PRIX FRANCOIS FABIE

14 avril 2008


Organisée par la Société d’Etudes Millavoises avec le concours de l’Inspection Départementale de l’Education Nationale , des écoles de la circonscription , de l’amicale des Aveyronnais de Paris , de l’association MYRIADE

Illustration par les enfants scolarisés dans le cycle élémentaire de poèmes de François FABIE et/ousur le thème des moulins

Visite pour les enfants de MYRIADE du musée François FABIE au Moulin de Roupeyrac à DURENQUE

Présentation du poète , de sa vie , de son oeuvre .

Jury et remise des prix .

Edition d’un C.D des illustrations proposées

Rappel de l’ hommage rendu à l’ASSEMBLEE NATIONALE le 12 Avril à

François FABIE : un poète de clocher à Paris ,

A l’initiative des députés de l’ Aveyron , de l ‘Amitié François FABIE , de la Fédération Nationale des Amicales Aveyronnaises , du Syndicat d’Initiatives de Durenque

pour fêter le centenaire du départ de Paris , de François FABIE qui se retire à La Valette du Var

François Fabié

François Fabié est né le 3 novembre 1846, au moulin de Durenquae près de Rodez dans l’Aveyron . En 1865 après une brillante scolarité à l’école primaire du village puis à Rodez où il fait ses études secondaires, il est reçu premier au concours d’entrée à l’Ecole Normale d’Instituteurs .Brillant élève il est remarqué par Vitor Duruy, ministre de l’Instruction publique , qui le désigne pour être formé comme professeur d’enseignement secondaire spécial . En1872 il prend son premier poste à Toulon . En 1876 il réussit l’agrégation . En même temps le poète se révèle en disant ses poèmes aux séances de l’Académie du Var .En 1879 , il fait paraître son premier recueil , la Poésie des Bêtes ,où il développe déjà le thème du pays natal, sujet qui constitue le centre de son oeuvre et dont il décline la célébration , sous toutes ses formes .

En 1883 , il est nommé à Paris au lycée Charlemagne .En1886, il reçoit le prix Montyon de l’Académie française , fréquente les Parnassiens et se lie d’amitié avec François Coppée .

Durant les dernières années de sa vie , l’Aveyron et le Var lui rendront plusieurs hommages .

Fabié compose alors une anthologie de son oeuvre intitulée : la Terre et les Paysans

Outre ses nombreux poèmes , il écrit de petits contes dont le thème est souvent lié à l’enfance .

Fabié meurt le 18 juillet 1928, à La Valette . A l’instigation de diverses personnalités du monde artistique , politique et socio-professionnel il lui sera rendu hommage par deux statues dont une inaugurée à Rodez en 1933 par Albert Lebrun , président de la République , un buste sculpté par Denis Puech et qui , à Durenque , rappelle sa mémoire .

Parallèlementà la prose et à la poésie , Fabié composera pour le théatre . Il s’agit d’à-propos en vers destinés à la Comédie-Française pour les anniversaires des auteurs classiques .Ilse passionne aussi pour le théâtre poétique et social . Enfin , dans Muses et Poète , en 1923 ,Fabié dialogue avec Ségaline et Mireille , les muses des deux pays qui ont partagé son coeur , le Rouergue et la Provence .

Les poèmes retenus pour l’illustration sont :

-La chatte noire

-Les escargots

-Les moineaux

-Le retour du loup

-Chanteclair

-Berger d’abeilles

-Les canards

JOURNEE FORAINE DE LA SOCIETE D’ETUDES MILLAVOISES

14 avril 2008

Journée Souvenir en hommage à Christiane BURUCOA  , Femme de Lettres et Poétesse Rouergate

Communications sur son oeuvre  littéraire et  poétique ,  ses émissions  radio , son action en faveur du tourisme….

Lectures de ses oeuvres  littéraires et poétiques sur les  Gorges du Tarn , de la  Jonte et sur la Région des Grands Causses

Exposition de ses livres

Visite commentée du château de Triadou et du village médiéval de Peyreleau

Journée ouverte au public de 10 heures à 13 heures  et  de 15 heures à 17 heures ,

Participation gratuite

Contact et renseignements : Jean - Louis  CARTAYRADE  06 75 06 64 27  André ARNAL  05 65 62 67 19 / 06 31 69 68 52

LE MONDE DES DEMEURES INVERSEES

13 avril 2008

De même que les façades des maisons dissimulent la réalité des foyers et des êtres , de même la surface de la terre et singulièrement au Pays des Grands Causses cache derrière sa bonhomie agricole ou sa sévérité désertique les ténèbres d’un monde où l’ordre ” habituel ” est modifié

C’est Le Monde des Demeures inversées ainsi appelée par les anciens Egyptiens pour désigner un univers imprévisible

Une charrue trace son sillon dans la paix des champs , qui s’engloutit brusquement dans un gouffre entrouvert

Un caillou lâché par une main enfantine dans une fissure du rocher réveille soudain des échos qui montent des Enfers

Au pied de la falaise une arcade naturelle restitue les flots que leur voyage amène du fin fond de la terre

Rêver de ces rivages , frissonner à cette étrangeté tapie que l’homme sait de sciences sûres exister au fond de ses assises ,est l’une des plus grandes sources de son génie créateur . Sur cette réalité entrevue , l’éternel Prométhée a fondé ses croyances et ses mythes ; il en a copié les formes pour en faire ses maisons et ses dieux avant que d’oublier la source de son héritage

A nous à notre tour de prospecter la réalité des sources qui ont fait de nous ce que nous sommes

LA GROTTE ET LA CRYPTE

Dans l’article “GROTTE” du dictionnaire d’histoire naturelle de d’ Orbigny, Desnoyers nous montre que ce mot grotte vient du latin CRYPTA qui désignaient primitivement ces cellules des catacombes où les premiers chrétiens déposaient les restes des martyres . L’étymologie crée donc un lien de parenté entre la grotte et la crypte . Et dans la France souterraine on constate un peu partout le mystérieux besoin de caverne qui incite les hommes à creuser des souterrains , des cryptes , des grottes artificielles , là où la géologie a empêché la nature d’y pourvoir . Si bien que le sol de France est indistinctement miné d’abîmes sauvages et de caves fabriquées .

Ici et là la science affirme que ces grands trous noirs qui participent de la réalité dont nous parlons résulteraient de l’érosion en terrain calcaire . Soit , mais il conviendrait dès lors en bonne logique , de limiter notre étude aux seuls territoires calcaires , à l’exclusion de cette moitié de la France où le substrat est formé de grès et de granit . Or nous voyons bien qu’il n’y a pas lieu de limiter notre champ d’investigation au nom des seuls critères géologiques , car , partout où l’absence de caverne est prévisible du fait de la nature des sols , l’on rencontre des hypogées et des cryptes .

LA PLUS VIEILLE AVENTURE DE L’HOMME

La conquête souterraine est une quête permanente d’un but inaccessible où mille rebondissements animent une intrigue pour lui donner les dimensions de l’Aventure

L’Odyssée et les romans de Kafka ont en commun ce thème et leur genre littéraire n’aurait pas boudé ce modèle dont la construction , en tout cas , obéit à des règles rigoureusement identiques

Chaque tentative de pénétrer plus avant le monde souterrain s’inscrit dans la durée et consiste à dépasser la barrière “infranchissable” qui a stoppé la progression de l’expédition précédente avec une inconnue qui est bien de ne jamais connaître par avance le mot FIN

Est-ce à dire qu’il s’agit là de tâches absurdes parce qu’inutiles ? Les efforts insensés qu’elle implique parfois n’ont-ils d’autre but que le plaisir de l’instant , le goût de ce grand silence minéral , la satisfaction d’errer parmi des formes à peine dévoilées et toujours fugitives . Il y a la une coquetterie , et non des moindres , de la nature qui consiste à se laisser désirer un peu à la manière d’une femme qui entretient désir et plaisir en ne découvrant sa nudité et ses charmes qu’avec une extrême délicatesse…Assurément non . Sur ces rivages où chaque pas s’imprime et se conserve , chacun ne peut éprouver qu’un sentiment de solidarité , au-delà du lien éphémère qui ne dure lui que le temps de l’action , un sentiment à la fois noble et humble , le sens de l’héritage , du partage , de l’oeuvre commune , de la tradition Plusieurs générations pour plusieurs siècles d’ effort et d’abnégation , chaque maillon de la chaîne n’ayant aucune certitude de connaître l’aboutissement de l’aventure , aucune certitude non plus qu’il existe une fin . Car , le mystère entretenu dans ce monde si particulier de la grotte est le véritable moteur de sa découverte , la conquête souterraine , dès lors qu’elle atteint des dimensions insoupçonnées , est un véritable sortilège face au quel l’homme ne peut qu’avancer parfois confronté à ses propres limites qu’il va devoir apprendre à dépasser pour à la fois affronter et découvrir l’inconnu Il se produit souvent au propre comme au figuré un véritable appel venant de l’intérieur : intérieur de la terre , intérieur de soi-même fusionnent alors en une véritable alchimie qui pourrait se décliner et se comprendre comme le besoin vital d’un retour à la matrice originelle dont , un jour , chacun est expulsé . une façon en quelque sorte de faire son deuil d’une vie antérieure ou peut- être de la retrouver . La découverte du monde souterrain n’est pas un acte anodin et nous met en présence d’un questionnement métaphysique sur la primauté de l’essentialisme par rapport à l’existentialisme . L’esprit devient alors le souffle fréquent dans la grotte , mystérieux aussi dans un monde d’archétypes , d’images ancestrales et symboliques qui , d’une part , se retrouvent à travers les mythes et légendes appartenant au fond commun de l’humanité , et d’autre part , constituent en tout individu , à côté de son inconscient personnel , l’ inconscient collectif , dont nous avons ici , et dans ce monde souterrain , des perceptions obscures

Mais ce relais que se transmettent hommes et générations a débuté , ne l’oublions pas , il y a des dizaines et des dizaines de millénaires et continue de nos jours . Qui sait quelle préoccupation pressante incita nos lointains ancêtres à se glisser parfois très loin dans les entrailles de la terre ? Instinct de survie ? Sans doute ! Mais cette motivation ne saurait expliquer un acte que d’aucuns jugeront dérisoire , mais qui , pour autant , n’est pas anodin

Toujours est-il qu’il fût le geste inaugural , il y a 50000 ans , d’une entreprise fantastique qui ne laisse pas d’animer les passions

La conquête des cavernes et la découverte du monde souterrain est bien la plus vieille aventure des hommes et elle en tire à la fois ses mérites et ses lettres de noblesse .

Son lyrisme d’abord . Car elle est source permanente d’épopée .

Peut-être n’inspira-t-elle pas les Argonautes en quête de la Toison d’or , mis c’est à coup sûr une exploration de caverne qui servit de modèle à toutes les descentes aux Enfers , à toutes les Républiques idéales , à tous les mondes singuliers de la littérature moraliste .

Cette  conquête de l’étrange a connu ses Jasons , ses Enées et ses  Siegfrieds

SAINT-MICHEL-DE-MONTORSIER

4 avril 2008

ITINERAIRE D’ACCES :

Au départ de LA GRAVE de PEYRELEAU prendre le chemin muletier qui longe la Jonte sur deux kilomêtres 1/2 environ , jusqu’au sentier qui s’élève en lacets vers les quilles dolomitiques de l’ermitage.

Au départ de SAINT-JEAN-DES-BALMES l’accès est également possible par les pistes forestières et les sentiers du plateau , il est toutefois conseillé de se munir d’une carte I. G.N au 25/000 eu égard aux cheminements nouvellement tracés notamment pour l’exploitation des bois , l’absence de signalisation et la confusion qui peut en résulter !

SAINT-MICHEL-DE -MONTORSIER fut à l’origine une seigneurie de MONTORSIER et dès l’époque médiévale une place forte dont l’importance stratégique justifiait l’emplacement sur un piton rocheux quasiment inaccessible de la vallée et qui assurait la protection des populations autrefois nombreuses sur le plateau

D’autre part les voies de communication suivaient alors la bordure du plateau ou couraient sur le plateau lui-même

Enfin les mouvements dans les vallées étaient beaucoup moins fréquents car il existait tout au plus des chemins muletiers tracés à même les versants , d’un accès aléatoire selon les saisons et le plus souvent d’une capacité insuffisante

Par ailleurs la vie économique était organisée différemment et l’essentiel des échanges se faisaient transversalement

Les Causses (ou plateaux) dont l’altitude moyenne est de 800 à 900 mètres présentent un dénivelé de 400 à 500 mètres par rapport aux vallées et la topologie jouait un rôle déterminant quant à la distribution des cheminements dans une région au relief très accidenté

Au cours des siècles , voire des millénaires et pour différentes raisons la population des plateaux va décroitre de façon très importante

Dès lors l’intérêt stratégique des nombreuses places fortes à la couronne des Causses va , diminuant , jusqu’à l’abandon pur et simple de forteresses inconfortables à la vie de tous les jours

Notons enfin qu’à différentes époques ces lieux vont être récupérés à des fins que le pouvoir royal ne pouvait tolérer , qui va en ordonner la destruction . Ainsi vont disparaître nombre de places fortes qui avaient résisté à l’usure du temps et des éléments .Nous devons à Jean ARNAL une remarquable étude sur le sujet , qui , à partir de documents d’archives , nous a livré un véritable travail d’Historien qui a entre autres mérites celui et non des moindres de dévoiler en la restituant la mémoire d’un temps révolu mais qui a marqué toute une époque de notre Histoire .

Cette seigneurie fut d’abord possédée par la famille de Montorsier qui apparait au cours du 12è siècle ; en 1152 Richard de Montorsier reprend en fief des Templiers divers domaines et biens situés sur le Causse . Bernard et Rigal de Montorsier vendent aux même Templiers des biens en1156 et 1173 . De 1169  à 1173 Hugues de Montorsier semble être le gendre d’un riche seigneur de Nant etcède des dîmes à l’abbaye de Sylvanès

Astorg de Montorsier , le dernier connu , engage ,  certains de ses biens aux chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem vers1193

La seigneurie et la forteresse de Montorsier vont ensuite passer aux mains d’une famille de la Roque originaire du château de la Roque -Sainte-Marguerite dès la seconde moitié du XIII° siècle

Le premier des nouveaux seigneurs de Montorsier est chevalier .Son fils reconnait, le 26 novembre 1316 , tenir en fief de Gaston  d’Armagnac , baron de Roquefeuil , le château de Montorsier et toutes ses dépendances situés dans la paroisse deSaint-Jean-des-Balmes

Lorsque la famille la Roque s’éteint à la fin du XIV° siècle , c’est noble Jean de Capluc d’une seigneurie avoisinante mais située en Gévaudan alors que nous sommes ici en Rouergue qui hérite des biens de feu Béranger de la Roque et reconnait tenir en fief de Bernard d’Armagnac , comte de Rodez et baron de Roquefeuil , la forteresse de Montosier et ses dépendances

Au cours du  XV° siècle  , les centres humains se déplacent sur le Causse Noir , Montorsier et Saint-Jean-des-Balmes perdent de leur importance au profit du Maynial et de Veyreau où un château existe toujours

Dès lors on peut penser que , les guerres anglaises terminées , Montorsier devenu inutile cesse d’être entretenu , tombe en ruines et est abandonné

Des testaments des XIV etXV° siècles nous apportent la preuve que l’ermitage Saint-Michel doit s’identifier avec la forteresse de Montorsier  dont les ruines auraient été ré-aménagées  et occupées par des moines-ermites qui durent desservir les lieux et leur chapelle dédiée à Saint-Michel comme ce fut le cas à Saint-Pons  qui sur le Causse Méjean est situé en lieu et place d’une autre forteresse tenue par les de Roquevaire même si aucun document médiéval ,  à notre connaissance , ne fait état de ces deux ermitages .

Les éléments bibliographiques qui ont permis cette reconstitution historique sont nombreux et variés  de  H.C  Dupont ,      E.A Martel à Georges Girard en passant par Louis Balsan , Albert Carriere , Frédéric Hermet , l’abbé Bousquet , la revue “lou causse Negre , Sauvegarde du Rouergue .

Ce blog étant avant tout à caractère privé même s’il me plait de faire partager ce que je découvre sur la région que ce soit à la Société d’études à Millau , à la Société des lettres à Rodez ou dans des fonds d’archives aussi riches que variés de Millau à Paris en passant par Rodez , Cahors , Montauban , Montpellier , Toulouse et bien d’autres… on ne m’en voudra pas , je pense ,  d’un manque d’exhaustivité en matière de sources bibliographiques que je tiens de toute manière à disposition de qui le souhaiterait

SAINT-JEAN-DES-BALMES

1 avril 2008

Cette ancienne église paroissiale isolée en plein Causse Noir , à la croisée de sentiers de pays , autrefois annexe du prieuré du Rozier est accessible par la route départementale n° 39 au départ de Peyreleau.

Nul ne restera insensible à son charme qui se cache , non sans une certaine coquetterie , dans la solitude d’un amphithéâtre parmi les pins et les buis où elle se dévoile soudain sur fonds de rochers dolomitiques habillés d’un humble manteau de pins et de buis , immuable verdure qui souligne d’un trait sévère l’austérité du site propice à la méditation.

On vient à Saint-Jean-des-Balmes d’abord pour la poésie des lieux qui ne consentent à changer de parure que pour ceindre l’écharpe de sa majesté Hiver lorsque Dame Nature, tel un Magicien des Couleurs , imprime sur un film en noir et blanc toute la magnificence d’un lointain passé toujours omniprésent.

PEUPLEMENT :

Sorte de camp retranché habité par les peuplades primitives de la plus haute antiquité comme en témoignent des fragments de poteries dites celtiques , puis après les Gaulois , les Romains ont laissé des tuiles à rebord et également des poteries sammiennes

De grandes urnes découvertes dans trois stations romaines des environs dénotent la présence de stations de résiniers qui consistaient à extraire par combustion la poix des résineux était utilisée à différents usages : éclairage , calfatage des bateaux dans les ports de Sête et de Narbonne , luminaires des églises et chapelles , médicaments , etc .

Les brulâdes sont nombreuses qui se repèrent encore de nos jours à de larges cercles de teinte noiratres et vierges de végétation , la terre brulée ayant été rendue infertile du fait de la chaleur dégagée par la combustion

Le principe consistait à superposer deux urnes de grandes dimensions , l’une étant enfouie dans le sol et recouverte d’une grille , l’autre lui était superposée et donc au dessus du niveau du sol . Pour avoir une idée du dispositif imaginez deux pots de fleurs par exemple , coniques , de un mètre de hauteur et de quatre- vingt centimètres de diamètre et posés l’un sur l’autre .Celui du haut était troué au sommet pour l’échappement des gaz de combustion afin d’éviter la détérioration de l’ensemble du dispositif . Dans l’urne du haut étaient rassemblées les ramures de résineux ( pins sylvestres ) L’étanchéité du dispositif était assurée par un joint d’argile entre les deux urnes afin d’éviter les déperditions de chaleur . une brulâde était alors organisée autour du dispositif jusqu’à ce que la résine contenue dans les ramures fonde sous l’effet de la chaleur et s’écoule dans l’urne du bas à travers la grille qui faisait office de filtre des déchets de combustion

Carrefour de voies anciennes :

C’est à Saint-Jean-des-Balmesque se croisaient le chemin de Meyrueis à Millau et le chemin de l’Auvergne et le Causse de Sévérac auxCévennes par Mostuéjouls et PEYRELEAU

Le premier de ses chemins longe le bord septentrional du Causse noir, le sesond de l’Auvergne aux Pays transcévennols franchissait le Tarn à la barque du Rozier et la Jonte au pont de “CALLUC” 80muletsuniquement affectés au transport des marchandises étaient stationnés à Peyreleau

L’influence et les aides accordées par les seigneurs locaux ainsi que les fonds royaux permettaient d’entretenir ces voies de communication “les habitants de ces contrées au sol fort ingrat vivaient essentiellement de commerce ( procès-verbaux de l’Assemblée de Haute Guyenne 1780/1782 )

Ces chemins étaient empruntés par les dominateurs du Causse Noir : les ROUTIERS 1376/1379 , les protestants 1568 et plus tard les troupes du Duc de Rohan

Une autre invasion plus redoutable encore parce que permanente était celle des vagabonds et des mendiants dans ces déserts du Causse Noir où les habitants des fermes et maisons isolées vivaient dans la crainte de cette misère et nourrissaient ceux qui se présentaient souvent durant toute une journée avant de les congédier non sans leur avoir donner au préalable un gros morceau de pain

Il n’était pas rare alors que les femmes seules soient victimes de larçins

Dès lors dit notre historien A . MONTEIL dans sa “description de l’Aveyron ,” on ne doit pas être surpris que la main de la charité s’ouvre aussi facilement dans ce Pays”

UN ERMITAGE PRECEDA L’EGLISE

des vestiges situés a proximité et notamment un escalier taillé dans la roche ainsi que des ruines semblent corroborer cette hypothèse

LEGENDE RELATIVE A LA CONSTRUCTION DE L’EGLISE :

“les habitants des Balmes voulaient construire une église qui s’écroula par deux fois aussitôt construite , les bâtisseurs firent appel à un charroi et décidèrent dere-construire une troisième fois sur le lieu même où les boeufs s’arrêteraient . ce qui fut fait et lors du creusement des fondations on découvrit à l’endroit précis la sépulture du Saint ; dès lors tout s’expliqua et l’édifice reconstruit une troisième fois défie encore les siècles”

LES BALMES :

Mais d’où vient le nom des BALMES ?

-de Baoumes qui se trouvent à proximité ?

- d’un mas appelé “les Balmes”

Probablement des deux ! L’occitan BAUMA-BALMA signifie grotte , abri sous roche

LES D’ALBIGNAC ET LE TRIADOU A PEYRELEAU

14 janvier 2008

Avant d’acheter la terre de Peyreleau , entre 1669 et 1699 , les barons d’Albignac s’intitulaient aussi marquis du Triadou et vicomtes de Castelnau .

Marquis du Triadou , car lorsque Pierre d’Albignac , II e du nom , quitta le château de Mostuéjouls pour aller s’installer à Peyreleau , les titres de la seigneurie appartenaient à la famille de Sévérac et de ce fait Pierre d’Albignac ne pouvait s’en prévaloir

Il habita d’abord une maison du village identifiée par les armoiries des d’Albignac gravées sur l’un des murs , à la fois à l’intérieur et à l’extérieur , à la difference près que le blason qui apparait à l’extérieur n’est pas le même que celui qui est visible de l’intérieur . Ceci s’explique très vraisemblablement par le jeu des alliances qui se sont nouées au cours des siècles entre les différentes branches .

Pierre d’Albignac était un jeune homme violent et audacieux qui ne connaissait d’autres droits que celui de la force , et qu’une vieille tradition représente comme livré à tous les débordements de la vie féodale

Aussi n’hésita-t’il pas à s’emparer hardiment , pour y construire les fondements de sa nouvelle demeure , d’un terrain appartenant aux moines du Rozier , moines bénédictins de l’abbaye d’Aniane du diocèse de Maguelone dans l’ Hérault , et qui avaient établi un prieuré à Entraygues ( Le Rozier) à la demande de l’évèque de Mende en Gévaudan : Aldebert Ier . Le prétexte invoqué fut que les moines mettaient quelque négligeance à s’acquitter de la tâche qui leur incombait , à savoir le bon fonctionnement du bac qui permettait de franchir la rivière du Tarn , qu’il était lui-même obligé d’y suppléer et qu’en conséquence il lui fallait une contre-partie . Par cette spoliation , Pierre d’ Albignac se rendait mettre d’un domaine sur lequel il allait construire , en 1470 , l’aile gauche du château , sassurant du même coup d’un titre que nul ne songerait à lui contester : Seigneur du Triadou

L’appellation vient du fait que ses sugets possédant , qui , quelques chèvres , qui , quelques moutons faisaient appel à un berger commun pour conduire les bêtes à la pâture commune elle-aussi , et qu’au retour il s’agissait du lieu ou étaient “triés” les animaux pour ètre rendus à leurs propriétaires respectifs

LA VIE DE MES ANCETRES DE 1400 à 1900

2 janvier 2008

C’est la découverte , il y a un demi-siecle , dans le grenier de la ferme familiale , de deux malles emplies de documents de toute sorte et de toute nature qui me permet de relater aujourd’hui non seulement la vie de mes aieux plusieurs siècles durant , mais également divers aspects de ce coin reculée du Rouergue ou je vécus durant toute mon enfance et ou je reviens 40 ans plus tard après un exil forcé , certes , mais qui eut entre autres avantages d’ouvrir mon esprit sur le monde , d’éguiser ma curiosité de sorte que lorsque je revins “au pays”mon désir de mieux le connaitre m’incita fortement à tenter d’en reconstituer l’ histoire et c’est ainsi que cette envie de savoir au départ assez diffuse devint une véritable passion et que dès lors je me mis à fréquenter assiduement archives , bibliothèques , sociétés “savantes” et à solliciter autour de moi , malheureusement un peu tard , toute personne suceptible de me renseigner sur un lointain passé . Par ailleurs mon gout inné pour l’Histoire m’amena très tot à m’interesser à des disciplines telles que l’archéologie , la spéléologie …ainsi qu’à la tradition orale qui , durant des siècles , fut le seul vecteur de la connaissance du passé . De ce dernier point j’avais eu l’occasion de prendre conscience lors de fréquents séjours pour des raisons professionnelles dans des pays et au contact de civilisations ou l’oralité tient encore une place importante dans la transmission du savoir , des coutumes ancestrales , de la vie sociale mais également de tous ces récits réels ou imaginaires , souvent à la limite du fantastique, mais qui dans tous les cas, participent de la vie avant la vie, permettant par la mème de remonter à de lointaines origines

J’ai par ailleurs été surpris de constater que de nombreux documents semblaient ètre de facture plutot administrative , eten les examinant de plus près , je constatais :

1- que de nombreux documents sont estampillés de la généralité de Montauban , ce dont je comprendrai plus tard le bien-fondé

2-qu’il y a de nombreux documents qui n’ont aucun rapport avec la famille , là encore, en les examinant de plus près , je constate, non sans surprise , qu’il sagit de documents officiels émanant de la commune et je ne comprends pas immédiatement le pourquoi de la présence de telles pièces en ces lieux privés

Ce n’est que quelques temps après que le lien de cause à effet m’effleure l’esprit , mais comme une possibilité éventuelle dont je n’ai alors pas le moindre début de preuve

Je savais que depuis plusieurs générations ma famille maternelle jouissait d’une certaine notoriété due vraisemblablement à l’importance des biens qu’ils possédaient et qui en faisait en quelque sorte des “notables ” locaux dont l’avis était souvent sinon pris en considération , du moins sollicité , le cas échéant lorsqu’il s’agissait de prendre des décisions importantes pour la communauté . D’autre part , comme dans les familles qui avaient les moyens d’en assurer la charge , les enfants qui montraient quelques dispositions pour les études étaient dirigés vers des institutions le plus souvent religieuses pour tenter de suivre une formation qui leur ouvrirait d’autres horizons . De toute façon il était hors de question qu’une progéniture importante puisse vivre sur les seuls revenus d’un domaine , aussi important fut-il…!

Je m’interrogeais alors sur les circonstances qui pouvaient ètre à l’origine de la présence de ces documents dans un lieu ou logiquement ils n’auraient pas du se trouver ; je voyais bien une explication plausible , mais encore fallait-il en administrer la preuve !

Mes grands-parents , arrière grands-parents et peut-ètre certains membres de générations antérieures semblaiet avoir jouer un role dans l’administration de la commune ; encore fallait-il s’en assurer ! je pris donc rendez-vous avec le premier magistrat et ensemble nous consultames les registres de la mairie et nous découvrimes en effet que certains de mes ancètres avaient à differentes époques contribuer à la gestion de la municipalité

Je tenais enfin l’explication à la présence de ces documents en un lieu inhabituel pour des pieces officielles :

A différentes époques et notamment au moment de la révolution ou de nombreuses archives furent disséminées , détruites, brulées ou simplement déplacées pour échapper au saccage , certains élus prirent la précaution de les mettre à l’abri et c’est ainsi que depuis plus de deux siècles une partie des archives de la commune avait échappé au désastre .

Il serait trop long de rendre compte ici de plusieurs centaines de délibérations , arrétés ….qui bien évidemment ont été, depuis lors, portés à la connaissance des autorités compétentes et pour certains réintégrés aux archives de la commune , ceci étant , nous avons là une mine de renseignements qui ne demandent qu’à restituer le passé ,mais qui représente un travail de longue haleine , la plupart des pièces étant rédigées en vieux français .

Par ailleurs , outre les lettres et autres documents se trouvaient dans ces malles un certain nombre de pièces précieuses et rares tel ce premier commentaire du code civil édité en1805 après qu’il eut été corrigé par BONAPARTE , CAMBACERES et LEBRUN

Je ne m’étendrai pas davantage pour l’instant sur ce dossier si ce n’est pour dire que l’ensemble de ces archives a échappé de peu à un bien funeste destin et que j’espère qu’après moi mes descendants s’y interesseront et auront à coeur de les réhabiliter .

Je voudrais toutefois remercier chaleureusement la Société d’ Etudes Millavoises ainsi que la Société des Lettres , Sciences et Arts de l’Aveyron qui m’ont admis parmi leurs membres actifs et sans les quelles je serai fort dépourvu pour réaliser ces recherches et tenter de les mener à bien .

J’ai pu également avoir accès à de nombreuses Bibliothèques ou sont conservés bien des fonds relatifs à differentes périodes de l’Histoire du Rouergue et du Gévaudan aux quels je consacre l’essentiel de mes recherches :

-Bibliothèque Nationale

-Bibliothèque Mazarine

-Bibliothèque de l’Arsenal

-Bibliothèque Sainte Geneviève

-Bibliothèque de la Sorbonne

pour ne citer que celles que j’ai fréquentées assiduement

Sans parler des Archives Départementales de Millau , Rodez , Mende , Montauban , Montpellier , Toulouse …….

Je voudrais à ce suget et à ce point de mon exposé dire que s’il est compréhensible , notamment pour des raisons de conservation , que ces fonds soient centralisés , il n’en demeure pas moins pour autant regrettable qu’ils soient d’un accès difficile pour les premiers interessés et que de très nombreux documents seraient valorisés par une meilleure connaissance et donc une plus grande proximité. Souhaitons que celles-ci soient rendues possible à l’heure de la numérisation et de la consultation à distance par internet .

Je ne cite donc pas mes sources au fur et à mesure de mon travail , mais il est clair que mis à part les documents personnels que j’ai eu , un jour , la chance de pouvoir rassembler , tout le reste de la documentation n’est que le résultat de mes recherches , et donc , de la compilation des travaux qui ont été très souvent traités par d’autres et aux quels je m’efforce d’apporter une touche personnelle chaque fois qu’il est possible ; mais que le lecteur éventuel ne s’y trompe pas: je ne revendique nullement la paternité de la totalité de ces travaux qui n’ont le mérite d’exister que parce que très souvent d’autres les ont écrits avat moi . Mon but n’est d’ailleurs pas de les publier , encore moins d’en tirer un profit mercantile quelconque , mais bien de rassembler des données sur notre passé commun afin de les porter à la connaissance du plus grand nombre de ceux que celà interesse .D’autre part il n’est pas inutile de préciser que toute cette documentation , en général très ancienne , d’une part appartient à notre patrimoine commun , et d’autre part est tombé depuis bien longtemps dans le domaine public . Il ne faut en conséquence n’y voir aucune atteinte à la propriété privée , mème si, ici ou là , certains peuvent ètre tentée de reconnaitre certains de leus écrits : une telle coincidence ne pourrait ètre que fortuite , indépendante de ma volonté et , dans tous les cas , totalement désinterressée .

Enfin et avant tout , c’est en pensant d’abord à mes enfants et à mes petits-enfants , en espérant qu’ils y trouveront quelque intérèt , que je réalise ce travail .

-L’AGRICULTURE :

La région est essentiellement agricole et par conséquent soumise au régime des biens immobiliers qui était pour la période considérée -XVe XVIIe siècles - le statut général de la TENURE ou PAGESIE

Si les hommes étaient libres ( ce qui n’était pas toujours le cas dans toutes les régions de France) tousles biens immobiliers étaient réputés relever du seigneur . Les exploitants les “tenaient” de celui-ci , à qui ils faisaient “reconnaissance” . Ils lui devaient un “cens” souvent symbolique et , en général , une part de récolte .

Dans le cours des temps , les seigneurs ont pu donner à bail l’ensemble des droits dont ils disposaient . Les paysans ont eu , alors , affaire avec des fermiers , souvent plus âpres au gain que les seigneurs , du fait de la précarité de leur situation et des charges auxquelles ils étaient assujettis

L’exploitant devait donner à l’ Eglise la onzième part de ses productions .

L’ELEVAGE :

C’était un élément essentiel pour la vie des exploitations quelle que soit leur importance . Le prix payé pour les peaux (par contrats conclus avec les mégissiers) s’appelait le CARNELAGE

Les autres produits issus de l’élevage étaient la viande pour les bêtes de boucherie , le lait , le fromage , la laine , le fumier

L’ARGENT , LE CREDIT :

La plupart des communautés étaient à peu près autosuffisantes , néammoins il leur fallait du numéraire qui était nécessaire , ne serait-ce que pour payer la TAILLE , cet impôt s’acquittant en espèces
Mais l’argent était rare . Nombreux étaient les emprunts
Le prêt à intérêt était officiellement interdit par l’Eglise , mais il existait de nombreux moyens de tourner cet interdit…Dans certains cas , le taux de l’intérêt était connu : au denier vingt : cequi faisait 5% , au denier seize , soit 6,25% , mais suivant l’urgence du besoin , les taux usuraires étaient pratiqués et acceptés
LA POPULATION , LES FAMILLES :
La population des diverses seigneuris nous est connue précisément grace aux convocations aux quelles procédaient les seigneurs auprès des chefs de famille pour recevoir leur reconnaissance
Certains actes familiaux , testaments entre autres , nous donnent la composition de ces foyers
Nous pouvons constater notamment , la présence très frèquente de quatre descendants parvenus à l’âge adulte , en moyenne , et très souvent de six de ces enfants .
Après la période noire : la Guerre de Cent ans , la région va se repeupler et il est fréquent alors de trouver des localités , au XVIIe siecle , regroupant plus de cinquante familles et trois cents habitants
L’HABITAT , LE MOBILIER , LE VETEMENT .
Les inventaires après décès , les contrats de mariage , etc , nous fournissent des informations très précises sur la vie et le quotidien des populations ; les biens et autres objets de la vie courante y sont décrits avec une précision étonnante quant à leurs caractéristiques diverses et variées .
LA RELIGION , L’ EGLISE
Les populations des plateaux sont souvent peu instruites et semblent avoir été très peu concernées par la prédication de la Réforme , pouvant aller jusqu’à la vérification de l’orthodoxie attestée par acte notarié
Le clergé catholique était nombreux ,bien que dans des situations très diverses . Sa formation était aussi fort inégale au moins jusqu’à la création des séminaires , à la fin du XVIIe siècle .
UNE RELATIVE PROSPERITE :
L’accroissement de la population et l’amélioration de l’habitat semble traduire une amélioration du niveau de vie durant cette période
Il est possible que l’isolement des campagnes hors des voies de communication les plus fréquentées ait protégé les populations rurales des grands fléaux qui ravageaient alors le pays , qu’il s’agisse des exactions perpétrés par les bandes de ROUTIERS , à la suite de la guerre de Cent ans , des combats issus des guerres de religion ou encore d’épidémies , telle la peste , qui sévissaient alors et pouvaient décimer des pans entiers de la population des lieux ou la concentration et la fréquentation de passage étaient des facteurs aggravants
J’ai néammoins retrouvé de nombreux testaments de personnes qui , se sentant atteinte du mal , étaient désireuses de dicter leurs dernières volontés , parfois même dans des situations qui pourraient paraître cocasses si elles n’avaient été dramatiques . De nombreux cas sont cités de personnes qui , se sachant touchées par le mal , faisaient appeler un notaire , le quel prenait bien soin de se tenir à distance suffisante pour ne pas risquer la contamination , par exemple sur la voie publique alors même que la personne atteinte était consignée chez elle , et de sa fenêtre , ou par tiers interposé , faisait connaître ses ultimes dispositions . Plusieurs documents attestent de la présence d’une bodomie sise au moulin de la Galinière au village de BOYNE
Mostuèjouls ou encore Liaucous semblent avoir été particulièrement frappés par le mal mais il est vraisemblable que toute la région ait été infestée à des degrés divers
Nous savons que l’une des épidémies de peste fut apporté par les armées du Duc de Joyeuse et que le mal se répandit rapidement d’une contrée à l’autre malgré les précautions prises pour éviter la propagation de l’épidémie
Nous savons par exemple qu’il était stictement interdit de franchir les limites séparant le Rouergue du Gévaudan , la limite étant la vallée de la Jonte qui sépare le Causse Noir du Causse Méjean . Un cordon sanitaire avait d’ailleurs été mis en place et nous savons également qu’un habitant du Causse Noir ayant tenté d’enfreindre l’interdiction le paya de sa vie
Les archives de l’époque montrent à quel point les dis positions prises étaint draconiennes . Ainsi il était interdit de franchir le pont qui enjambe la Jonte entre Le Rozier et Peyreleau et qui était d’ailleurs neutralisé par une barriere
Un document nous apprend qu’une habitante de Pailhas devant s’acquitter auprès du notaire dont l’étude se trouvait à Peyreleau d’une somme en numéraire se présenta du coté du Rozier devant la barrière qui séparait les deux localités et déposa son dû dans un récipient placé de l’autre coté et empli de vinaigre qui , on l’aura compris était censé désinfecter les pièces suceptibles d’ètre contaminés , et ce avant que le notaire n’en prenne possession .
Quant aux ROUTIERS, ils représentaient un véritable danger pour les populations notamment du Causse Noir ou ils se déplaçaient en bandes . Affamés , sans travail et par conséquent sans aucune ressource , ils n’hésitaient pas à se rendre dans les fermes , au mieux pour quémander quelque nourriture , mais il n’était pas rare que certains moins bien intentionnés n’hésitent pas sous la contrainte à s’en prendre aux biens et aux personnes Aussi les objets de quelque valeur et l’or en priorité étaient-ils soigneusement cachés . Une miche de pain était un moindre mal et nombreux étaient ceex qui s’en accomodaient . Toutefois il y avait parmi ces bandes de miséreux des individus aux moindres scrupules qui se livrèrent parfois à des exactions dont la seule motivation n’était pas la faim qui les tenaillait . Nous aurons l’occasion d’évoquer la fameuse bande des Brigands du Bourg qui se distinguèrent dans toute la région par leurs nombreux méfaits
De grandes compagnies , parfois appelées Ecorcheurs n’hésitaient pas à ruiner des campagnes , même après que le pouvoir royal dès 1430 ait tenté de rétablir l’ordre .
La GERRE DE CENT ANS avec les Anglais , s’éternisait ; même si les envahisseurs n’étaient plus dans nos régions , au grand soulagement des populations , il n’en restait pas moins pour autant de redoutables bandes de soldats pillards , essentiellement d’ailleurs des français qui n’avaient pas hésiter à se mettre aux ordres des envahisseurs et à combattre à leurs côtés , seul moyen de subsistance à leurs yeux , de sorte que lorsque les anglais quitterent le territoire , ily restait bien des bandes de soldats qui se transformèrent en pillards .Telle la bande de Rodrigue de Villandro qui , en Juin 1431 , écumait le Larzac , et à qui les villes qui redoutaient ses méfaits lui donnaient argent et vivres pour ne pas être inquiétées
Disons pour clore provisoirement ce chapitre des années sombres sur ces terres ingrates et difficiles , que les habitants ne connurent ,nous l’avons dit , une relative prospérité qu’au prix de leur acharnement au travail et de leur esprit d’économie .
LE POUVOIR ROYAL :
Par suite de la situation générale , la monnaie perdait chaque jour de sa valeur , c’était la faillite monétaire .
Le marc d’argent passit ainsi d’une valeur de 9 livres au début du siècle à 90 livres en 1422 , pour atteindre 216 livres en 1439
Les Etats provinciaux à qui le roi demandaient des subsides rechignaient à accorder de l’argent au pouvoir central , d’ou les soucis financiers croissants du souverain
On n’était guère mieux pourvu dans d’autres domaines :
La famine sévit en1432 . Ala même époque de nombreux pillages de troupeaux entrainent une forte augmentation du prix de la viande .
Ce n’est que les dernières conséquences de la guerre de cent ans se seront éloignées que le cheptel pourra ètre reconstitué
La peste va frapper les villes d’autant plus durement que la misère est générale et que les produits alimentaires sont trèe rares
Après 1437 et le traité d’Arras scellant la réconciliation entre le duc de Bourgogne , principal allié des Anglais , et le roi CharlesVII , la situation va quelque peu s’améliorer .Le roi , rentré à Paris en 1437 , aura le souci d’affermir son pouvoir
Dès cette année là il crée la Cour des Aides du Languedoc dont la compétence s’étendra également au Quercy et au Rouergue . En 1467 le roi Louis XI en fixera le siège à Montpellier . Plus tard sera créée la Cour des Aides de Montauban dont relèveront alors le Quercy et le Rouergue
En 1436 le roi tentera de revenir à une monnaie stable , mais l’icertitude des temps ajoutée à la pesanteur des habitudes fera que l ‘or gardera la préférence par rapport à l’argent dans l ‘ esptrit des gens qui ont du mal à se départir d’une certaine défiance
L’ordonnance d ‘Orkéans de 1439 instituera l’armée permanente et , par voie de conséquence, la créationn d’un nouvel impot la taille destiné à financer les armées
Mais il ne suffit pas de décider d’un nouvel impôt , encore faut-il pour qu’il fasse renter dans les caisses de l’état suffisamment d ‘ argent pour financer le projet qui lui a été assigné qu’il dispose d ‘une assiette correcte
Pour ce faire et par lettr du 4 janvier 1447 , le roi Charles VII va charger l’évêque de Carcassonne d’une mission délicate et de confiance :
Rescencer , voir et visiter tous les feux du PAYS DE ROUERGUE , s’informer du nombre des habitants ainsi que de s capacités contributives de chacun
La région était en effet jusqu’alors placéesous le régime de la taille réelle , c’est à dire perçue sur les biens alors que dans d’autres régions l’assiette était établie selon le régime de la taille personnelle c’est à dire levée sur les personnes
Charles VII se préoccupa , également , de remettre en vigueur les droits administratifs que les périodes de troubles et de guerres avaient désorganisé . A cet effet il députa des commissaires pour recevoir hommage et reconnaissance de la part des seigneurs de tout ce qu’ils détenaient du roi à fief franc , noble et honoré dans leur mandement
Dans le même temps le roi va s’éfforcer de restaurer son autorité vis à vis des seigneurs féodaux récalcitrants .
En 1444 il va entrer en lutte avec Jean IV , comte d ‘Armagnac , pour le déposséder des droits régaliens dont ce dernier continue à user , malgré la défense qui lui en a été faite . Charles d’Armagnac ,vicomte de Creyssels , se révoltera contre Louis XI , de même que son frère Jean V comte de Rodez . Charles s’emparera alors du château de Saint-Véran appartenant à Jean de Montcalm . Mais , en 1469 , il sera fait prisonnier et embastille
Au prix de bien des combats , de quelques exécutions capitales le roi pourra enfin , aux Etats Généraux de Tours , en 1484 , considérer que son autorité est restaurée , même si des véellités d’insoumission se feront encore jour
Rappelons enfin en quoi consistait la régale ; il s’agissaitd’un droit que s’attribuait le roi de prendre du TEMPOREL des évêchés pendant la vacance du siège et de procéder lui-même aux nominations , et ce aux bénéfices et cures qui en dépendaient . Les rois de France prétendaient disposer de ce droit depuie le règne de Philippe Auguste .
Le roi Charles VII se soucia , également , de limiter l’intervention de la papauté dans les nominations d’évêques et d’abbés en France . Dans ce but il institua , en 1438 , la pragmatique sanction de Bourges
Outre le droit que le souverain voulait avoir sur les nominations des évêques et des abbés , il instituait les annates qui désignait le versement effectué au Saint- Siège , par celui qui venait d’être pourvu d’un bénéfice ecclésiastique , d’une année de ce bénéfice
C ‘était s’immiscer dans la trésorerie de la papauté alors qu’elle venait déjà d’ètre limitée dans ses prérogatives .
Or, les besoins d’argent de la Curie romaine allaient croissants , d’ou une lutte por faire revenir le roi sur sa décision .
Finalement ce sera Louis XI qui , constatant que les nobles et les ecclésiastiques français avaient été confortés dans leurs bénéfices , alors même qu’ il tendait , au contraire , à réduire les prérogatives féodales , annulera cette pragmatique sanction .
Si , ainsi , le roi s’efforçait d’établir un pouvoir centreal fort et pourvu de finances saines , il faut dire que le calme ne régnait pas encore de façon définitive dans les campagnes. Celles-ci voyaient trop souvent de grandes compagnies les ruiner .
Après la guerre étangère , puis les pillards , les paysans eurent à souffrir des opérations engagées par le roi contre ses vassaux rebelles . Certains villages demandèrent , et obtinrent , l’autorisation de bâtir de nouvelles fortifications au XVesiècle pour assurer la protection des populations et des biens
On peut considérer que ce n’est qu’au milieu du XVe siècle que le calme revint de façon durable , et ce jusques aux guerres de religion .
Dès lors , on peut considérer que la population se remet à croitre vers 1450 , année ou elle atteint son plus bas niveau et que dès lors la prospérité ira, croissant
Cette reprise de l’activité , après la désertion de certains manses , due à la guerre , aus épidémies de peste , ne pouvait se faire que sur des bases nouvelles .
La réserve qui était la partie du domaine que le seigneur exploitait directement diminua , les redevances durent être modérées .
La taille :
Cet impôt constituait l’essentiel des ressouces du budget royal . A la mort de Louis XI , en 1483 , celui-ci était de
100.000 livres par le produit du domaine royal ,
655.000 livres par les aides et la gabelle ,
3.900.ooo livres par la taille,
Il était perçu , obligatoirement , en argent et non pas en nature comme le cens ou la dîme ,
Le paiement de l’impôt contrignait donc le villageois à effectuer quelques ventes pour se procure ce numéraire ou, s’il n’avait rien à vendre , à louer ses bras pour quelques journées afin de toucher un salaire .
Le Rouergue était compris dans la généralité de Guyenne , elle même composée de quatr provinces :
l’ Agenais - le Périgord - le Quercy - le Rouergue
En 1542 le siège de la Généralité était fixé à Agen ;il fut transféré à Montauban ou il se trouvait encore à la fin du XVIIe
Le Rouergue était divisé en trois “élections” :
-le Bas-Rouergue , autour de Villefranche
-le Comté de Rodez
-le Haut-Rouergue , autour de Millau
La sénéchaussée de Rouergue avait été fixé , en 1369 , par Charles V , à Villefranche qui était et qui resta la capitale judiciaire de la province
L élection était une circonscription administrative qui , entre autres fonctions , répartissait entre les paroisses le montant à percevoir pour le pouvoir central ,  mais les membres de cette  élection n’étaient pas des “  élus ” mais bien des fonctionnaires royaux qui avaient acheté leur charge et dont on pouvait à tout le moins douter de l’impartialité  qu’ils mettaient à accomplir une mision qu’ils avaient sollicitée
 
L’ IMPOT  PERCU AU PROFIT DU POUVOIR ROAL :
 
Il s’agissait essentiellement de la  TAILLE  destinée  à l’entretien de l’armée royale , et qui avait été créée en  1439 .
Elle était basée sur le “compoix” , registre cadastral qui permettait d’ établir pour chaque ” taillable” la part qui lui incombait du montant  dévolu à chaque paroisse
 
Mais , auparavant , la Généralité de Guyenne procédait à une répartition de l’impôt entre ses quatre provinces A l’origine les quatre parts étaient réparties équitablement , mais très vite des réclamations s’élevèrent et dès 1532 le ROUERGUE prétendit supporter une trop lourde part
Le 27 Novembre 1549 un syndic fut chargé e défendre ses intérêts face aux trois autres provinces de la Généralité . Des investigations furent alors menées dans chaque province , s’appuyant sur des témoignages de personnes autorisées telles que des marchands , des artisans  , des professionnels itinérants … 

VIE QUOTIDIENNE DES CAUSSENARDS XVe XVIIIe SIECLES

13 décembre 2007

“L’enquète sur les commodités du Rouergue en 1552 “par J. Bousquet et “le Journal des Voyages en Haute-Guienne” de J.F.Henry de Richeprey ainsi que les minutes de notaires et de nombreux documents d’archives tant familiaux que communaux , dont certains du XVIe siècle , m’ont permis tout au long de minutieuses et passionnantes recherches corroborées par les archives départementales et nationales de retrouver certains aspects de la vie autrefois que les us et coutumes des anciennes provinces du Rouergue et du Gévaudan

En Droit coutumier :ensemble de règles juridiques établies par l’usage , la traditon et aynt force de loi (l’ancienne France était divisée en ” pays coutumiers” , au Nord , et en “pays de droit écrit ou romain” , au Sud

Rédigées au XVe siecle , les anciennes coutumes édictées étaient à l’origine un ensemble de dispositions sociales

LE SYSTEME FEODAL : LES INSTITUTIONS ET LES REDEVANCES

-LA SEIGNEURIE : Conditions de la propriété : la tenure .

Le seigneur était considéré comme étant propriétaire de tout immeuble , bati ou non bati ,existant dans la limite de sa juridiction , Ceux qui habitaient ses immeubles ou qui cultivaient ses terres étaient ” tenancires perpétuels ” à la condition toutefois qu’ils s’acquittent des redevances fixées par les reconnaissanses attachées à chaque bien .Le tenancier pouvait louer , vendre , apporter en dot lesdits biens , y compris sans l’assentiment du seigneur propriétaire , mais à la condition toutefois de préciser expressement au nouveau “tenancier” les obligations qu’il aurait à respecter vis à vis du seigneur

Tel était le pricipe intangible de la “tenure” appelée également “pagésie”

REDEVANCES DUES AU SEIGNEUR :

-Le cens (ou censive) : cette redevance annuelle due par le tenancier pour les biens qu’il tenait directement du seigneur était la marque imprescriptible et insaisissable de la terre roturière

Elle consistait généralement en livraison de produits : grains , volailles ….des biens en tenure et , plus rarement en numéraires

Cette charge n’était généralement pas très lourde ; souvent mème symbolique : un quart de poulet par an ou deux truites d’un pan de long (la tète et la queue non comprise , était-il précisé )

Exceptionnellement , s’agissant de produits qui n’étaient pas cultivés ou récoltés localement , l’usage admettait que leur provenance soit extérieure aux terres exploitées au titre de la tenure , par exemple les épices .

-Les quatre cas : les preneurs ou tenanciers pouvaient dans certains cas ètre tenus à ce qu’il était convenu d’appeler ” les quatre cas ” et devaient alors payer double censive annuelle :

Ceci se produisait lors de circonstances suivantes :

-lors de la capture du seigneur par l’ennemi qui exigeait une rançon pour la remise en liberté ,

-lorsqu’il effectuait le voyage en TerreSainte

-lors de sa promotiion à la chevalerie

-lorsqu’il mariait l’une de ses filles

Mais si deux de ces cas se produisaient dans le cours d’une mème année , ce doublement de censive ne pouvait ètre exigé qu’une seule fois

Dans certaines seigneuries , aux quatre cas précédents pouvaient en ètre ajoutés deux autres :

-la convocation du seigneur à l’arrière-ban , pour le service du roi ,

-l’achat par le seigneur de terres pour un montant évalué à plus de trois cents livres

LE CHAMPART :

-Il s’agissait de la part de récolte prélevée par le seigneur sur certaines terres , généralement un cinquième ou QUINT , on parlait alors de terre quintive en vieux français

Parfois elle n’était que du sixième , mais elle pouvait atteindre du quart et représentait donc une charge très lourde , mais son application n’était ni constante , ni générale mais soumise au bon vouloir du seigneur qui , le cas échéant , pouvait la supprimer et la remplacer par une prestation fixe

Si , au cours des siècles , nombre d’archives ont été détruites , c’est souvent en mileu rural que l’on peut encore de nos jours des documents fort interessants et qui par ce qu’ils avaient été “mis à l’abri” ont échappé aux déprédations de toute sorte et ont pu ainsi parvenir jusqu’à nous

Le souvenir de vieilles malles abandonnées dans des greniers de la ferme familiale ou nous avions l’habitude de jouer , étant enfants , est toujours resté très présent à ma mémoire , et lorsque bien des années plus tard la curiosité m ‘incita à voir de plus près ce dont il s’agissait , je compris dans l’instant que les documents entassés là , sans ordre apparent et pour certains d’une grande vétusté étaient tout, sauf anodin

Je m’enquis alors auprés de mon oncle des raisons de la présence en ces lieux de toute cette “littérature” et je compris alors le funeste destin qui lui était réservé à plus ou moins brève échéance , ce qui m’apparut alors d’une coupable incongruité , venant de mon oncle que je vénérais et dont je savais qu’il était un esprit fin et averti

Il ne fit aucune difficulté pour me léguer à la fois les malles et leur contenu , étant vaguement entendu ,mais de manière très informelle , que je les rendrais à leur sommeil séculaire , après avoir consulté quelques documents

Il régnait , pour moi , autour de ces “vieilleries” un indéfinissable parfum de mystère que l’odeur de moisissure ne faisait qu’accentuer ; par ailleurs je compris que l’occasion ne se représenterait pas de “sauver ” des flammes ce qui m’apparaissait déjà ètre un fabuleux butin

C’est ainsi que je me trouvais en possession de plusieurs milliers de lettres , parchemins , livres de compte , livres officiels pour certains extrèmement rares tel cet exemplaire du Code civil imprimé en 1805 , après que le texte en eut été discuté en Conseil d’Etat par BONAPARTE , CAMBACERES et LEBRUN respectivement pemier , second et troisième consuls

Par ailleurs , les découpages administratifs ayant beaucoup varié au cours de l’Histoire de notre Pays , les documents ne sont pas tous conservés en un seul et mème lieu ; de plus à l’époque ou la centralisation était la règle , les Archives Nationales ainsi que de Grandes Bibliothèques sont riches en documentation sur notre Région ;enfin un certain nombre de chercheurs , notamment dans le domaine de l’archéologie et de la préhistoire , ont fait don de leurs collections à certains musées ou l’on ne peut d’ailleurs que regretter qu’elles ne soient pas traitées avec les égards dues à leur importance scientifique

Ceci pour dire que reconstituer l’histoire de notre Région n’est pas une mince affaire et peut malheureusement comporter bien des lacunes .

QUELLES SONT LES COMMUNAUTES ETUDIEES ?

Essentiellement les seigneuries de Peyrelade , Peyreleau , Caylus , Capluc , , toutes quatre présentant des caractéristiques communes avec des terres à la fois sur les Causses et dans les vallées

L ‘ AGRICULTURE :

La région est essentiellement agricole . Le statut général régissant les biens immobiliers étaient celui de la” tenure ” ou “pagésie “

Si les hommes étaient libres ( ce qui n’était pas toujours le cas) tous les biens étaient réputés relever du seigneur . Les exploitants les ” tenaient ” de celui-ci , à qui ils faisaient ” reconnaissance ” . Ils lui devaient un ” cens ” souvent symbolique et , en général , une part de récolte

Dans le cours des temps , les seigneurs donnaient à bail l’ ensemble des droits dont ils disposaient .Les paysans avaient alors souvent , affaire avec des fermiers plus apres au gain que les seigneurs .
L’exploitant devait donner à l’Eglise la onzième part de ses productions . Les contrats de cette espèce nous renseignent d’une façon précise sur la nature et l’importance de la récolte pour une année donnée .

L ‘ ELEVAGE :

C’était un élément essentiel pour la vie des exploitations et qui constituait une source de revenus indispensable à l’économie

L’importance du troupeau était l’un des éléments importants de la propriété et donnaient une certaine valeur aux terres dites incultes qui ne pouvaient ètre utilisées que comme parcours à moutons , sur les plateaux et sur de grandes étendues qui ne pouvaient ètre mises en valeur autrement ;l ‘absence de machinisme ne permettait pas de valoriser de grandes étendues par la culture qui était réservée à des dépressions naturelles appelées schots ou dolines qui ,seules, comportaient un minimum de terres arables

Le “carnelage” prix payé pour les peaux aux mégissiers permet de se faire une idée du cheptel . Les contrats conclus alors nous renseignent également sur le produit des bètes de boucherie ainsi que du fromage aujourd’hui connu sous l ‘ A.O.C ROQUEFORT bien qu’à l’origine il fut fabriqué , traité dans d’autres caves qui réunissaient des conditions de maturation sinon analogues du moins très proches . PLINE ne faisait-il pas en son temps l’éloge d’un fromage fameux et très apprécié bien qu’il ne porta pas cette mème appellation !?

A certaines périodes , ou la population avait été clairsemée par la guerre ou les épidémies , les seigneurs manquant de main d’oeuvre étaient obligés de renoncer à l’exploitation directe de leurs terres ; ils tentaient alors d’y intérésser les paysans en leur consentant des baux avantageux , souvent mème en “franchise” , c’est à dire sans redevances ; le but recherché étant de faire fructifier leur bien et de maintenir les terres en bon état de productivité et de les enrichir grace à la fumure des troupeaux qui constituait un excellent engrais naturel qui facilitait ensuite la mise en culture et donc la valorisation des sols

Droits de lods : Imposition exceptionnelle due au seigneur lorsque le bien “tenu” changeait de main , et ce quelle qu’en soit la raison :vente , décès , dot …le taux était de 8 à10 pour cent de la valeur du bien

Autres droits : Le seigneur percevait également :

- des redevances pour l’utilisation du moulin ou la population était tenue de faire moudre son grain , sous peine d’ètre soumise à une amende

- des redevances pour l’utilisation du four banal , seul autorisé , sauf pour des particuliers qui habitaient dans les “écarts” , auquel cas ils étaient à avoir leur propre four pour lequel ils payaient aussi une redevance

-des redevances pour avoir l’autorisation de couper du bois et de faire du charbon de bois

En outre le seigneur percevait :

-des droits de péage pour l’utilisation de certaines routes et ponts et antérieurement à la constructiion des ponts , des bacs qui permettaient de franchir les rivières à des endroits stratégiques . Ainsi nous savons par des actes conservés aux archives ou par exemple au Cartulaire d’Aniane que lors de la fondation du ROZIER qui s’appelait encore ENTRAYGUES en 1075 , ce sont les moines bénédictins qui étaient chargés du bon fonctionnement du BAC établi au lieu dit”La Barque” et qui permettait de faire la jonction entre la rive gauche et la rive droite du TARN sur le passage d’une très ancienne voie qui reliait le Causse Noir au Causse de Sauveterre et donc le Languedoc à l’Aubrac , régions entre lesquelles les échanges étaient très fréquents . Des traces datant de l’occupation romaine sont encore visibles , rive gauche dans le ravin de la “ROUVIERE” et rive droite à Combaurie , Liaucous et Mostuèjouls .

Or des textes nous indiquent que les d’Albignac alors seigneurs à Peyreleau estimant que les moines mettaient une certaine négligeance à s’acquitter de cette tache et s’octroyèrent une contre-partie , en l’occurence un domaine qui appartenait alors aux moines et sur lequel ils constuisirent le chateau de”TRIADOU”

-Les droits de leude faisaient également partie des prérogatives du seigneur qui percevait une “taxe”sur les marchandises vendues en foires et marchés . Or nous savons que PEYRELEAU a connu jusqu’à quatre foires dans l’année , et ce dès le Moyen-Age , donc , mème si nous n’en trouvons pas trace dans les documents que nous avons pu consulter , il est fort probable que les seigneurs à Peyreleau avaient là une source supplémentaire de revenus

De mème SIMON d’Albignac , tout seigneur qu’il était , savait manoeuvrer habilement , tant en affaires qu’en négociations . Les démèlés qui l’opposérent à d’autres seigneurs de la région qu’il s’agisse des .. de Capluc , de Mostuèjouls, de Granger de Montméjean dont les domaines étaient limitrophes , attestent de fréquentes querelles de voisinage et de non moins fréquents conflits d’intérèts

En pratique la perception de toutes les redevances était assurée par un” fermier” à qui le seigneur les arrentait pour des périodes variables de 2 à 7 ans

LES CORVEES :

C’était un suget de mécontentement pour tous les paysans qui étaient tenus de rendre certains services au seigneur sans pouvoir pour autant prétendre à rémunération ou contre-partie Il semble toutefois que les corvées aient pu ètre remplacées par une redevance lorsqu’elles ne consistaient pas en travaux dont la durée était variable en fonction des moyens que le paysan pouvait mettre à disposition : par exemple un attelage équivalait à deux journées de corvée …

LES OBLIGATIONS MILITAIRES :

Nous n’avons que peu d’indications sur la nature du service militaire au quel étaient astreints les paysans , mais il semble que leurs obligations étaient tès limitées et ne revétaient aucun caractère permanent . En effet , les paysans n’avaient aucune formation militaire et le maniement des armes ne pouvaient pour eux qu’ètre occasionnel . C’est donc sans doute sur réquisition pour des opérations ponctuelles qu’il pouvait éventuellement ètre fait appel à leur service .Toutefois si certaines actions se déroulaient en dehors du mandement ou de la juridiction elles s’apparentaientà du”service actif” pouvant entrainer le vassal hors de chez lui , il était alors convenu que ces opérations étaient faites aux frais du seigneur

L’éventualité du passage dans la région de bandes suceptibles de se livrer à des excactions ou à des pillages pouvait justifier une réquisition

Nous savons par contre que les postes de guet et portes d’entrées des fortifications qui protégeaient le chateau étaient gardées . Il s’agissait dans ce cas de chateaux dits “de villages” ou “stratégiques” C’était le cas du chateau dit “supérieur” de Peyreleau à ne pas confondre avec le “TRIADOU” actuel qui , lui, est plus récent . Le chateau supérieur de Peyreleau était construit “à cru” sur la butte qui supporte l’actuelle tour de l’horloge . Laquelle tour a été construite en 1670 sur l’emplacement du chateau féodal qui existait encore en 1427 .

Ainsi des titres antérieurs à cette date faisaient promettre “à tous les vassaux et sugets de venir faire guet et garde audit chateau toutes et quantes fois qu’il sera nécessaire et que de ce ils seront requis”

LES ETAPES :

Certaines communautés villageoises se plaignaient de l’obligation ou elles se trouvaient de fournir le vivre et le coucher aux troupes faisant etape chez elles , et en outre des inconvénients de tous ordres pouvant résulter du séjour de troupes mal encadrés et à la discpline souvent aléatoire .

L’EGLISE :

Le role spirituel de l’église à cette époque sera l’objet d’une étude spéciale mai s examinons pour l’heure l’aspect temporel des relations des communautés civiles et religieuses

-Le bénéfice :

A l’époque que nous étudions le titulaire du prieuré était désigné par l’abbé qui avait en charge la paroisse après accord du prieur de l’abbaye d’Aniane qui avait été pressnti par l’évèque de MENDE qui lui conférait l’institution canonique

Le prieur qui appartenait à l’abbaye d’ENTRAYGUES était distinct du prètre qui résidait à Entraygues , paroisse dont il assurait lui-mème le service . Ce prieur par sa désignation jouissait du “bénéfice” dont nous allons voir en quoi il consistait , mais signalons auparavant qu’après 1777 et le décret de l’évèque portant extinction de la conventualité du ROZIER , le prieuré tomba en commende sous l’autorité , pour un temps , du roi

LE ROZIER FONDE EN 1075 :

Phillipe 1er règne en Ile- de- France , depuis 1060 ; Guillaume , duc de Normandie vient de concquérir l’ Angleterre et de s’en proclamer roi (1066) ; le grand pape GrégoireVII , monté sue le trone pontifical en 1073 , s’apprète à réformer l’Eglise , en combattant la simonie ou trafic des dignités ecclésiastiques , non moins que le nicolaisme ou concubinage des prètres Aldebert 1er est toujours évèque de Mende : il va couronner sa carrière par une ultime fondation : celle du ROZIER qui va s’implanter au confluent du Tarn et de la Jonte , au lieu dit ENTRAYGUES “entre les eaux ” des deux rivières .

C’est ANIANE , qui , cette fois est choisie de préférence à Saint Chaffre et à Saint Victor :Aniane est une abbaye bénédictine du diocèse de Maguelone .

Mais pourquoi ce lieu plutot qu’un autre pour installer un monastère ?

Il ya , à mon avis , deux raisons à ce choix :

Entraygues est situé sur un lieu de passage des communications qui , à cette époque , se faisaient essentiellement dans l’axe Nord Sud ou à l’inverse Sud Nord comme nous l’avons indiqué précédemment . De plus la confluence de deux rivières , le Tarn et la Jonte , était en quelque sorte un lieue de passage obligé eu égard à l’élargissement de la vallée et donc à des pentes plus douces de part et d’autre

D’autre part Entraygues était situé très exactement à l’extrème pointe occidentale du Gévaudan sur lequel s’exerçait le pouvoir temporel des évèques de Mende qu’il convenait de protéger notamment vis à vis des influences seigneuriales très présentes sur ces territoires .

Maitrise et surveillance d’un lieu stratégique sont vraisemblablement parmi les éléments déterminants du choix de l’implantation d’une abbaye

Dans la donation préliminaire de 1060 comme dans l’acte définitif de 1075 , tous les seigneurs du voisinage firent assaut de générosité : mas , métairies , moulin , vignes , parts de dimes … furent apportés pour constituer le domaine à partir du quel , dès 1061 , un prieur et six moines allaient pouvoir commodémment batir un monastère , dans un champ concédé par les seigneurs d’Albignac et appellé ” CAMPUS ROSARIUM “

C’est là que les moines bénédictins dont la vie était régie par la règle de Saint Benoit selon la quelle chaque monastère devait subvenir par leurs seuls moyens à leur propre subsistance agrandirent leur domaine par l’achat , alentour , de divers droits sur “les hommes et les mas” , les jardins et les vignes , les champs “cultes ou incultes” qu’ils mirent en valeur

Ils achetèrent mème ou batirent plusieurs églises ainsi que , en 1158 et1160 , les décimes du hameau du LUC , aujourd’hui CAPLUC qui fut le premier lieu d’implantation de la communauté à l’origine du ROZIER

Nous avons les noms des six premiers moines qui s’installèrent au Rozier ou entre autres sources de revenus , ils cultivaient les roses , ce qui , on l’aura compris , donna son nom au village duRozier . Si tel ou tel venait d’Aniane , plusieurs étaient les fils ou les frères des nobles chevaliers donateurs des vallées du Tarn et de la Jonte qu’ils mirent en valeur tout en se lançant allègrement dans la grande aventure spirituelle . Le prieur du Rozier allait dès lors , assisté de ses moines , desservir les paroisses escarpés des Causses deCapluc à Saint Pierre d’Estripiés , Saint Rome de Dolan , Saint Jean des Balmes … , avec l’appui de tous ces gentishommes de l’endroit qui de Mostuèjouls , Liaucoux , Peyreleau… en terre aveyronnaise , avaient jurer de ne point les troubler dans leurs droits Ainsi , CAPLUC , a vu oeuvrer là-bas dans les vallées mais aussi sur les pentes abruptes , construteurs d’églises , défricheurs de landes incultes , édificateurs de laisses , exploitants de la moindre parcelle naturelle ou soutenue par des murs de pierres “los faissos”qui délimitaient les moindres lopins de terre

Rochers, rocher de Capluc, disait Alexis Solanet , ce poète en prose , “les temps et les hommes passent à vos pieds comme une onde fugitive . Vous ignorez sans doute cette fureur de changement qui les emporte ; vous dédaignez cette fureur de changement qui les emporte ;vous dédaignez et dans votre sérénité immuable vous condamnez … Peut ètre aussi vous pardonnez !”. Ils changent et passeront eux aussi , comme la terre , ces rochers aux mémoires silencieuses .Mais leur impatience de vivre est moins grande et le cours de leur destin moins rapide que le notre Le millénaire qui nous sépare des premiers moines batisseurs de ce monastère du Rozier , c’est beaucoup dans l’histoire de notre civilisation , mais si peu à l’échelle du temps

Plus d’un millénaire après et bien que leur oeuvre ait été continuée par les générations suivantes , quelle que soit l’époque exacte au cours de la quelle ont été réalisés ces travaux qui pourraient paraitre de nos jours dérisoires , on ne peut ètre que confondus d’incrédulité et d’admiration devant la foi qui devait animer ces hommes

Rigal , Radulphe , Ricard ,Raymond et Pierre indemnisaient les nombreux propriétaires au prorata de leurs parts

Il ne faut point s’étonner de voir ces gentilshommes céder ou vendre leurs droits , mème contre une mule , sur des églises qu’ils avaient construites eux ou leurs ancètres et souvent dotées , dont ils avaient gardé , en principe , le droit de désigner le desservant .

les Bénédictins d’Aniane avaient été précédé en ces lieux par des potiers gallo-romains qui avaient installé là des ateliers annexes à ceux de la Graufesenque (cf le site du Rozier http://www.le-rozier eu org ) pour plus de précisions

CAPLUC dérivée du latin Caput Lucis signifie Tète de lumiere car c’est le premier rocher éclairé par les rayons du soleil levant

Au Moyen-Age ce rocher supportait une forteresse qui dominait à la fois les Gorges du Tarn et de la Jonte

La première plate-forme qui était l’assise du chateau comporte encore les bases des murs d’enceinte ainsi que , creusée à mème le rocher , une citerne qui fut la réserve d’eau du chateau ; cette excavation qui pouvait contenir de 15 à20 métres cube d’eau était , ily a peu de temps encore, recouverte d’une voute romane . Des fouilles pratiquées au bas de la cavité révélèrent des vestiges datant de l’époque gallo-romaine Un lieu de culte paien y a également laissé des empreintes

Est également visible un abri sous roche aménagé et qui fut occupé par des prètres insermentés qui avaient trouvé là ainsi que dans de nombreuses autres cavités naturelles situés dans les falaises environnantes des lieux d’asile et de refuge

On peut voir également sur cette mème plate-forme l’ébauche de plusieurs sépultures creusées à mème le rocher et qui n’ont pas été terminées

Une excavation naturelle servait de poste de garde et d’alerte en cas d’attaque

On sait que cette forteresse fut l’objet de maintes attaques notamment de la part d’une coalition des d’Albignac et des Mostuèjouls , ces derniers prétendant avoir des droits sur Capluc ce qui s’averra exact , la branche de Liaucoux ayant la garde de la forteresse , deux mois durant chaque année .

Une chapelle romane de type bysantin , malheureusement dégradé , comportait des fresques qui n’ ont pas résisté aux outrages du temps , mais dont il demeurait encore quelques vestiges il y a un 1/2 siècle

La forteresse de Capluc occupait un lieu stratégique par rapport à la vallée mais également sur un lieu de passage obligé à la jonction des Causses Méjean et Noir

Capluc controlait notamment le passage du Causse Méjean au Causse Noir par la cote Saint Jean et le ravin de Malbouche

Mais revenons un instant au role de l’église pour étudier

LES REDEVANCES PAYEES AU “BENEFICIAIRE ” DE LA PAROISSE

Ils’agissait essentiellement , mais pas exclusivement , de la dime prélevée sur les récoltes de céréales ou de légumes secs ainsi que sur les produits de l’élevage

Le récoltant , propriétaire ou locataire , devait , avant de rentrer les gerbes , les présenter au “décimateur” qui retenait une gerbe sur onze , laissant les dix autres au récoltant . Il s’agissait là d’une imposition sugette à des controles afin que certaines gerbes plus grosses ne soient pas soustraites au prélèvement

Une fois cette imposition prélevée divers procédés etaient en usage pour la part qui revenait à l’abbaye -1 : l’abbaye pouvait enlever directement sa part qu’elle faisait alors battre à son compte avant de transporter les graines au marché , les vendre et en encaisser directement le produit -2 : l’abbaye pouvait confier à un fermier la charge de faire la “levée” , de battre le blé et d’en assurer la vente contre rétribution à ce dernier qui , en outre prenait à sa charge les frais de transport -3 : les frais de transport étaient à la charge de l’abbaye et dans ce cas il en était tenu compte lors de la transaction -4 : l’abbaye retenait un “fermier principal” qui s’engageait à régler par avance une somme d’argent dont le montant était convenu préalablement . Souvent arrétées pour plusieurs années ces dispositions impliquaient que soit apprécié le rendement moyen du territoire dimé . Puis ce fermier traitait avec un “sous-rentier”qui , pour une récolte seulement et au vu de la récolte”pendante” , s’engageait à remettre au premier une certaine quantité de grain que celui-ci devait faire enlever à ses frais ; la quantité qui donnait lieu à la transactionétait soit évaluée et exprimée en setiers ou bien , dans les années de mauvaise récolte en pourcentage de la récolte , en général le treizième

Selon ces dispositions et en supposant une récolte égale à………………………………………………………………………….143 gerbes le récoltant en conservait 10/11 soit…………………………………………………………………………………………………………..130 gerbes le sous-rentier avait pour sa part , et pour la levée et le battage…………………………………………………………………….2 gerbes quant au fermier principal , il se voyait remettre : 1/13 de la récolte , soit ………………………………………………….11 gerbes

et celui-ci versait à l’abbaye une somme d’argent amputée des frais qu’il avait engagés , pour le tansport , la vente ,et bien entendu son propre bénéfice

Aussi , l’intervention de deux intermédiaires n’était supportabble , pour l’abbaye , qu’en période de récoltes abondantes

Or les différences observées d’une année à l’autre pouvaientètre importantes compte tenu de facteurs imprévisibles tels que les variations climatiques , les troubles qui pouvaient survenir suite à l’instabilité politique , les guerres , les conflits ….

Il était donc très difficile pour ne pas dire impossible de faire des prévisions fiables à court et moyen terme , et de ce fait l’avenir était très incertain , la règle étant le plus souvent la vie au jour le jour avec tout ce que celà comporte de situations aléatoires et , par là , de précarité .

PREMICES OU NOVALES :

La mise en culture d’une terre gagnée sur une zone inculte valait au prieur un “don gratuit” accordé par le seigneur .

CARNENQ :

La dime du carnelage ou carnenq était également perçue par le prieur sur le produit de l’élevage -troupeaux ovins - mais aussi sur la volaille ou encore sur le produit des ruches . Sur ce dernier point nous savons par divers actes qu’ un rucher n’était jamais vendu , mais que , en cas de nécessités , l’entretien pouvait en ètre confié à un tiers moyennant un partage à l’amiable de la récolte de miel , de cire … la vente du rucher n’étant pas dans les usages , on peut lire qu’une telle transaction aurait eu des effets néfastes sur l’élevage . Nous entrons là, bien sur, dans le domaine des croyances qui régissaient certaines pratiques et coutumes , mais qui , dans le cas de l’abeille , lui conféraient un statut particulier attesté d’ailleurs par un autre rite en usage dans de nombreuses provinces et qui consistait , lors du décés du propriétaire , à garnir la ruche-mère d’un crèpe noir en signe de deuil

Bien d’autres rites étaient scrupuleusement respectés dans les temps anciens . Par exemple , le jour de la SAINT BENOIT considéré comme étant le protecteur des biens et produits de la terre , une coutume est rapportée sur les communes du Rozier et de La Parade qui consistait à préparer un repas de fète que partageait toute la famille après qu’une part en eut été réservée au bétail et qu’une autre soit offerte à la terre , dissimulée sous des pierres , dans les champs dont on voulait protéger les récoltes à venir . Bien d’autres croyances , aux quelles nous consacrerons un chapitre spécifique, étaient ancréés dans les esprits , survivances d’un lointain passé ou , diraient certains , le peuple était agreste et sans culture , et Dieu , un inconnu .

LES PERCEPTEURS DE CES REDEVANCES :

Ils n’appartenaient pas , contrairement à ce que l’on pourrait croire à une classe sociale distincte

Les fermiers des  dimes ou leurs sous-rentiers pouvaient exercer des professions très diverses et qui n’avaient parfois que peu ou pas de rapport avec la terre ; ainsi il n’est pas rare de trouver parmi eux : un boucher , un ferrailleur , un cordonnier … ou par exemple un praticien qui était en quelque sorte un conseiller juridique

En somme la priorité était d’avoir de l’argent à une époque ou il était rare et de s’en procurer toujours davantage ; les fermages de dimes  , et également de cens ou de taille , semblent avoir été essentiellement à l’origine de l’enrichissement de citoyens qui étaient certes des marchands au sens large , mais que nous qualifierions de nos jours  de gens excerçant une activité dans les affaires, au sens générique du terme .

Quelques années plus tard on verra meme que les “percepteurs de dimes ou de censives ” ne se limiteront pas de les prendre “à bail ” pour un temps donné et convenu par avance , mais parviendront à les racheter aux seigneurs auxquels elles étaient dues  .

Certains seigneurs faisant preuve de négligence dans la perception des droits qui leur étaient dus,  aussi les paysans vont se tourner vers des financiers désireux de faire fructifier leur argent .

LA VIE SUR LE CAUSSE IL Y A 8000 ANS

7 décembre 2007

La préhistoire récente des Causses est dominée par deux évènements majeurs :

D’ abord , au IXe millénaire , le climat change radicalement . Les températures s’élèvent , le réchauffement fait disparaitre les glaciers de l’Aubrac , les Causses se modifient , tant en ce qui concerne la flore que la faune . Certes , ce sont encore des espaces soumis à des conditions climatiques très rudes , et il est peu probable qu’une occupation permanente et sédentaire ait pu exister , à des altitudes moyennes avoisinant les 1000 mètres . Néammoins ces grands espaces vierges ne pouvaient laisser indifferentes les quelques tribus nomades qui étaient amenées à les parcourir . Car ces immenses étendues ,alors désertiques , étaient des lieux de passage obligé pour qui voulait établir des liens entre des contrées qui offraient des perspectives plus attrayantes . En effet , la région des Causses , établie sur les contreforts du Massif Central au Nord , et dominant le versant mediterranéen au Sud , constituait , en quelque sorte , un obstacle à franchir entre le Languedoc et l ‘Aubrac , entre le Sud et le Nord , non seulement de la Gaule , mais au delà , pour relier deux continents . Qui plus est , un obstacle incontournable , car limité de tous cotés par de profondes vallées qui étaient alors impraticables , les voies de communication actuelles n’existant évidemment pas , il était indispensabble de se jouer des reliefs et d’emprunter les cheminements les plus directs pour se rendre d’un point à un autre .

Ces plateaux ne furent donc durant des millénaires que des lieux de passage

Pourtant , au IVe millénaire , va débuter ce qu’il est convenu d’appeler ” la révolution néolithique “

De quoi s’agit-il ?

Les civilisations chasseresses jusque là florissantes s’étiolent et se désagrègent

L économie prédatrice à base de cueillette , de pèche , de chasse va désormais faire place à une économie productrice

L ‘ agriculteur et l ‘ éleveur sont nés qui vont en mème temps prendre possession de nouveaux espaces et du profit qu’ils peuvent en tirer .

Mais des défis vont se poser à eux , dès lors que ce nouveau mode de vie ne peut s’accomoder du nomadisme qui a prévalu jusque là , mais doit impliquer une sédentarisation dans un environnement somme toute hostile et sous un climat qui reste rude malgré le réchauffement relatif.

La question de l’habitat pose donc un premier problème dont la solution doit répondre à des impératifs à la fois sécuritaires et de protection alors mème que les abris naturels sont , sur les Causses , sinon inexistants du moins très rares.

Dans un premier temps les Caussenards vont installer leurs habitats à la couronne des causses et plus particulierement dans des grottes souvent aériennes au pied des falaises , de préférence sur l’adrèt (exposé sau soleil) et à proximité d’un point d’eau

Le deuxième défi que ces hommes vont avoir à relever est lié aux avancées technologiques .

N’oublions pas que nous sommes encore à l’àge de la pierre (mésolithique) le silex est avec le “baton à fouir” le seul support dont l’homme dispose alors . Certes , il a fait beaucoup de progrès dans l’art de la taille depuis le simple galet aménagé , notamment avec l’industrie microlithique qui voit la naissance des premieres armes et autrs objets de la vie quotidienne , il sait aussi tirer partie de l’os , mais tout celà parait bien dérisoire face aux nouveaux enjeux … et l’àge des métaux est encore loin

D’une façon générale les documents archéologiques appartenant à cette période sont rares , et les habitats découverts peu nombreux .

Toujours est-il que les premiers agriculteurs-éleveurs ne disposaient que de moyens très limités

Les habitats découverts en Aveyron et dont les établissements s’étalent chronologiquement sur toute la durée du Mésolithique sont pourtant riches d’enseignements .

Donc vers -8000 ans avant notre ère nous sommes encore en présence de groupes de chasseurs qui mettent à profit le réchauffement climatique pour investir les Causses qui , alors , très boisés deviennent leur territoire de chasse de prédilection de l’auroch et du cerf notamment

Ces premiers chasseurs utilisent l’arc et des flèches armées de petits silex taillés (industie microlithique) dont on retrouve des traces , par exemple aux Salzets , qui est le type mème d’une occupation humaine établie sur la couronne du Causse en contre-bas du plateau , à l’abri d’un surplomb rocheux de 12 mètres carrés environ , et qui tenait lieu d’habitat et de refuge pour la nuit ou en période de fortes intempéries qui rendaient impossible toute activité sur les plateaux

Les détritus trouvés sur place et sur une trentaine de centimètres d’épaisseur :os brisés , silex taillés ,déchets de cuisine , charbons de bois suggèrent fortement ce que pouvait ètre la vie de cette communauté

Les silex taillés , par exemple , étaient trop petits pour avoir été tenus en main . Leur taille maximum , 1,5cm , ne rendait leur utilisation possible qu’une fois emmanchés ; certaines formes géométriques correspondaient certainement à des pointes de flèches primitives alors que d’autres , triangulaires , servaient peut-ètre de barbelures à des harpons , dont l’invention remonte à la période précédente soit à la fin du Paléolithique Supérieur ; des formes en demi-lune , enfin , comptaient parmi les plus anciens prototypes de hameçons

Parmi les déchets de cuisine , se trouvaient des fragments de noisettes à demi calcinés  . C’est là un renseignement important  sur l’alimentation mais également pour reconstituer le couvert végétal de l’époque .

Enfin les foyers culinaires contenaient surtout des ossements d’animaux dont l’étude permet de mettre en évidence l’importance considérable du cerf ,du sanglier , de l’auroch , qui sont tous les trois des animaux de la forèt dense , ce qui confirme que les Causses étaient à cette époque là très boisés  , puisque habités par de grands herbivores

L’HOMME PREHISTORIQUE EN AVEYRON

7 décembre 2007

-300 000 : premiers indices de la présence de l’homme en Aveyron

-70 000    : premiers habitats permanents de l’homme de Néandertal

-21 000    : groupe de chasseurs au Roc Troué

-11 000     : chasseurs-pècheurs de type Cro-Magnon

-5000        : “révolution néolithique ”

-3000        : les “chasséens” se manifestent

-2500 : les Causses se couvrent de dolmens

Nous examinerons donc à la lumière des éléments à notre connaissance les differentes étapes de l’évolution de l’ homme dans notre région pour autant qu’il s’y soit manifesté et que nous connaissions les traces qu’il aurait pu , éventuellement , laissé de son passage ou de sa présence . Il est toutefois utile de signaler que bien des sites occupés par l’homme ont été fouillés au cours des siècles passées et que quantité de témoignages , soit ont été perdus , soit sont inexploitables parce que isolés de leur contexte et de leur environnement . Or, un document, quel qu’il soit , ne peut nous véritablement nous renseigner que s’il est retrouvé ” in situ “ dans son cadre, dans sa position d’origine et par rapport aux objets qui l’entourent . C’est la raison pour laquelle il sagit dans tous les cas d’une opération très délicate et qui demandent beaucoup de méthode et un réèl savoir-faire