Ces quatre Causses sont rattachés à deux régions administratives : Languedoc-Roussillon , Midi-Pyrénées et quatre départements : Lozère , Gard , Aveyron , Hérault et ont de ce fait des spécificités géologiques et géographiques en mème temps que des differences climatiques , botaniques …. donc des économies diversifiées
Un lieu commun consiste à dire qu’il sagit là d’immenses étendues stériles , désertiques , incultes ….ou rien ne pousse !!!
Ce qui est en grande partie une contre-vérité Il est vrai que ces immenses plateaux à la population clairsemée peuvent donner de prime abord une impression de désolation et de solitude extrèmes .
Une impression d’uniformité aussi ! Et pourtant chacun d’eux possède des similtudes certes , mais également des caractéristiques qui lui sont propres .
Concernant la prétendue stérilité de ces terres tout d’abord : ce n’est trés souvent qu’un leurre et il suffit pour s’en convaincre de constater que de grandes étendues jusque là envahies par la lande deviennent en peu de temps , par exemple , des prairies verdoyantes
Mais alors , me direz - vous , pourquoi de telles surfaces ne sont-elles pas exploitées ?
Il y a diverses raisons à celà et nous allons tenter de cerner cette question et de lui apporter un certain nombre de réponses
Tout d’abord il est vrai que la nature des sols ne peut pas laisser espérer des rendements analogues à ceux que l’on obtient dans d’autres régions ; nous sommes ici dans un milieu karstique ou la roche calcaire est omniprésente et trés souvent “à fleur de peau” . Entendez par là que la pierre partout affleure et ne laisse au couvert végétal qu’un espace infime et vous comprendrez aisément qu’il est trés difficile d’ensemencer dans de telles conditions
Et pourtant force est de constater que nos ancètres savaient tirer profit de ces terres ingrates !
Celà nécessitait toutefois un préalable que nous avons tendance à ignorer malgré les moyens techniques dont nous disposons et qui pourtant faisaient défaut à l’époque .
Il y a un demi-siecle encore , cultiver une parcelle supposait un préalable : retirer une à une toutes les pierres dont le sol était jonché ; ce travail ingrat et harassant était souvent le lot des femmes et des enfants qui ne disposaient que de leurs bras pour débarrasser les sols de multitudes de cailloux qu’ils entassaient en bordure des champs , amoncellements qui sont à l’origine de ce que nous appelons aujourd’ hui des “clapas” ou des “pierriers”
De nos jours, cette mème opération est nécessaire pour qui veut transformer une lande en terrain cultivable ; à une difference prés, toutefois , mais elle est de taille : c’est que nous disposons à notre époque de moyens mécaniques tres performants et qui , en une journée , exécutent un travail qui autrefois demandait des semaines
Ces moyens consistent en d’énormes machines qui au passage happent les pierres qui passent ensuite dans des broyeurs pour en bout de chaine retomber sur le sol à l’état de poussieres rapidement absorbées par la terre environnante ; la parcelle est ainsi dégagée de tout obstacle à l’ensemencement par exemple , d’orge , de blé , d’avoine…..
Voyions maintenant la nature des sols : les causses (du latin : calx ) sont des formations de calcaire jurassique (nous reviendrons sur cette notion lorsque nous aborderons l’aspect géologique)
Les sols proviennent de la désagrégation plus ou moins prononcée des calcaires ; on peut les classer en trois catégories :
1- Les terres dolomitiques appelées localement “terres à lapins” , de peu de valeur , généralement boisées et qui comportent souvent de trés beaux sites classées et protégées : ainsi Montpellier leVieux sur le Causse Noir ou encore Nimes le Vieux sur le Causse Méjean, pour ne citer que les plus grandioses et qui sont d’ailleurs exploités au plan touristique
2-Les terres rouges , qui occupent les fonds ou dépressions naturelles du relief .Appelées sotchs ou dolines , ces “cuvettes” en forme “d’entonnoirs ” résultent d’une décalsification plus ou moins avancée ;ces terres sont de bonne qualité ; le seul facteur limitant leur productivité en est leur trop faible épaisseur , ce qui limite plus ou moins la productivité selon les cultures soumise de plus aux aléas de la sècheresse , problème particulièrement sensible de la perméabilité des sols (question que nous traiterons au chapitre “géologie”)
3- Les terres argilo-calcaires , qui couvrent la majeure partie des étendues caussenardes dénudées et semées de cailloux
Notons également que certains sols particulièrement pierreux , sont bons , mais la vie microbienne y est insuffisante , car freinée par le climat rigoureux .Toutefois , ce défaut peut ètre corrigé en activant la vie microbienne par l’amélioration des méthodes culturales , par exemple , l’entrée de prairies temporaires dans l’assolement et les apports de fumier qui donnent “du corps” à la terre et permettent, ensuite , une valorisation correcte de la fertilisation aux engrais chimiques
Nombre de caussenards , plus éleveurs qu’agriculteurs , prennent conscience des efforts considérables à réaliser pour améliorer la qualité des travaux superficiels de leurs sols .
Mais les engrais chimiques ne constituent pas la panacée car s’ils participent incontestablement de la fertilisation des sols , leur usage mal controlé peut se révéler néfaste pour l’environnement et notamment pour la qualité des eaux des rivières qui coulent en contre-bas dans les vallées ; n’oublions pas que nous sommes sur des sols extrèmement poreux en zone karstique et que de fortes précipitations comme il s’en produit fréquemment , notamment en automne , infiltrent tres rapidement les sols et par les réseaux souterrains gagnent les rivières .
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