gévaudan aux quels je consacre l’essentiel de mes recherches :

-Bibliothèque Nationale

-Bibliothèque Mazarine

-Bibliothèque de l’Arsenal

-Bibliothèque Sainte Geneviève

-Bibliothèque de la Sorbonne

pour ne citer que celles que j’ai fréquentées assiduement

Sans parler des Archives Départementales de Millau , Rodez , Mende , Montauban , Montpellier , Toulouse …….

Je voudrais à ce suget et à ce point de mon exposé dire que s’il est compréhensible , notamment pour des raisons de conservation , que ces fonds soient centralisés , il n’en demeure pas moins pour autant regrettable qu’ils soient d’un accès difficile pour les premiers interessés et que de très nombreux documents seraient valorisés par une meilleure connaissance et donc une plus grande proximité. Souhaitons que celles-ci soient rendues possible à l’heure de la numérisation et de la consultation à distance par internet .

Je ne cite donc pas mes sources au fur et à mesure de mon travail , mais il est clair que mis à part les documents personnels que j’ai eu , un jour , la chance de pouvoir rassembler , tout le reste de la documentation n’est que le résultat de mes recherches , et donc , de la compilation des travaux qui ont été très souvent traités par d’autres et aux quels je m’efforce d’apporter une touche personnelle chaque fois qu’il est possible ; mais que le lecteur éventuel ne s’y trompe pas: je ne revendique nullement la paternité de la totalité de ces travaux qui n’ont le mérite d’exister que parce que très souvent d’autres les ont écrits avat moi . Mon but n’est d’ailleurs pas de les publier , encore moins d’en tirer un profit mercantile quelconque , mais bien de rassembler des données sur notre passé commun afin de les porter à la connaissance du plus grand nombre de ceux que celà interesse .D’autre part il n’est pas inutile de préciser que toute cette documentation , en général très ancienne , d’une part appartient à notre patrimoine commun , et d’autre part est tombé depuis bien longtemps dans le domaine public . Il ne faut en conséquence n’y voir aucune atteinte à la propriété privée , mème si, ici ou là , certains peuvent ètre tentée de reconnaitre certains de leus écrits : une telle coincidence ne pourrait ètre que fortuite , indépendante de ma volonté et , dans tous les cas , totalement désinterressée .

Enfin et avant tout , c’est en pensant d’abord à mes enfants et à mes petits-enfants , en espérant qu’ils y trouveront quelque intérèt , que je réalise ce travail .

-L’AGRICULTURE :

La région est essentiellement agricole et par conséquent soumise au régime des biens immobiliers qui était pour la période considérée -XVe XVIIe siècles - le statut général de la TENURE ou PAGESIE

Si les hommes étaient libres ( ce qui n’était pas toujours le cas dans toutes les régions de France) tousles biens immobiliers étaient réputés relever du seigneur . Les exploitants les “tenaient” de celui-ci , à qui ils faisaient “reconnaissance” . Ils lui devaient un “cens” souvent symbolique et , en général , une part de récolte .

Dans le cours des temps , les seigneurs ont pu donner à bail l’ensemble des droits dont ils disposaient . Les paysans ont eu , alors , affaire avec des fermiers , souvent plus âpres au gain que les seigneurs , du fait de la précarité de leur situation et des charges auxquelles ils étaient assujettis

L’exploitant devait donner à l’ Eglise la onzième part de ses productions .

L’ELEVAGE :

C’était un élément essentiel pour la vie des exploitations quelle que soit leur importance . Le prix payé pour les peaux (par contrats conclus avec les mégissiers) s’appelait le CARNELAGE

Les autres produits issus de l’élevage étaient la viande pour les bêtes de boucherie , le lait , le fromage , la laine , le fumier

L’ARGENT , LE CREDIT :

La plupart des communautés étaient à peu près autosuffisantes , néammoins il leur fallait du numéraire qui était nécessaire , ne serait-ce que pour payer la TAILLE , cet impôt s’acquittant en espèces
Mais l’argent était rare . Nombreux étaient les emprunts
Le prêt à intérêt était officiellement interdit par l’Eglise , mais il existait de nombreux moyens de tourner cet interdit…Dans certains cas , le taux de l’intérêt était connu : au denier vingt : cequi faisait 5% , au denier seize , soit 6,25% , mais suivant l’urgence du besoin , les taux usuraires étaient pratiqués et acceptés
LA POPULATION , LES FAMILLES :
La population des diverses seigneuris nous est connue précisément grace aux convocations aux quelles procédaient les seigneurs auprès des chefs de famille pour recevoir leur reconnaissance
Certains actes familiaux , testaments entre autres , nous donnent la composition de ces foyers
Nous pouvons constater notamment , la présence très frèquente de quatre descendants parvenus à l’âge adulte , en moyenne , et très souvent de six de ces enfants .
Après la période noire : la Guerre de Cent ans , la région va se repeupler et il est fréquent alors de trouver des localités , au XVIIe siecle , regroupant plus de cinquante familles et trois cents habitants
L’HABITAT , LE MOBILIER , LE VETEMENT .
Les inventaires après décès , les contrats de mariage , etc , nous fournissent des informations très précises sur la vie et le quotidien des populations ; les biens et autres objets de la vie courante y sont décrits avec une précision étonnante quant à leurs caractéristiques diverses et variées .
LA RELIGION , L’ EGLISE
Les populations des plateaux sont souvent peu instruites et semblent avoir été très peu concernées par la prédication de la Réforme , pouvant aller jusqu’à la vérification de l’orthodoxie attestée par acte notarié
Le clergé catholique était nombreux ,bien que dans des situations très diverses . Sa formation était aussi fort inégale au moins jusqu’à la création des séminaires , à la fin du XVIIe siècle .
UNE RELATIVE PROSPERITE :
L’accroissement de la population et l’amélioration de l’habitat semble traduire une amélioration du niveau de vie durant cette période
Il est possible que l’isolement des campagnes hors des voies de communication les plus fréquentées ait protégé les populations rurales des grands fléaux qui ravageaient alors le pays , qu’il s’agisse des exactions perpétrés par les bandes de ROUTIERS , à la suite de la guerre de Cent ans , des combats issus des guerres de religion ou encore d’épidémies , telle la peste , qui sévissaient alors et pouvaient décimer des pans entiers de la population des lieux ou la concentration et la fréquentation de passage étaient des facteurs aggravants
J’ai néammoins retrouvé de nombreux testaments de personnes qui , se sentant atteinte du mal , étaient désireuses de dicter leurs dernières volontés , parfois même dans des situations qui pourraient paraître cocasses si elles n’avaient été dramatiques . De nombreux cas sont cités de personnes qui , se sachant touchées par le mal , faisaient appeler un notaire , le quel prenait bien soin de se tenir à distance suffisante pour ne pas risquer la contamination , par exemple sur la voie publique alors même que la personne atteinte était consignée chez elle , et de sa fenêtre , ou par tiers interposé , faisait connaître ses ultimes dispositions . Plusieurs documents attestent de la présence d’une bodomie sise au moulin de la Galinière au village de BOYNE
Mostuèjouls ou encore Liaucous semblent avoir été particulièrement frappés par le mal mais il est vraisemblable que toute la région ait été infestée à des degrés divers
Nous savons que l’une des épidémies de peste fut apporté par les armées du Duc de Joyeuse et que le mal se répandit rapidement d’une contrée à l’autre malgré les précautions prises pour éviter la propagation de l’épidémie
Nous savons par exemple qu’il était stictement interdit de franchir les limites séparant le Rouergue du Gévaudan , la limite étant la vallée de la Jonte qui sépare le Causse Noir du Causse Méjean . Un cordon sanitaire avait d’ailleurs été mis en place et nous savons également qu’un habitant du Causse Noir ayant tenté d’enfreindre l’interdiction le paya de sa vie
Les archives de l’époque montrent à quel point les dis positions prises étaint draconiennes . Ainsi il était interdit de franchir le pont qui enjambe la Jonte entre Le Rozier et Peyreleau et qui était d’ailleurs neutralisé par une barriere
Un document nous apprend qu’une habitante de Pailhas devant s’acquitter auprès du notaire dont l’étude se trouvait à Peyreleau d’une somme en numéraire se présenta du coté du Rozier devant la barrière qui séparait les deux localités et déposa son dû dans un récipient placé de l’autre coté et empli de vinaigre qui , on l’aura compris était censé désinfecter les pièces suceptibles d’ètre contaminés , et ce avant que le notaire n’en prenne possession .
Quant aux ROUTIERS, ils représentaient un véritable danger pour les populations notamment du Causse Noir ou ils se déplaçaient en bandes . Affamés , sans travail et par conséquent sans aucune ressource , ils n’hésitaient pas à se rendre dans les fermes , au mieux pour quémander quelque nourriture , mais il n’était pas rare que certains moins bien intentionnés n’hésitent pas sous la contrainte à s’en prendre aux biens et aux personnes Aussi les objets de quelque valeur et l’or en priorité étaient-ils soigneusement cachés . Une miche de pain était un moindre mal et nombreux étaient ceex qui s’en accomodaient . Toutefois il y avait parmi ces bandes de miséreux des individus aux moindres scrupules qui se livrèrent parfois à des exactions dont la seule motivation n’était pas la faim qui les tenaillait . Nous aurons l’occasion d’évoquer la fameuse bande des Brigands du Bourg qui se distinguèrent dans toute la région par leurs nombreux méfaits
De grandes compagnies , parfois appelées Ecorcheurs n’hésitaient pas à ruiner des campagnes , même après que le pouvoir royal dès 1430 ait tenté de rétablir l’ordre .
La GERRE DE CENT ANS avec les Anglais , s’éternisait ; même si les envahisseurs n’étaient plus dans nos régions , au grand soulagement des populations , il n’en restait pas moins pour autant de redoutables bandes de soldats pillards , essentiellement d’ailleurs des français qui n’avaient pas hésiter à se mettre aux ordres des envahisseurs et à combattre à leurs côtés , seul moyen de subsistance à leurs yeux , de sorte que lorsque les anglais quitterent le territoire , ily restait bien des bandes de soldats qui se transformèrent en pillards .Telle la bande de Rodrigue de Villandro qui , en Juin 1431 , écumait le Larzac , et à qui les villes qui redoutaient ses méfaits lui donnaient argent et vivres pour ne pas être inquiétées
Disons pour clore provisoirement ce chapitre des années sombres sur ces terres ingrates et difficiles , que les habitants ne connurent ,nous l’avons dit , une relative prospérité qu’au prix de leur acharnement au travail et de leur esprit d’économie .
LE POUVOIR ROYAL :
Par suite de la situation générale , la monnaie perdait chaque jour de sa valeur , c’était la faillite monétaire .
Le marc d’argent passit ainsi d’une valeur de 9 livres au début du siècle à 90 livres en 1422 , pour atteindre 216 livres en 1439
Les Etats provinciaux à qui le roi demandaient des subsides rechignaient à accorder de l’argent au pouvoir central , d’ou les soucis financiers croissants du souverain
On n’était guère mieux pourvu dans d’autres domaines :
La famine sévit en1432 . Ala même époque de nombreux pillages de troupeaux entrainent une forte augmentation du prix de la viande .
Ce n’est que les dernières conséquences de la guerre de cent ans se seront éloignées que le cheptel pourra ètre reconstitué
La peste va frapper les villes d’autant plus durement que la misère est générale et que les produits alimentaires sont trèe rares
Après 1437 et le traité d’Arras scellant la réconciliation entre le duc de Bourgogne , principal allié des Anglais , et le roi CharlesVII , la situation va quelque peu s’améliorer .Le roi , rentré à Paris en 1437 , aura le souci d’affermir son pouvoir
Dès cette année là il crée la Cour des Aides du Languedoc dont la compétence s’étendra également au Quercy et au Rouergue . En 1467 le roi Louis XI en fixera le siège à Montpellier . Plus tard sera créée la Cour des Aides de Montauban dont relèveront alors le Quercy et le Rouergue
En 1436 le roi tentera de revenir à une monnaie stable , mais l’icertitude des temps ajoutée à la pesanteur des habitudes fera que l ‘or gardera la préférence par rapport à l’argent dans l ‘ esptrit des gens qui ont du mal à se départir d’une certaine défiance
L’ordonnance d ‘Orkéans de 1439 instituera l’armée permanente et , par voie de conséquence, la créationn d’un nouvel impot la taille destiné à financer les armées
Mais il ne suffit pas de décider d’un nouvel impôt , encore faut-il pour qu’il fasse renter dans les caisses de l’état suffisamment d ‘ argent pour financer le projet qui lui a été assigné qu’il dispose d ‘une assiette correcte
Pour ce faire et par lettr du 4 janvier 1447 , le roi Charles VII va charger l’évêque de Carcassonne d’une mission délicate et de confiance :
Rescencer , voir et visiter tous les feux du PAYS DE ROUERGUE , s’informer du nombre des habitants ainsi que de s capacités contributives de chacun
La région était en effet jusqu’alors placéesous le régime de la taille réelle , c’est à dire perçue sur les biens alors que dans d’autres régions l’assiette était établie selon le régime de la taille personnelle c’est à dire levée sur les personnes
Charles VII se préoccupa , également , de remettre en vigueur les droits administratifs que les périodes de troubles et de guerres avaient désorganisé . A cet effet il députa des commissaires pour recevoir hommage et reconnaissance de la part des seigneurs de tout ce qu’ils détenaient du roi à fief franc , noble et honoré dans leur mandement
Dans le même temps le roi va s’éfforcer de restaurer son autorité vis à vis des seigneurs féodaux récalcitrants .
En 1444 il va entrer en lutte avec Jean IV , comte d ‘Armagnac , pour le déposséder des droits régaliens dont ce dernier continue à user , malgré la défense qui lui en a été faite . Charles d’Armagnac ,vicomte de Creyssels , se révoltera contre Louis XI , de même que son frère Jean V comte de Rodez . Charles s’emparera alors du château de Saint-Véran appartenant à Jean de Montcalm . Mais , en 1469 , il sera fait prisonnier et embastille
Au prix de bien des combats , de quelques exécutions capitales le roi pourra enfin , aux Etats Généraux de Tours , en 1484 , considérer que son autorité est restaurée , même si des véellités d’insoumission se feront encore jour
Rappelons enfin en quoi consistait la régale ; il s’agissaitd’un droit que s’attribuait le roi de prendre du TEMPOREL des évêchés pendant la vacance du siège et de procéder lui-même aux nominations , et ce aux bénéfices et cures qui en dépendaient . Les rois de France prétendaient disposer de ce droit depuie le règne de Philippe Auguste .
Le roi Charles VII se soucia , également , de limiter l’intervention de la papauté dans les nominations d’évêques et d’abbés en France . Dans ce but il institua , en 1438 , la pragmatique sanction de Bourges
Outre le droit que le souverain voulait avoir sur les nominations des évêques et des abbés , il instituait les annates qui désignait le versement effectué au Saint- Siège , par celui qui venait d’être pourvu d’un bénéfice ecclésiastique , d’une année de ce bénéfice
C ‘était s’immiscer dans la trésorerie de la papauté alors qu’elle venait déjà d’ètre limitée dans ses prérogatives .
Or, les besoins d’argent de la Curie romaine allaient croissants , d’ou une lutte por faire revenir le roi sur sa décision .
Finalement ce sera Louis XI qui , constatant que les nobles et les ecclésiastiques français avaient été confortés dans leurs bénéfices , alors même qu’ il tendait , au contraire , à réduire les prérogatives féodales , annulera cette pragmatique sanction .
Si , ainsi , le roi s’efforçait d’établir un pouvoir centreal fort et pourvu de finances saines , il faut dire que le calme ne régnait pas encore de façon définitive dans les campagnes. Celles-ci voyaient trop souvent de grandes compagnies les ruiner .
Après la guerre étangère , puis les pillards , les paysans eurent à souffrir des opérations engagées par le roi contre ses vassaux rebelles . Certains villages demandèrent , et obtinrent , l’autorisation de bâtir de nouvelles fortifications au XVesiècle pour assurer la protection des populations et des biens
On peut considérer que ce n’est qu’au milieu du XVe siècle que le calme revint de façon durable , et ce jusques aux guerres de religion .
Dès lors , on peut considérer que la population se remet à croitre vers 1450 , année ou elle atteint son plus bas niveau et que dès lors la prospérité ira, croissant
Cette reprise de l’activité , après la désertion de certains manses , due à la guerre , aus épidémies de peste , ne pouvait se faire que sur des bases nouvelles .
La réserve qui était la partie du domaine que le seigneur exploitait directement diminua , les redevances durent être modérées .
La taille :
Cet impôt constituait l’essentiel des ressouces du budget royal . A la mort de Louis XI , en 1483 , celui-ci était de
100.000 livres par le produit du domaine royal ,
655.000 livres par les aides et la gabelle ,
3.900.ooo livres par la taille,
Il était perçu , obligatoirement , en argent et non pas en nature comme le cens ou la dîme ,
Le paiement de l’impôt contrignait donc le villageois à effectuer quelques ventes pour se procure ce numéraire ou, s’il n’avait rien à vendre , à louer ses bras pour quelques journées afin de toucher un salaire .
Le Rouergue était compris dans la généralité de Guyenne , elle même composée de quatr provinces :
l’ Agenais - le Périgord - le Quercy - le Rouergue
En 1542 le siège de la Généralité était fixé à Agen ;il fut transféré à Montauban ou il se trouvait encore à la fin du XVIIe
Le Rouergue était divisé en trois “élections” :
-le Bas-Rouergue , autour de Villefranche
-le Comté de Rodez
-le Haut-Rouergue , autour de Millau
La sénéchaussée de Rouergue avait été fixé , en 1369 , par Charles V , à Villefranche qui était et qui resta la capitale judiciaire de la province
L élection était une circonscription administrative qui , entre autres fonctions , répartissait entre les paroisses le montant à percevoir pour le pouvoir central ,  mais les membres de cette  élection n’étaient pas des “  élus ” mais bien des fonctionnaires royaux qui avaient acheté leur charge et dont on pouvait à tout le moins douter de l’impartialité  qu’ils mettaient à accomplir une mision qu’ils avaient sollicitée
 
L’ IMPOT  PERCU AU PROFIT DU POUVOIR ROAL :
 
Il s’agissait essentiellement de la  TAILLE  destinée  à l’entretien de l’armée royale , et qui avait été créée en  1439 .
Elle était basée sur le “compoix” , registre cadastral qui permettait d’ établir pour chaque ” taillable” la part qui lui incombait du montant  dévolu à chaque paroisse
 
Mais , auparavant , la Généralité de Guyenne procédait à une répartition de l’impôt entre ses quatre provinces A l’origine les quatre parts étaient réparties équitablement , mais très vite des réclamations s’élevèrent et dès 1532 le ROUERGUE prétendit supporter une trop lourde part
Le 27 Novembre 1549 un syndic fut chargé e défendre ses intérêts face aux trois autres provinces de la Généralité . Des investigations furent alors menées dans chaque province , s’appuyant sur des témoignages de personnes autorisées telles que des marchands , des artisans  , des professionnels itinérants …