Archive pour novembre 2007

LE PAYSAGE DES CAUSSES

Vendredi 30 novembre 2007

La hampe étoilée de jaune d’un sédum , les boules bleues hérisées de piquants d’un chardon , la tete mauve pale d’une scabieuse , ou les feuilles finement découpées de l’Adonis printanier à moins que ce ne soit , ondulent au vent qui règne toujours sur ces solitudes , les plumets soyeux de la stipa pennée , la fleur jaune du chardon couronnée de ses feuilles d’acanthe , les taches d’or légèrement rougeatres du lotier corniculé ou la grappe rose pourpre des fleurs de l’anthyllis des montagnes , les touffes d’un bleu gris de la lavande illuminent les serres et les combes . A l’automne , l’argile frichement retournée inscrit sur le paysage des taches d’un rouge brique vétues de la livrée d’un banc grisatre des SERRES . L’été entre les croupes chauves , les COMBES s’animent sous l’ondulation blonde des moissons d’orge et de blé barbu qui alterne en une magnifique coulée de verdure des sainfoins ou des luzernières et, posés ici et là par le labeur de l’homme veillent des CLAPAS , tels des sentinelles qui, de loin en loin , montent la garde , vigilentes comme à la parade au bel ordonnancement que rien ne saurait déranger . Les lignes à perte de vue se dérobent soudain au regard et plongent dans de petites dépressions que rien ne laissait deviner . Véritables oasis ce sont les SOTCHS , petits ilots de verdure qui abritent des cercles de luzerne à moins que ce ne soit quelque parcelle de pommes de terre que le vent ne viendra pas déranger .

LES CAUSSES MAJEURS

Jeudi 29 novembre 2007

Ces quatre Causses sont rattachés à deux régions administratives : Languedoc-Roussillon , Midi-Pyrénées et quatre départements : Lozère , Gard , Aveyron , Hérault et ont de ce fait des spécificités géologiques et géographiques en mème temps que des differences climatiques , botaniques …. donc des économies diversifiées

Un lieu commun consiste à dire qu’il sagit là d’immenses étendues stériles , désertiques , incultes ….ou rien ne pousse !!!

Ce qui est en grande partie une contre-vérité Il est vrai que ces immenses plateaux à la population clairsemée peuvent donner de prime abord une impression de désolation et de solitude extrèmes .

Une impression d’uniformité aussi ! Et pourtant chacun d’eux possède des similtudes certes , mais également des caractéristiques qui lui sont propres .

Concernant la prétendue stérilité de ces terres tout d’abord : ce n’est trés souvent qu’un leurre et il suffit pour s’en convaincre de constater que de grandes étendues jusque là envahies par la lande deviennent en peu de temps , par exemple , des prairies verdoyantes

Mais alors , me direz - vous , pourquoi de telles surfaces ne sont-elles pas exploitées ?

Il y a diverses raisons à celà et nous allons tenter de cerner cette question et de lui apporter un certain nombre de réponses

Tout d’abord il est vrai que la nature des sols ne peut pas laisser espérer des rendements analogues à ceux que l’on obtient dans d’autres régions ; nous sommes ici dans un milieu karstique ou la roche calcaire est omniprésente et trés souvent “à fleur de peau” . Entendez par là que la pierre partout affleure et ne laisse au couvert végétal qu’un espace infime et vous comprendrez aisément qu’il est trés difficile d’ensemencer dans de telles conditions

Et pourtant force est de constater que nos ancètres savaient tirer profit de ces terres ingrates !

Celà nécessitait toutefois un préalable que nous avons tendance à ignorer malgré les moyens techniques dont nous disposons et qui pourtant faisaient défaut à l’époque .

Il y a un demi-siecle encore , cultiver une parcelle supposait un préalable : retirer une à une toutes les pierres dont le sol était jonché ; ce travail ingrat et harassant était souvent le lot des femmes et des enfants qui ne disposaient que de leurs bras pour débarrasser les sols de multitudes de cailloux qu’ils entassaient en bordure des champs , amoncellements qui sont à l’origine de ce que nous appelons aujourd’ hui des “clapas” ou des “pierriers”

De nos jours, cette mème opération est nécessaire pour qui veut transformer une lande en terrain cultivable ; à une difference prés, toutefois , mais elle est de taille : c’est que nous disposons à notre époque de moyens mécaniques tres performants et qui , en une journée , exécutent un travail qui autrefois demandait des semaines

Ces moyens consistent en d’énormes machines qui au passage happent les pierres qui passent ensuite dans des broyeurs pour en bout de chaine retomber sur le sol à l’état de poussieres rapidement absorbées par la terre environnante ; la parcelle est ainsi dégagée de tout obstacle à l’ensemencement par exemple , d’orge , de blé , d’avoine…..

Voyions maintenant la nature des sols : les causses (du latin : calx ) sont des formations de calcaire jurassique (nous reviendrons sur cette notion lorsque nous aborderons l’aspect géologique)

Les sols proviennent de la désagrégation plus ou moins prononcée des calcaires ; on peut les classer en trois catégories :

1- Les terres dolomitiques appelées localement “terres à lapins” , de peu de valeur , généralement boisées et qui comportent souvent de trés beaux sites classées et protégées : ainsi Montpellier leVieux sur le Causse Noir ou encore Nimes le Vieux sur le Causse Méjean, pour ne citer que les plus grandioses et qui sont d’ailleurs exploités au plan touristique

2-Les terres rouges , qui occupent les fonds ou dépressions naturelles du relief .Appelées sotchs ou dolines , ces “cuvettes” en forme “d’entonnoirs ” résultent d’une décalsification plus ou moins avancée ;ces terres sont de bonne qualité ; le seul facteur limitant leur productivité en est leur trop faible épaisseur , ce qui limite plus ou moins la productivité selon les cultures soumise de plus aux aléas de la sècheresse , problème particulièrement sensible de la perméabilité des sols (question que nous traiterons au chapitre “géologie”)

3- Les terres argilo-calcaires , qui couvrent la majeure partie des étendues caussenardes dénudées et semées de cailloux

Notons également que certains sols particulièrement pierreux , sont bons , mais la vie microbienne y est insuffisante , car freinée par le climat rigoureux .Toutefois , ce défaut peut ètre corrigé en activant la vie microbienne par l’amélioration des méthodes culturales , par exemple , l’entrée de prairies temporaires dans l’assolement et les apports de fumier qui donnent “du corps” à la terre et permettent, ensuite , une valorisation correcte de la fertilisation aux engrais chimiques

Nombre de caussenards , plus éleveurs qu’agriculteurs , prennent conscience des efforts considérables à réaliser pour améliorer la qualité des travaux superficiels de leurs sols .

Mais les engrais chimiques ne constituent pas la panacée car s’ils participent incontestablement de la fertilisation des sols , leur usage mal controlé peut se révéler néfaste pour l’environnement et notamment pour la qualité des eaux des rivières qui coulent en contre-bas dans les vallées ; n’oublions pas  que nous sommes sur des sols extrèmement poreux en zone karstique et que de fortes précipitations comme il s’en produit fréquemment , notamment en automne , infiltrent tres rapidement les sols et par les réseaux souterrains gagnent les rivières .

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LA POIX DES GRANDS CAUSSES : DES CENTAINES D’EXPLOITATIONS

Mercredi 28 novembre 2007

Les Grands Causses étaient à l’époque gallo-romaine couverts de pins sylvestres , sur une surface évaluée à 50000 hectares Nous savons que ces arbres une fois abattus et ébranchés sur place étaient acheminés le long des pentes et jusqu’aux rivieres par un procédé inspiré du schlittage sans pour autant nécessiter l’usage de la schlitte . La forte déclivité des pentes suffisait par un effet d’entrainement naturel à faire glisser les troncs le long de ravins appelés parfois “ravin des poutres” tout comme il existait des “ravins des meules” destinés à un autre usage , et dont nous aurons l’occasion de reparler. Dans le cas du bois , il n’était pas rare que des engorgements se produisent le long des pentes lorsqu’un fut était mal engagé . La méthode utilisée alors pour désengorger et libérer le passge consistait à précipiter sur la pente les troncs les plus lourds que l’on prenait soin de garder en réserve . Le flottage sur les rivières prenait ensuite le relais pour l’acheminement du bois jusqu’aux atelirs de fabrication de poteries ou il était utilisé pour le chauffage des fours de cuisson de la céramique sigillée

Une activité annexe à cette exploitation sylvestre a parallèlement été trés pratiquée sur les Causses par les “Résiniers”

Voyions maintenant en quoi consistait l’activité des “résiniers” ?

Une fois les troncs des pins évacués , il restait sur place les branches émondées dont il fallait extraire la poix (résine)

Comment procéder les Résiniers pour pratiquer cette extraction ?

Nous le savons grace , en grande partie , à l’archéologie qui a permis d’identifier sur les Causses Majeurs des centaines de “picaria” , les ateliers d’extraction

Le procédé utilisé était le suivant pour autant qu’il ait pu ètre reconstitué d’aprés les vestiges qui ont été découverts :

Les résiniers disposaient de deux urnes tronconiques de 65 cm à 105 cm de hauteur et dont le diamètre d’ouverture pouvait varier de 55 cm à 90 cm . L’une des urnes , celle du bas , était enterrée dans le sol dépassant de celui-ci d’environ quelques 5 cm ; appelons-la, pour la compréhension du dispositif : l’urne B comme BAS .L’urne B était recouverte d’une grille jouant le role de filtre . L’autre urne que nous appelerons H comme HAUT lui était superposée et renversée sur l’urne  B, ouverture contre ouverture comme pourraient l’ètre deux pots de fleurs de grandes dimensions

L’urne H était garnie de branches de pin soigneusement disposées . Le joint entre les deux urnes était soigneusement colmaté au moyen d’un bourrelet d’argile afin d’éviter les déperditions de chaleur . L’urne H comportait à son sommet un orifice qui permettait aux gaz de combustion de s’échapper , sinon , la pression aurait fait exploser le dispositif .

Des branchages étaient alors disposées tout autour de l’urne H le long de la paroi et étaient enflammés constituant ce que l’on appelait une “BRULADE” jusqu’à obtention d’une température nécessaire et suffisante à la fusion de la poix qui s’écoulait dans l’urne B en mème temps que les vapeurs qui s’y déposaient et s’y condensaient cependant que la grille retenait les impuretés dues à la combustion L’eau plus légère que la résine , s’évacuait alors par une ouverture latérale pratiquée dans l’urne B . Ainsi pouvait-on récupérer la poix , apres refroidissement de l’ensemble , dans l’urne du bas

Chaque opération nécessitait environ 1 h 30 et l’on comprends désormais que la répétition de ces opérations en un mème lieu ait laissé des traces encore visibles 2000 ans plus tard Certaines de ces “brulades” sont d’ailleurs restées depuis en l’état et il ne fait aucun doute qu’une fouille révèlerait de nos jours encore des vestiges significatifs de l’activité des “résiniers” qui a perduré durant des millénaires

Quels pouvaient ètre les usages issus de la distillation de la poix ?

Ils étaient nombreux , divers et variés .

La poix noire était acheminée vers les ports de Sète et de Narbonne ou elle servait au calfatage des bateaux ; de nos jours les coques égratinées sont réparées à l’aide de produits synthétiques , il n’y a pas si longtemps c’était le goudron qui étaitutilisé à cet effet . A cette époque on utilisait la poix , à la fois pour le calfatage , mais également pour enduire les cordages de manière à les rendre plus souples et imputrescibles .La poix noire était aussi utilisée pour enduire l’intérieur des amphores et des tonneaux afin de les étanchéifier : la production de vin de la Narbonnaise en était nécessairement consommatrice .

Pline reconnaissait à la poix la plus fine , associée à d’autres plantes , des vertus antiseptiques  pour la dermatologie , la gynécologie , lzs affections respiratoires , mais aussi pour les animaux : “avec l’encens , la cire de poix , ou avec l’huile de poix , ( l’ellébore noir) était connu pour soigner la gale ds quadrupèdes ”

Plusieurs centaines d’ateliers d’extraction ont ainsi été localisés  sur les Causses  NOIR , MEJEAN , SAUVETERRE , LARZAC , ce qui indique bien la vitalité de cette activité économique  ,  surtout si l’on tient compte du fait que tous les sites exploités alors n’ont pas été identifiés  et reconnus  .

LA CULTURE DU LIN ET SES APPLICATIONS A L’EPOQUE GALLO-ROMAINE

Mercredi 28 novembre 2007

La culture de cette céréale nous est connue par les textes anciens . Pline nous renseigne sur les capacités des Rutènes à pratiquer cette agriculture et à en utiliser le produit : “Mais ce sont bien toutes les Gaules (…) les Cadurciens , les Calètes…et autres peuplades gauloises qui sont initiées au tissage des voiles ” Ensuite , Pline décrit minutieusement la nature du végétal , la manière de le semer , les differentes espèces qu’il convient d’utiliser selon la nature des sols ensemancés , la préparation , la teinture….Mème si aucune installation assimilable n’a jamais été localisée sur le territoire des Gaules , pour autant l’énorme quantité de fil nécessaire au seul tissage des voiles a obligatoirement dépassé le stade d’une simple activité domestique . les centaines de pesons livrés par certains sites semblent le confirmer et , à tout le moins contraignent à s’interroger sur la nature de l’activité qu’ils induisent

La métallurgie des sidérolithes à l’époque gallo-romaine

Mercredi 28 novembre 2007

Si la production considérable de poteries peut apparaitre comme une mono-industrie pour les milliers de gallo-romains , à travers les Causses , pour autant cette activité était loin d’ètre la seule pratiquée à cette époque et ne saurait nous faire oublier outre les céramiques sigillées que les artisans  et marchands de centres importants tel “le marché du confluent” , carrefour d’échanges  alors relié à d’autres agglomérations elles-mèmes trés actives connaissait aussi la poix extraite des pins des forets de résineux trés présents sur les plateaux , le travail du métal et en particulier du fer , les étoffes ,  notamment le lin  ,  le chanvre mentionnées dans les écrits de Pline et de Strabon et qui constituaient des réalités économiques

En effet , au Sud , une “société des mines d’argent des Rutènes” est attestée par l’épigraphie dans la vallée de l’Orb pour les métaux précieux . Le cuivre et le fer , nous sont , eux , connus par  l’archéologie . Du premier métal nous ne connaissons que la production . Du second nous sont parvenus de nombreux ateliers , et le dispositif de grillage du minerai , obtenu par la collecte de sidérolithes trés présents dans les formations argileuses ferrugineuses en placages ou en poches dans les calcaires issus d’anciens sols riches en fer . Là ,  ou la nature des terrains  en a permis la conservation , les outils , les éléments de construction et les objets de la vie quotidienne retrouvés en abondance sur certains sites nous confirme l’importance de ces ateliers et par là-mème de l’activité économique qui en découlait

L’activité économique sur les causses à l’époque gallo-romaine

Mardi 27 novembre 2007

Outre les poteries sigillées , l’activité économique basée sur les ressources naturelles de nos Causses mais aussi des Vallées était diversifiée : métallurgie , poix , tissage,  bien avant la conquète romaine . toutes ces productions ont transité , à travers nos Causses , sur des chariots ou à dos de mulets , jusqu’à la Narbonnaise au sud , et vers les terres des puissants Arvernes au nord

La voie du sud prolongeait la Via Domitia , empruntant le Causse duLarzac , jusqu’à Rodez , Segodunum , chef-lieu de la cité des Rutènes , étape importante sur la voie transversale qui reliait Lyon à Bordeaux. Cet axe important était complété à Milau par deux autres voies diagonales  , l’un provenant de Nimes , l’autre reliant ,  par le col d’Engayresque , Sévérac , Banassac , site important d’ateliers de poteries sigillées et Javols , alors Andéritum , capitale des Gabales

L’EDUCATION DU VER A SOIE DANS LA VALLEE DU TARN

Mardi 27 novembre 2007

L’éducatin du ver à soie dans la vallée du Tarn du 17 au 19 e siècles a fait l’objet d’une communication dont le texte peut ètre consulté sur simple demande au 05 65 62 67 19

Les d’Albignac et le Triadou à Peyreleau par André Arnal

Mardi 27 novembre 2007

Une conférence ayant pour thème : Les d’Albignac et le Triadou à Peyreleau , par André Arnal sera présentée le samedi 12 Janvier Pour plus d’informations  : 05 65 62   67  19

Prix François Fabié

Mardi 27 novembre 2007

A l’initiative de la Société d’Etudes Millavoises et avec l’ accord de l’Education  Nationale qui accepte de nous préter son concours , une relance du prix François Fabié est en cours dans les écoles de la circonscrption de Millau-ville et des localités avoisinnantes  . Une invitation à participer à des travaux dirigés autour de l’oeuvre du poète rouergat bien connu et ce , sous la conduite des enseignants qui répondront favorablement à cette invitation  , a été envoyée aux chefs d’établissements  .  Les premieres réponses sont en cours de dépouillement ;nous ne manquerons pas de vous tenir informés des suites données à ce projet

La Société d’Etudes Millavoises .

A ELISE ET LAURENT

Samedi 24 novembre 2007

L’ardeur de nos souhaits aux fastes de ce jour ,

De son sincère élan lève nos coupes pleines ,

Pour que vous , nos enfants , en vos àmes sereines ,

Cultiviez le bonheur au jardin de l’amour

Amour ! Strophe éternelle en rythme de poème

Scandé par le désir et le rève à la fois ,

Par le charme intime des mots soufflés à demi-voix

En prose ou bien en vers , mais toujours que l’on aime .

Amour ! douce berceuse et suave musique ,

Clair arpège d’un rire , trille d’un baiser ,

Leimotif ou palpite un voeu réalisé

Andante langoureux ou largo épique .

Amour ! que ce talentueux et délicat artiste ,

De musique et d’art neuf tisse vos lendemains ,

Que toujours la tendresse vous assiste

Que l’humour et la joie fleurissent votre destin

Amour ! qu’Eros et Vénus en soient vos gardiens ,

Criez votre bonheur et donnez vous la main ,

Marchez au mème rythme sur le mème chemin

Sous les yeux émerveillés de notre petit Adrien

André Arnal .